La Journée internationale des travailleurs est célébrée cette année en Algérie dans un contexte marquée par une forte volonté des Pouvoirs publics de protéger et améliorer le pouvoir d’achat des travailleurs et relancer l’activité économique nationale, affectée par les répercussions de la pandémie de Covid-19.

C’est dans le cadre de cette ligne directrice de la gouvernance nationale que le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a instruit le gouvernement, en octobre dernier, de prendre toutes les dispositions nécessaires pour préserver le pouvoir d’achat des citoyens.

Il a ordonné, à ce titre, de procéder immédiatement à la réduction de l’impôt sur le revenu global (IRG), à l’augmentation du point indiciaire dans la Fonction publique et à assurer un contrôle maximal sur les produits agricoles.

Le Premier ministre, M. Aïmene Benabderrahmane, a annoncé, dans le sillage de ces orientations, que la révision du point indiciaire dans la Fonction publique entrerait en vigueur avant fin avril, conformément à une instruction du président de la République. M. Benabderrahmane a relevé, à ce propos, que la révision du point indiciaire, ainsi que de l’IRG, contenue dans la Loi de finances 2022, permettront d’augmenter les salaires des travailleurs et de conforter le pouvoir d’achat. Il a, également, annoncé le lancement d’une “réforme globale” du régime fiscal pour 2022 et 2023, en vue d’impulser le développement national et le taux d’intégration de l’économie.

Maintien de la politique d’aide sociale

La nouvelle grille indiciaire des salaires des fonctionnaires aura pour effet une augmentation “significative” des salaires qui s’étend aux primes et indemnités mensuelles et non mensuelles, a-t-on souligné auprès de la Direction générale du budget relevant du ministère des Finances.

L’incidence financière de cette mesure s’élève à près de 220 milliards DA/an, avec effet rétroactif à compter du 1er mars 2022. L’augmentation des salaires opérée grâce à ces deux éléments (hausse du point indiciaire et réduction de l’IRG) est en moyenne de 5.600 à 6.000 DA et peut atteindre parfois 10.000 DA, selon la Direction générale du budget.

La révision du point indiciaire dans la fonction publique touchera plus de 2,7 millions de fonctionnaires et agents contractuels, dont 2,4 millions pris en charge dans le cadre du budget de l’Etat et près de 360.000 dans le cadre du budget des collectivités locales.

Le coût de la réduction de l’IRG (supprimé pour les salaires inférieurs à 30.000 DA) s’élève, quant à lui, à 180 mds DA/an, soit au total (réduction de l’IRG et augmentation du point indiciaire), une hausse annuelle des salaires représentant une enveloppe de 400 mds DA en 2022.

La même source a mis l’accent sur le maintien de la politique d’aide sociale, la subvention des prix des matières premières, outre la prise en charge par le Trésor public de l’incidence de la hausse des prix de produits de consommation sur les marchés internationaux, en vue de préserver la stabilité des prix.

Les transferts sociaux exécutés dans le cadre de la politique de subvention ont atteint, ainsi, 1.942 mds DA cette année. La Loi de finances 2022 institue, en outre, une allocation chômage pour les chômeurs primo-demandeurs d’emploi âgés entre 19 et 40 ans et inscrits auprès de l’Agence nationale de l’emploi (ANEM), devant entrer en vigueur courant 2022.

Selon la Direction générale du budget, l’enveloppe consacrée à l’allocation chômage est de l’ordre de 145 mds DA/an et ce chiffre pourrait augmenter en fonction du nombre de demandeurs de cette allocation.

Le Président Abdelmadjid Tebboune a, en outre, instruit le gouvernement, lors du Conseil des ministres du 10 avril dernier, d’augmenter les pensions de retraite dans une fourchette allant de 2% à 10%, suivant le montant perçu. Les pensions de retraites avaient été revalorisées en 2020 à des taux oscillant entre 2 et 7%.

L’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) a salué “les décisions audacieuses et courageuses prises par le président de la République, relatives au point indiciaire dans la Fonction publique et à l’IRG, ainsi que les décisions relatives à l’organisation du marché et à la lutte contre la spéculation”, estimant que ces mesures contribueront “certainement à estomper l’impact de la crise sociale et améliorer le pouvoir d’achat, en réponse aux revendications des travailleurs”.

La Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC) a estimé, pour sa part, que l’augmentation du pouvoir d’achat en Algérie contribuera à bâtir une économie nationale forte et sera un “moteur” de la croissance économique. Au plan économique, les obstacles qui entravaient la réalisation de plus de 800 projets d’investissement, sur quelque 900 projets recensés, ont été levés, ce qui se traduira par la création de pas moins de 52.000 emplois.

Des actions sont, en outre, entreprises pour renforcer le dialogue social, à travers l’adoption en mars dernier d’un projet de loi modifiant les modalités d’exercice du droit syndical, afin de développer l’action syndicale. Il est le fruit d’une “large consultation” de tous les partenaires: ministères, syndicats, patronat et Bureau international du travail (BIT).

Entre autres dispositions, la loi consacre la liberté de créer et d’adhérer à des organisations syndicales et renforce la protection des délégués syndicaux contre le licenciement abusif ou tout autre mesure arbitraire, dans l’exercice de leur mandat syndical. La promotion du dialogue social s’opère aussi par l’élaboration (en cours) d’un projet de loi-cadre relatif à l’organisation de l’activité syndicale pour l’adapter aux mutations socio-économiques.