Le séjour carcéral préventif de la cheffe du Parti des Travailleurs Louisa Hanoune se poursuit. L’appel introduit par ses avocats en vue de sa libération a été rejeté pour la troisième fois consécutive. Louisa Hanoune, en détention préventive depuis le
9 mai dernier, ne quittera donc pas sa cellule du centre pénitencier de Blida. Pour l’avocate et militante du RCD, Fetta Sadate, la « mobilisation et la lutte » sont le gage pour la libération des détenus d’opinion, mais pour Amine Sidhoum, membre du Réseau des avocats pour la défense des droits de l’Homme (RADDH), qui n’approuve pas le maintien de détention provisoire de Hanoune, le « magistrat est souverain » dans ses décisions. « Il n’est pas étonnant que la justice refuse l’appel introduit pour sa libération. Un rejet prévisible selon l’avocate, notamment si l’affaire est en cours d’instruction », dit Me Sadat. Cela, ne doit pas empêcher les Algériens de se mobiliser, car les questions de libertés collectives et individuelles sont l’affaire de tous ». « Il faut que tous les Algériens soient mobilisés pour la libération des détenus d’opinion », insiste l’avocate. Ce que les citoyens et activistes ne lésinent pas à faire. Outre les sit-in de solidarité et campagnes de sensibilisation demandant la liberté de tous les détenus d’opinions, des pétitions ont été lancées par des activistes et militants pour demander la liberté « immédiate et sans préalable » de la cheffe du PT, et une autre lancée sous le signe «Libérez les détenus d’opinion ou inculpez-nous !», pour les porteurs du drapeau berbère, mais qui n’ont malheureusement pas abouti. Mais de l’avis de l’avocate, « il faut rester dans la mobilisation et réfléchir aux mécanismes de lutte», parce que tous les Algériens sont concernés par les libertés collectives et individuelles ». Si la multiplication des arrestations et mises sous mandat de dépôt ont remis en cause la « crédibilité » des actions de la justice, l’indépendance de l’appareil judiciaire, selon Me Amine Sidhoum (RADDH), est une « pratique ». « Elle ne se créé pas du jour au lendemain, mais se concrétise au fur et à mesure ». Sur les détenus d’opinions, il indique que « le magistrat est souverain de ses décisions ». L’acception ou rejet d’une demande de liberté provisoire reste soumis à « l’appréciation » de la chambre d’accusation et du magistrat qui sont en mesure de se prononcer sur les dossiers qui leur sont soumis ».
A ses yeux, «la loi permet au magistrat de mettre et de maintenir en détention préventive un détenu, même si la liberté est une règle et la détention préventive une exception », sans omettre la fiabilité de garanties présentées par la défense pour la liberté du prévenu.