Le Festival international de musique andalouse et musiques anciennes (Festivalgerie) refait parlé de lui. Il s’agit plus précisément de la gestion chaotique de la manifestation, avec une nouvelle affaire de non-paiement.

Cette fois, des équipes du festival, à l’instar du staff de communication ou de celui des hôtesses, reviennent sur le devant de la scène après la polémique qui avait fait couler beaucoup d’encre en 2019 sur le non-paiement des artistes au Festivalgerie.
En effet, contacté par des membres de l’équipe de communication de l’édition 2018 du Festival, Reporters a eu connaissance qu’au moins une quinzaine de personnes n’ont toujours pas perçu leur honoraires après deux années d’attente, malgré les promesses du commissaire du Festival, Aïssa Rahmaoui.
Mahmoud Benchabane, chargé de communication de l’édition 2018 de ce Festival, nous affirme à ce propos que «cela fait près de deux ans que nous réclamons notre dû. A plusieurs reprises, le commissaire nous a promis que cela allait être bientôt réglé. Mais, après deux années d’attente, les membres du staff sont à bout de patience». Notre interlocuteur a tenu à préciser que «d’un point de vue personnel, on garde de bonnes relations avec M. Rahmaoui, mais d’un point de vue professionnel, nous nous insurgeons contre cette situation et nous réclamons notre dû au premier responsable de cette 13e édition du Festival international de musique andalouse et musiques anciennes».
Il ajoute que lors de la dernière rencontre avec le commissaire, Aïssa Rahmaoui avait donné un engagement ferme pour que la quinzaine de personnes de l’équipe de communication soit payée à la fin de ce mois de décembre. Un engagement encore une fois resté sans suite et exaspérant les membres de l’équipe de communication du Festival.
Mahmoud Benchabane nous confie que «suite aux sollicitations des membres du staff, j’ai, encore une fois, pris l’initiative de contacter le commissaire. Et encore une fois, j’ai eu droit à la même réponse : ‘Ce n’est pas à mon niveau, c’est une question de régulation administrative au niveau du ministère de la Culture. Il faut encore patienter, car vous avez vos contrats et c’est sûr que vous allez être payés’».
Le chargé de communication enchaîne que les faits sont là, certes, ils possèdent tous des contrats réglementaires les liant au festival et garantissant le versement de leur honoraires, mais cela va faire deux ans qu’ils n’ont toujours pas reçu leur argent.
De son côté Thamila Aoubed, attachée de presse du Festialgerie, confirme que depuis décembre 2018, le staff de communication n’a toujours pas été payé malgré des contrats signés en bonne et due forme. Elle nous confie que «personnellement, je n’arrive plus à joindre le commissaire et avec d’autres membres de l’équipe, on ne sait plus à qui s’adresser pour percevoir nos honoraires». Elle ajoute que «c’est toujours la même réponse que nous transmettent les personnes qui arrivent à le joindre : ‘Patientez encore, c’est juste une question de régulation administrative avec le ministère’». Elle souligne toutefois : «Je ne pense pas que ce soit au niveau du ministère, mais c’est une question de gestion de la part du commissaire car les conventions avec le ministère sont claires. Et en plus, il y a eu des sponsors pour cette édition.»
Thamila Aoubed, souligne que ce n’est pas seulement le staff de communications qui n’a pas étés payé mais aussi d’autres membres de l’équipe du festival, à l’instar des hôtesses d’accueil dont certaines n’ont pas été payées pour l’édition de 2018 mais également pour celle de 2017. Elle explique à ce sujet que «certaines hôtesses avaient refusé de travailler avec le festival car elles n’avaient pas été payées en 2017. Mais le commissaire avait réussi à les convaincre en s’engageant fermement qu’elles allaient être payées pour les deux éditions. Mais encore une fois, cet engagement est resté sans suite».
Suite aux doléances de l’équipe du festival, nous avons contacté, hier, par téléphone, le commissaire de cette manifestation culturelle, Aïssa Rahmaoui qui a commenté la réclamation de l’équipe du Festival. «Je vous assure que cette situation est en dehors de ma volonté et que c’est juste une question de temps pour que les gens soient payés. J’espère que cette situation va être réglée d’ici la fin du mois. Ce sont des lenteurs administratives et procédurales et j’œuvre activement pour trouver des solutions», a-t-il indiqué.
Pour rappel, au mois d’avril de l’année 2019, Aïssa Rahmaoui était au centre d’une polémique qui avait fait couler beaucoup d’encre. En effet, dans un communiqué, la Corporation des musiciens algériens (CMA) l’avait incriminé en dénonçant le non-paiement de plusieurs artistes ayant pris part aux trois dernières éditions du Festival international de musique andalouse et des musiques anciennes, soit les éditions 2016, 2017 2018. Il s’agissait à l’époque de plus d’une centaine de musiciens et de chanteurs, dont des noms connus de la scène artistique, à l’instar de Lila Borsali et son orchestre, Brahim Hadj Kacem, Khalil Baba Ahmed, l’orchestre féminin de l’Opéra d’Alger, l’Ensemble national de musique andalouse et de nombreux artistes. Suite au scandale suscité par les révélations du CMA, c’est l’Office national des droits d’auteurs (ONDA) qui est intervenu pour payer les arriérés des cachets des artistes. La problématique qui se pose aujourd’hui est que, dans un contexte où le secteur de la culture souffre de plusieurs restrictions budgétaires aggravées par la crise sanitaire, qui a les prérogatives pour intervenir sur ce dossier épineux et solder les honoraires des contractuels du Festivalgerie ? n