Par Sihem Bounabi
Lyes Rahal, Directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP) a réaffirmé, hier, la volonté du département de la santé d’améliorer la prise en charge des malades avec la concrétisation, sur le terrain, de l’amélioration, d’une part, des infrastructures et, d’autre part, d’une meilleure gestion des ressources humaines. Il déclare à ce sujet que «le diagnostic du mal-être, qui ronge notre système de santé, a été fait, maintenant, nous passons à la phase de traitement en trouvant en urgence des solutions à toutes les anomalies constatées sur le terrain et qu’il faut éradiquer pour un système de santé fort et efficace».
Intervenant dans l’émission matinale de Chourouk TV, Lyes Rahal, tout en reconnaissant que l’Algérie fait face à un véritable problème de gestion des ressources humaines du secteur de la santé, affirme que des dispositions ont été prises pour l’amélioration de la situation.
Ainsi dans la stratégie de la tutelle pour la reconquête de la confiance des citoyens, une des priorités, et «l’humanisation des structures de santé en accélérant le changement des mentalités et en remettant une meilleure prise en charge des citoyens au centre des priorités», relevant «la sacralité de la santé du citoyen».
Ainsi, il souligne qu’en plus de l’inauguration et la réhabilitation des infrastructures de santé, les directeurs de santé sont chargés d’assurer des cycles de formation pour tous les corps des professionnels de la santé pour améliorer le comportement et la communication avec les citoyens et, cela, dès le guichet d’accueil de la structure de santé. Il annonce également la réactivation des cellules d’écoute, en précisant que «ces cellules seront animées par des psychologues qui auront pour mission de gérer les problèmes de communication entre les malades qui se présentent au niveau des structures de santé et les professionnels qui y travaillent». Enchaînant que «des séances de travail seront organisées chaque semaine pour faire l’évaluation de l’avancée de ces changements et leur impact réel sur la prise plus humaine des malades».

Réhabilitation de la santé de proximité
Par ailleurs, le directeur de l’INSP est également revenu sur l’autre priorité du ministère de la Santé, qui est la réhabilitation des services de santé de proximité et d’urgences, avec comme objectif, alléger la pression sur les hôpitaux et leur redonner leur fonction véritable. Il souligne à ce sujet que les réhabilitations des polycliniques et dispensaires de proximité vont de paire avec la carte sanitaire et, plus précisément, de la circonscription sanitaire.
Il explique ainsi que près de 70 % des besoins des actes de santé de la population sont primaires et peuvent être traités dans les structures de santé. Il souligne dans ce sillage l’importance du médecin référent en application de la loi de la santé 2018, estimant que «la réhabilitation du médecin référent permettra de filtrer les malades prioritaires pour leur prise en charge dans les structures hospitalières».
Il insiste encore une fois sur la volonté du secteur de la santé de replacer la santé de proximité et les services d’urgences dans les priorités du ministère de la Santé pour une prise en charge efficace et efficiente des malades.
Prenant pour exemple la capitale, qui compte plus de 5 millions d’habitants, il souligne que sur les 87 polycliniques existantes, plus de 30 polycliniques ont été réhabilitées et seront incessamment ouvertes 24H/24. Il cite à cet effet les déclarations du ministère de la Santé qui lors de l’inauguration de la polyclinique de Dar Beïda, qui a annoncé que la nouvelle polyclinique de la commune de Heraoua sera équipée et mise en service au début juillet prochain. Soulignant que «cela va renforcer le premier palier du système de santé qui est le palier principal et essentiel pour la prise en charge des soins du citoyen».
Afin de faire baisser la pression sur les deuxième et troisième paliers du même système, à savoir les Etablissements publics hospitaliers (EPH) et les Centres hospitaliers universitaires (CHU), qui connaissent ces derniers temps beaucoup de pression. Il précise dans ce sillage que les CHU vont ainsi renouer avec leurs véritables fonctions qui sont la formation, la recherche et les stages ainsi que les opérations chirurgicales lourdes.
Lyes Rahal tient également à préciser que l’objectif à court terme est l’externalisation des consultations spécialisées des hôpitaux vers les polycliniques. Pour ce faire, des investissements en termes de matériels, selon la charte actuelle, ont été réalisés, citant l’exemple d’au moins deux fauteuils de chirurgie dentaire par polyclinique. Commentant que «ce n’est pas normal qu’un malade qui souffre d’ une rage de dent se déplace jusqu’à un CHU pour se faire soigner. Cela indique qu’il y a une défaillance dans le système auquel nous nous attelons d’y remédier en urgence». C’est dans le même esprit qu’au sein des polycliniques seront outillés les services de consultation en ophtalmologie, en pédiatrie, en gynéco obstétrique ainsi que le renforcement du circuit de la prise en charge de la femme enceinte.

Inauguration d’une dizaine d’hôpitaux
Le directeur de l’INSP a également rappelé que dans la feuille de route du ministère de la Santé plusieurs structures hospitalières au niveau de la capitale et de plusieurs wilayas du pays seront inaugurées, soit à Annaba, Oran, Mascara, Bordj Bou-Arréridj. Au niveau de la capitale, il cite l’inauguration prochaine d’hôpitaux de 120 lits à Réghaïa, Baraki et Aïn Benian, ainsi qu’un centre des urgences médico-chirurgicales à Zéralda, d’un établissement spécialisé en chirurgie cardiaque à Mahelma et d’un hôpital des grands brûlés à Baba Hassan, doté d’une piste d’atterrissage pour hélicoptère.
Le premier responsable de l’Institut national de la santé publique a insisté sur le fait que, conformément à la loi sanitaire 18/11, «la gestion des hôpitaux passe par une gestion dynamique de management avec un projet d’établissement». Soulignant que «le manager d’une structure hospitalière dans le cadre de la contractualisation interne est contraint d’assurer un projet d’établissement avec des buts précis selon les besoins de la région en termes d’épidémiologie et spécificités sanitaires de la région où est implantée la structure hospitalière afin d’être le plus efficace possible et le plus rentable possible en termes d’offres de soins aux citoyens». <