Comme lors de l’Aïd El Adha précédent, l’alimentation en eau potable (AEP) a été fortement perturbée dans la banlieue Est de la capitale et autres agglomérations de la wilaya. Et pourtant, la Société des eaux et de l’assainissement d’Alger (Seaal) dit encore une fois avoir pris les mesures nécessaires pour répondre à la forte demande de sa clientèle durant cette journée. Mais, apparemment, ce dispositif a vite fait de montrer ses limites tant le débit de l’AEP était des plus faibles, voire même des robinets à sec dans de nombreux quartiers de la banlieue Est. De nombreux habitants ce sont retrouvés pris au dépourvu avec toutes les incommodités que cela induit au moment du rituel du sacrifice du mouton de l’Aïd qui exige de disposer d’une importante quantité d’eau. Devant cette situation, « la Seaal a tenté de faire en sorte que l’AEP soit assurée avec équité en procédant par basculement de la gestion. C’est-à-dire ouvrir les vannes et les fermer pendant de courtes durées afin que les quartiers affectés disposent de quantité suffisante et avec un débit puissant desservant les habitations en hauteur », explique à Reporters un cadre de cette société qui a tenu à garder l’anonymat. Ce dernier nous faisant également remarquer que « la cellule qui dirige la gestion de l’eau de la capitale s’est mobilisée afin que les défaillances en la matière soient vite solutionnées pour que notre clientèle ne subisse pas trop l’incommodité de se retrouver sans eau». Nous lançant enfin : « Notre message diffusé la veille de la fête religieuse sur les réseaux sociaux avec pour slogan de ne pas gaspiller l’eau le jour de l’Aïd n’a pas eu l’effet escompté puisque les scènes de gaspillage se sont multipliées au grand détriment des populations privées d’eau au moment où elles en avaient le plus besoin ». Et de conclure : « Ces comportements d’insouciance conjugués à de l’égoïsme se doivent de disparaître de notre quotidien tant la demande est de plus en plus forte alors que l’offre s’amenuise d’année en année depuis que notre pays est qualifié d’aride ».
Par ailleurs, les perturbations de l’AEP intervenues le jour de l’Aïd El Adha sont dues à l’arrêt, jeudi dernier, de la station de dessalement de Fouka qui alimente une grande partie de l’ouest de la wilaya d’Alger ainsi que la wilaya de Tipasa, ce qui relève plus de l’inadmissible. En effet, cette même station a fait l’objet d’un arrêt de sa production la veille de l’Aïd El Adha 2020. Un concours de circonstance ou un acte délibéré ? C’est la question que se sont posée tous les citoyens affectés par l’arrêt de l’unité de dessalement de Fouka.
Pour rappel, l’arrêt de ladite usine est survenu jeudi à 4h30, suite à incident technique causant des perturbations dans plusieurs communes des wilayas d’Alger et de Tipasa. Selon un communiqué du ministère des Ressources en eau rendu public hier le problème ayant causé cet incident a été résolu en début d’après-midi de la journée de jeudi, ce qui a permis à la station de reprendre sa production optimale, assurant que toutes les mesures avaient été prises par Seaal pour assurer la continuité de l’approvisionnement avec des réservoirs pleins. On lit par ailleurs que le ministère des Ressources en eau s’est dit étonné que « la station de Fouka enregistre fréquemment des incidents induisant parfois son arrêt total, comme cela a été le cas en 2019 ». Le ministre Arezki Berraki soulignant à propos de ces arrêts récurrents « on ne peut plus tolérer ce genre de situations fortement pénalisantes pour les citoyens d’autant plus que ces incidents sont intervenus à la veille de rendez-vous importants pour notre peuple ». Toujours selon cette même source, le ministère des Ressources en eau a déposé plainte auprès des services de sécurité pour l’ouverture d’une enquête, afin de déterminer les responsabilités concernant l’arrêt jeudi dernier de la station de dessalement de Fouka. Arezki Berraki s‘est rendu jeudi dernier à la station de dessalement de Tipasa d’où il a appelé l’ensemble des citoyens à éviter de gaspiller l’eau et à veiller à son utilisation rationnelle et modérée durant l’Aïd El-Adha. Comme il a rassuré à la presse, à l’issue d’une visite de travail et d’inspection dans la wilaya de Tipasa, quant à « la disponibilité de l’eau durant les jours de fête ». Il a précisé, à ce propos, que « le problème qui se pose c’est que le volume d’eau consommé en cinq heures le premier jour de l’Aïd équivaut à une consommation de 24 heures en temps normal, d’où les perturbations dans l’alimentation », a-t-il ajouté. « L’utilisation excessive de l’eau par les citoyens résidant à proximité des points de départ des canaux de distribution privent ceux sont en bout des réseaux de l’alimentation en eau potable », a-t-il expliqué.
A cet effet, M. Berraki a appelé enfin à l’économie de l’eau en tant que ressource importante et l’utiliser rationnellement lors de l’Aïd El-Adha où la demande des ménages est très élevée. n