PAR NAZIM BRAHIMI
Comme redouté depuis l’annonce il y a quelques jours des alertes canicule et les grosses chaleurs qui en découlent, les premiers incendies sont enregistrés avec leur lot de victimes humaines et de ravage du patrimoine forestier. L’été ne s’est pas encore installé que voilà la hantise des feux de forêt avec, dans les mémoires, ceux d’un mois d’août 2021 cauchemardesque. Deux morts ont déjà été déplorés dans la wilaya de Skikda, l’une dans la localité de Ramdane-Djamel, l’autre à Azzaba, sans compter les dégâts occasionnés à la flore et aux champs cultivés dans une wilaya fortement marquée par les incendies de l’été 2021. Le bilan établi cette année-là par la Protection civile, en ce qui concerne la wilaya de Skikda, fait état de la destruction entre le 1er juin et le 25 août de 2 151 ha de forêt, de broussailles et de maquis, 15,3 ha de champs de blé et d’orge sur pied, 363 bottes de foin, 2 939 arbres fruitiers, déplorant la mort d’une personne asphyxiée par la fumée à Tamer dans la commune d’El Hadaiek.
A Béjaïa, c’est plus de 5 hectares de blé sur pied qui ont été ravagés, lundi après-midi, dans une ferme pilote de la circonscription d’Amizour, à 25 km au sud de Béjaïa, selon la Protection civile, qui a relevé que «quasiment toute la récolte est partie en fumée». Les autorités et les populations sont plus que jamais appelées à redoubler de vigilance pour éviter la reproduction du scénario qui avait endeuillé tout le pays.
A Tizi- Ouzou, la région la plus touchée, l’été dernier, par les feux, on déplore pas moins de 7 hectares de blé ravagés par un incendie qui s’est déclaré dimanche en fin d’après-midi dans un champs à Draa El Mizan, au sud-ouest de Tizi-Ouzou, a rapporté un communiqué de la Protection civile. Fort heureusement, a ajouté la même source, l’incendie a été vite circonscrit. Ce qui a permis de sauver 34 hectares, précise la même source, qui invite les céréaliculteurs à prendre des précautions et des mesures préventives. Il s’agit, entre autres, de la réalisation de tournières autour des champs, prévoir des citernes ou réserves d’eau pour assurer la première intervention en cas d’incendie et 2 extincteurs (à poudre et à eau) à installer sur les moissonneuses-batteuses. Et si diverses mesures ont été déjà prises dans une démarche de prévention contre les deux feux de forêt (gel provisoire de l’activité de production du charbon à l’interdiction des campings anarchiques dans les forêts), il va sans dire que beaucoup d’efforts restent à faire pour éviter le pire. Il va falloir dans ce sens que le dispositif opérationnel de mobilisation générale et d’alerte maximale de lutte contre les incendies de forêt, mis en place par le ministère de l’Agriculture et du Développement rural, soit véritablement opérationnel dans les situations d’urgence. D’autant qu’a été annoncée, dans le sillage, l’installation de 1 333 comités opérationnels communaux qui ont un rôle de coordination des actions de lutte, au niveau communal, en mobilisant les moyens nécessaires et la mise en place des 468 comités opérationnels de daïra qui coordonnent les opérations de lutte au niveau des communes placées sous l’autorité de chaque daïra. Le dispositif en question est chapeauté par la Commission nationale de protection des forêts (CNPF) présidée par le ministre de l’Agriculture, composée de représentants de 13 ministères et 11 institutions nationales en relation avec la protection des forêts. Rappelons que les incendies dramatiques de l’été 2021 ont causé la destruction de plus de 100 000 hectares au niveau
de 21 wilayas et fait plusieurs victimes.