Le renforcement du pouvoir d’achat des Algériens et la préservation des postes d’emploi ont constitué le cœur du message du président Tebboune à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale des travailleurs, qui intervient cette année dans un contexte de fronde sociale et d’incertitudes, qui marque le monde de l’entreprise.

PAR NAZIM BRAHIMI
Plus qu’auparavant, l’emploi et le pouvoir d’achat sont des dossiers d’urgence pour les autorités. Lu en son nom par le ministre du Travail, El Hachemi Djaaboub, le message du président Tebboune se voulait rassurant à l’égard des citoyens qui s’inquiètent, à travers divers canaux d’expression, de plus en plus au vu du contexte socio-économique marqué par l’érosion de la monnaie nationale, les menaces qui pèsent sur l’emploi et la flambée des prix. Une inquiétude, voire un désarroi, que les organisations syndicales de diverses catégories sociales tentent de traduire à travers les multiples et successives actions de contestations qui continuent de marquer un front social en ébullition. «Nous avons souligné notre attachement à orienter le Gouvernement vers la préservation des emplois, en dépit des contraintes induites par la situation épidémiologique et la régularisation de la situation des titulaires de contrats de pré-emploi», a déclaré le président. Selon le chef de l’Etat, «nous nous orientons progressivement vers l’absorption d’un nombre important de nos jeunes chômeurs à la faveur de la mise en place de mécanismes de soutien aux entreprises économiques, appelées à contribuer à la résorption de la main-d’œuvre, dans le but de réduire le taux de chômage, à travers des approches en adéquation avec les exigences de l’économie de la connaissance, notamment à travers les start-ups et les petites et moyennes entreprises (PME)». Il s’est félicité, à cet égard, de «tous les efforts consentis par les entreprises à l’effet de préserver les emplois et les salaires en dépit de la situation difficile et de l’accès de nos jeunes au monde de l’entreprenariat, tout en valorisant leurs capacités à créer des opportunités d’investissement avec ce qu’ils possèdent comme savoir-faire et innovation».
Pour un mode économique attractif !
M. Tebboune a estimé que «les prémices de la contribution des jeunes dans la création de la richesse et des emplois commencent à donner les résultats escomptés, ce qui appelle à davantage d’encouragement et d’incitation à adhérer à un mode économique attractif».
Ce mode économique doit prendre en charge, dira-t-il, «une partie du chômage que nous nous efforçons par tous les moyens possibles de réduire, parallèlement à la consolidation de la place des travailleurs, comme je l’avais cité, particulièrement la classe moyenne et la classe vulnérable, tout en préservant le pouvoir d’achat et en garantissant la pérennité de la protection et de la couverture sociale au profit de toutes les catégories des travailleurs et des retraités».
Il s’agit, selon lui, de préparer l’avènement d’une «dynamique économique affranchie des contraintes bureaucratiques et des pratiques des opportunistes corrompus». Estimant que la situation d’urgence induite par l’épidémie a entravé la réalisation de certains de nos objectifs dans les délais fixés, il a relevé cependant que «la volonté politique s’est renforcée en vue d’accélérer la relance économique» dans le cadre d’un large dialogue avec les partenaires sociaux et les opérateurs économiques.
«Nous sommes confiants dans les capacités et les ressources de notre pays et l’engagement à l’égard de la feuille de route pragmatique et ambitieuse que nous avons adoptée et qui est de nature à rompre avec les anciens modèles de gestion des affaires économiques, régis par la mentalité rentière, l’assistanat et la dilapidation», a dit M. Tebboune. Dans sa réaction aux successives actions de contestation syndicale, le Président a estimé que «toute forme d’expression revendicative dans les différents secteurs devrait tenir compte des intérêts des citoyens, respecter les lois de la République et ne pas servir de motif d’instrumentalisation douteux». Pour le premier magistrat du pays, «le monde du travail a, de tout temps, montré un niveau élevé de conscience nationale et un attachement ferme à renforcer ses rangs».
«L’enjeu vital» du scrutin législatif
S’exprimant sur le prochain scrutin législatif, il a indiqué qu’il s’agit d’un rendez-vous qui se veut un «enjeu vital que relèvera le peuple algérien avec sa volonté libre et souveraine en vue de bâtir des institutions fortes et crédibles». Il a ajouté, dans ce sens, que toutes «les conditions garantissant la régularité et la transparence de cette échéance nationale importante ont été réunies, en sus de la mobilisation de tous les moyens nécessaires pour permettre aux électeurs d’accomplir leur devoir dans un climat de tranquillité et de confiance en l’avenir».
A deux semaines du coup d’envoi de la campagne électorale de ce scrutin, le chef de l’Etat a exhorté les candidats sur les listes de partis politiques et d’indépendants à faire montre d’une «compétition loyale et de respect de l’éthique de l’exercice politique».
Il s’agit, dira-t-il, d’appeler le peuple algérien à choisir ses représentants, hommes et femmes, au sein de l’Assemblée populaire nationale «parmi ceux qui sont dignes de confiance, compétents et parfaitement au fait des affaires publiques, et de porter haut la voix de la démocratie et de la citoyenneté pour le changement avec la volonté souveraine du vaillant peuple algérien». <