Par Nadir Kadi
Le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Abdelhafid Henni, a détaillé hier, en marge de l’installation de la «commission nationale de protection des forêts pour la saison 2022», certains aspects de la stratégie de son secteur pour la préservation du couvert forestier. Le ministre, qui est revenu sur les dramatiques incendies de l’été 2021, a indiqué que la responsabilité était collective, le pays devant se «rappeler que l’été 2021 a été marqué par des feux violents dans plusieurs régions». Le secteur de l’agriculture travaille en ce sens à «trouver les voies appropriées pour limiter les incendies et leurs conséquences néfastes» pour les 4,1 millions d’hectares de forêt du pays.
En effet, rappelant entre les lignes que la stratégie de lutte contre les feux de forêt suivie par les services et agences du ministère de l’Agriculture s’ajoute à l’action des autres institutions de l’Etat, «il s’agira de coordonner les efforts et mettre en place des plans communs en prenant en compte les expériences passées».
Abdelhafid Henni souligne que son secteur travaille depuis plusieurs mois à l’élaboration d’une nouvelle stratégie, indiquant ici que «le ministère de l’Agriculture et du Développement rural a été chargé, lors du Conseil des ministres du 25 août 2021, consacré aux feux de forêt, de mettre en place une nouvelle stratégie de lutte contre les incendie de forêt». Et dans le détail, trois axes sont définis par le ministre : «Améliorer la connaissance des dangers des feux de forêt au travers de la pédagogie sur l’environnement et l’entraînement de tous les acteurs au travers d’une meilleure stratégie de communication (…), travailler à limiter le nombre d’incendies et, enfin, améliorer l’efficacité des interventions précoces». Quant aux moyens matériels, il est notamment annoncé que l’Etat a permis au secteur des forêts de faire l’acquisition de nouveaux matériels : «Dès la fin 2021, la direction des forêts a obtenu 15 camions citernes et 80 camions légers spécialisés dans la lutte contre les feux (…) Ce qui porte le nombre de camions de ce type utilisés par la direction des forêts à 240 camions, soit 30 groupes d’intervention contre les feux». Le système d’identification des feux et d’alerte aurait, quant à lui, bénéficié d’une nouvelle organisation, selon le ministre : «Le secteur a renforcé ses structures opérationnelles avec (…) 401 tours d’observation sont déployées, 513 groupes mobiles, 63 camions citernes, 3 461 points de ravitaillement en eau, 1 019 ateliers de travail pouvant accueillir 9 481 agents mobilisables en cas d’urgence».
Le responsable résume l’idée générale des nouveaux plans de lutte contre les feux en expliquant qu’il s’agit «d’une stratégie globale qui prend en compte la participation de la société civile et des populations locales (…) et l’amélioration des structures opérationnelles d’intervention directe et précoces». Abdelhafid Henni est, également, revenu hier sur les incendies de l’été 2021, en félicitant la réactivité des opérations d’indemnisation des acteurs économiques : «Ces incendies ont causé la destruction de plus de 100 000 hectares au niveau de 21 wilayas (…) Parmi les zones détruites, nous avions des arbres fruitiers et d’innombrables ressources animales». Ainsi, face à cette situation, et sur instructions du président de la République, «des mesures ont été décidées pour la prise en charge effective des victimes (…) Des aides et des indemnisations ont été données. Et tout a été mis en œuvre pour un retour, dans les meilleurs délais, à une activité économique normale». 1 200 éleveurs travaillant dans 10 wilayas ont, en effet, été indemnisés, selon les chiffres du ministre, qui ajoute dans la même logique que 96 000 ruches ont renforcé l’apiculture et que plus d’un million d’arbres fruitiers ont été plantés. Quant à la question du reboisement des zones forestières dévastées, le ministre a fait savoir, hier, que 20 millions de plants devront être fournis : «Nous avons déjà planté plus de 11 millions d’arbres depuis le 25 octobre 2021. Nous travaillons en priorité sur les zones les plus dégradées». n