Ils sont partout, dans les moindres recoins des k’sour de la vallée du M’zab, Ghardaïa, Mélika, Bounoura et l’enchanteresse Beni Izguène, mais aussi, un peu plus loin, à Zelfana et Seb Seb.

A la faveur combinée des vacances scolaires d’hiver et surtout à la sécurité revenue dans la région, un regain d’activité tous azimuts est constaté à tous les niveaux dans toute la wilaya de Ghardaïa avec l’arrivée massive de fêtards qui se sont installés plus particulièrement au chef-lieu et dans la ville des thermes, Zelfana. Et comme c’est la fin d’année, des centaines de personnes, dont quelques étrangers rencontrés déambulant nonchalamment dans les dédales du vieux K’sar de Ghardaïa et dans le sublime K’sar de Beni Izguène, sont arrivés dans cette belle vallée pour fêter comme il se doit la fin d’année et se souhaiter pleine de bonnes choses avec des résolutions pour l’année prochaine. Ce regain d’intérêt pour la destination du M’zab, région par excellence culturelle et cultuelle à nulle autre pareille, est favorisé par le climat de quiétude qui règne dans la région, réputée pour son patrimoine architectural, classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco. Située à 600 km au sud d’Alger, la capitale Ghardaïa laisse découvrir les splendeurs de ses k’sour millénaires et leur inégalable beauté architecturale qui a inspiré des architectes de renom tels Le Corbusier, Fernand Pouillon et André Ravereau, qui a été récemment honoré par l’Algérie pour son inlassable travail pour le patrimoine matériel et immatériel de la vallée du M’zab , tout en étalant sa légendaire hospitalité pour recevoir ses hôtes venus célébrer la nouvelle année dans le berceau des Rostémides. A chacun ses choix. Il nous a été rapporté par un cadre de la direction du tourisme de la wilaya de Ghardaïa que la plupart des touristes étrangers, venus dans la vallée du M’zab enterrer l’année 2017, ont préféré s’installer dans les maisons traditionnelles de la luxuriante palmeraie de Beni Izguène pour passer les fêtes de la Saint-Sylvestre, alors que les nationaux ont pris d’assaut les hôtels et bungalows de la ville des thermes Zelfana, à 70 km au sud de Ghardaïa. Ce qui s’appelle joindre l’utile à l’agréable, ou dans le langage populaire «hadja oua ferdja». Très prisés par les touristes, notamment étrangers, une dizaine de sites d’hébergement, constitués de maisonnettes réunies en de petites et moyennes résidences, situés dans de superbes jardins et tout au long des palmeraies de Beni Izguène et de N’tissa, construites dans un strict respect des normes architecturales typiques locales et répondant parfaitement au confort des touristes, ont été édifiées par des investisseurs privés de la région. «L’intérêt porté pour les maisons traditionnelles situées dans les jardins et palmeraies de la vallée du M’zab, devenues par la force du temps de véritables attractions pour les touristes en quête de dépaysement et de découverte des us et coutumes de la région, découle d’une sage et réfléchie approche des opérateurs de tourisme de Ghardaïa , visant à préserver le cachet atypique d’une vallée-jardin et ainsi, servir de référence et de modèle à suivre en matière de protection de l’environnement», souligne le cadre de la direction du tourisme qui nous accompagne. Ajoutant : «L’engouement ainsi porté en direction des maisons traditionnelles est fondamentalement révélateur d’une réelle prise de conscience envers l’écotourisme, à savoir un tourisme rationnel, basé sur une écologie propre». Avant de conclure avec une pointe d’optimisme : «Il est temps d’insuffler une nouvelle dynamique pour permettre au tourisme, indissociable dans la région du produit artisanal, de reprendre sa place dans la région.» En effet, toutes les dispositions nécessaires pour permettre à l’artisanat de s’arrimer au train du tourisme ont été prises par les pouvoirs publics, notamment par la création d’une maison de l’artisanat et surtout celle de l’estampillage des tapis, espaces idoines pour les associations et femmes au foyer, à l’effet de venir exposer leurs produits artisanaux et ainsi pouvoir les écouler auprès des touristes de passage. Vu sous cet angle, ce flux de touristes est un indicateur de reprise et augure ainsi d’une bonne et prometteuse saison touristique.» Oui mais… il reste que les structures hôtelières de la vallée, classée patrimoine national par l’Algérie en 1971 et reconnue patrimoine universel de l’humanité en 1982, se sont encore une fois, avérés bien insuffisantes pour accueillir l’important flux de touristes arrivés pour passer les fêtes de fin d’année. Complet, partout, c’est le même refrain repris par tous les réceptionnistes alors que des affiches «complet» sont exposées à l’entrée des hôtels et autres infrastructures d’accueil. Pas le moindre lit de disponible, trois jours avant le 31, nuit de la Saint-Sylvestre.
Les capacités d’accueil se sont, comme chaque année, avérées bien insuffisantes pour absorber l’incroyable flux de touristes nationaux et quelques étrangers, venus cette année en force dans la vallée du M’zab. Alors que l’hôtel Rostemides, magnifique bijou architectural, ayant englouti pas moins de 54 milliards de centimes pour sa rénovation, tombe chaque jour un peu plus en décrépitude en demeurant désespérément clos, bien que l’on ait annoncé sur tous les toits qu’il a été repris par la chaîne El Djazaïr, pour en refaire l’un des fleurons de l’hôtellerie dans le sud du pays. Mais, jusqu’à présent, ce n’est, hélas, que des vœux pieux. Par ailleurs, et à classer au hit-parade des aberrations, comme point noir en matière de tourisme, et certainement non des moindres. Les adeptes de Bacchus sont privés du moindre point de vente d’alcool et de spiritueux depuis la fermeture, il y a plus de sept ans, du seul et dernier magasin de vente d’alcool, pourtant situé bien loin de la ville, en dehors de toute agglomération, à l’extrémité nord de Bouhraoua, à la sortie sur Alger. Il a été contraint à la fermeture suite à une virulente campagne contre les débits de boissons alcoolisées menée par une poignée d’illuminés et de racoleurs politiques de la 25e heure, s’estimant soudainement investis d’une mission de moralisation de la société, et face auxquels les pouvoirs publics ont cédé.
C’est ainsi que l’on contribue à l’émergence d’une économie parallèle, parce que, et quoi que l’on dise, l’alcool, toutes marques confondues, continue et continuera à couler à flots, et ce tant que les avinés en redemanderont. Mais à quels prix ? Et tant que cette hypocrisie sans nom continuera à faire florès, les bootleggers se frotteront les mains au grand dam du Trésor public qui perd là une bonne manne fiscale. Chassez le naturel, il revient au (triple) galop…