A l’occasion du 59e anniversaire de la fête de l’Indépendance, le président de la République Abdelmadjid Tebboune a procédé, hier, à l’inauguration d’une fresque murale, réalisée à la place du chahid Boudjemaa-Hemmar (Alger) à la mémoire des Algériens exilés par l’occupation française vers des contrées lointaines.

Par Feriel Nourine
Le chef de l’Etat était accompagné de responsables des hautes institutions du pays, à savoir le président du Conseil de la nation, Salah Goudjil, le Premier ministre, Aïmene Benabderrahmane, le président du Conseil constitutionnel, Kamel Fenniche et le Chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), le Général de corps d’armée, Saïd Chanegriha. Etaient également présents, le directeur de cabinet à la Présidence de la République, Noureddine Bardad-Daidj, le Conseiller du Président de la République, chargé des Archives nationales et du dossier de la Mémoire, Abdelmadjid Chikhi, ainsi que les autorités locales avec à leur tête le wali d’Alger, Youcef Cherfa.
La réalisation de cette fresque renvoie à l’une des nombreuses tragédies vécues par le peuple algérien sous le joug colonial français. Entre 1864 et 1897, des centaines d’Algériens avaient été déportés. Le cas de ces Algériens, arrachés à leur patrie pour être jetés dans un univers sans le moindre repère pour eux, est d’ailleurs inscrit dans le dossier de la mémoire. Lequel peut faire ressortir les éléments de force ayant permis à la nation de poursuivre sa voie, malgré tout ce qu’elle a subi, soulignent des historiens, rappelant ce que le colonisateur français a perpétré comme génocides, crimes de guerre, anéantissement de la personnalité, dépossession et déportation.
Cette fresque murale, qui exprime donc la reconnaissance des Algériens et leur fidélité à leurs frères déportés en Nouvelle Calédonie, en Guyane (Amérique du Sud), Marguerittes (France), les pays du Levant et Brazzaville (Afrique), fait apparaître des Algériens traînés par l’occupant français vers les navires de déportation, l’un deux brandissant le drapeau algérien. «A la mémoire des déportés et en reconnaissance de leurs sacrifices, la Nation algérienne s’incline devant leurs âmes pures», lit-on sur l’inscription apposée en bas de la fresque.
Fournissant des explications au président de la République, Abdelmadjid Chikhi a indiqué que «l’histoire des Algériens déportés dans des contrés lointaines est à même de nourrir l’esprit nationaliste et susciter les sentiments nobles». Le mémorial qui «se distingue par sa simplicité, avec un enseignement suprême et un message authentique, illustre la résistance d’hommes héroïques de l’Algérie, acheminés à travers la cravache du bourreau vers le bateau de déportation, tandis que sur le côté droit, se tient un homme, levant la main pour exprimer une conviction déjà enracinée que le sacrifice est indispensable», a expliqué M. Chikhi. Avant de souligner que «l’amertume et la peine des déportés constituent l’enseignement suprême» que les générations qui se succèdent doivent tirer en retroussant leurs manches et en se lançant dans le travail.
A la veille de cette sortie sur le terrain, Abdelmadjid Tebboune a adressé un message à la Nation, à l’occasion du 59e anniversaire de la Fête de l’Indépendance et de la Jeunesse, à travers lequel il évoque encore ce dossier de la mémoire qui domine les relations entre l’Algérie et la France.
Notant que «la célébration de notre Glorieuse fête de l’Indépendance en ce 59e anniversaire fait revivre en nous ce mémorable jour de couronnement des luttes acharnées de notre peuple et de son héroïque combat à travers l’histoire et nous donne l’occasion de méditer les idéaux et principes nationaux sacrés», le Président souligne qu’il s’agit d’idéaux et principes «à la consécration desquels s’est vouée une génération de pionniers du Mouvement national et à la perpétuation desquels ont, résolument, veillé nos chouhada et nos moudjahidine en menant une guerre féroce dans laquelle le colonisateur abject a mobilisé les plus redoutables armes de massacre, de brutalité et de destruction. Considérant que les épopées et les gloires à l’actif de la Nation algérienne «appellent à renforcer davantage la conscience de l’importance de notre legs historique et de son lien avec le présent et l’avenir de la Nation», il a insisté sur la nécessité d’œuvrer «avec clairvoyance et sans concession, au traitement des questions relatives à la Mémoire nationale sur la base des droits découlant de ce qu’elle a subie comme tragédies effroyables et crimes horribles infligés par le colonisateur».

Traitement clairvoyant des questions mémorielles
Abdelmadjid Tebboune revient également sur ces engagements inscrits dans un esprit «novembriste», et qui ont servi à dégager «un programme et des priorités au service du peuple». Le respect de ces engagements «continuera à guider résolument nos pas vers les objectifs escomptés, avec le soutien des fidèles patriotes aux principes novembristes, pour la lutte contre la corruption, la moralisation de la vie publique, l’encouragement de l’esprit d’initiative et de l’investissement, la création de la richesse et la consécration de la citoyenneté, du civisme et de la fierté de notre identité et de notre appartenance», dira-t-il à ce propos.
Le président de la République ne manquera pas d’évoquer les toutes récentes élections législatives qu’il juge comme étape ayant constitué «un pas important dans la démarche nationale de redressement global, qui repose sur une méthodologie progressive et un impératif d’efficience, qu’il s’agisse du rétablissement de la confiance et de la crédibilité des institutions de l’Etat ou des défis multiples sur les plans économique et social».
«Je demeure convaincu que l’organisation des législatives anticipées a été un pas décisif sur la voie du parachèvement d’un processus pertinent et irréversible offrant au peuple de prometteuses perspectives pour élire ses représentants, exercer sa souveraineté populaire à travers les urnes, conformément aux règles de la démocratie réelle», a-t-il insisté, non sans citer une nouvelle fois la date repère du 1er Novembre comme référence au peuple algérien dans sa marche.
Ce peuple «est en mesure de battre en brèche les intentions des courants suspects et leurs manœuvres visant à attenter à la sécurité et à la stabilité du pays, affirme le chef de l’Etat, soutenant que «le peuple algérien, qui célèbre aujourd’hui le recouvrement de la souveraineté nationale et qui puise dans le génie de ses enfants et dans le Hirak béni authentique, une foisonnante conscience nationale, demeure hautement vigilant quant aux intérêts suprêmes de la nation et aux repères jalonnant sa voie de fidélité vers l’unité et la gloire.