Le film algérien « Parkour(s)» de Fatma-Zohra Zamoum a été choisi parmi les films en lice pour « IFA Istanbul Film Awards », un festival avec connectivité numérique, a révélé la réalisatrice sur les réseaux sociaux.

Il s’agit d’une  compétition de films mensuelle, avec des projections annuelles ouvertes aux cinéastes et aux cinéphiles, reconnaîssant et récompensant le travail de cinéastes indépendants du monde entier.
La compétition vise à honorer, célébrer et récompenser les meilleurs talents de la communauté cinématographique mondiale, car il s’intéresse aux films basés sur des histoires, qui peuvent prendre la forme de récits (fiction), documentaires (non-fiction) ou d’animation.
A ce propos, nous avons contacté la réalisatrice qui nous a déclaré que « Ce festival nous a été proposé par un site d’application de FilmfreeWay, le Net spécialisé en application de films pour festivals et autres applications (Facebook et autres) nous avons envoyé un mail au festival fin février pour savoir si cela était adéquat ». Elle poursuivra : «Nous avons fait l’application par la suite et voilà qu’on a eu la notification de sélection».
Selon elle « nous savons en tant que film low budget ou de financement minimaliste et de distribution minimaliste que nous devons nous attendre à des refus de festivals, de distribution, etc. mais ce n’est pas grave, c’est comme ça (les lobbys font leur travail de lobbying) ».
Elle expliquera que « ce festival qui ne demande ni notre présence, ni celle de nos films en DCP, parce que festival digital ou numérique (avec connectivité numérique), nous intéresse. C’est peut-être cela l’avenir des festivals au temps du coronavirus et peut-être l’avenir du numérique tout court».
Le film qui sortira en salle française, le mois de mai prochain, la réalisatrice affirme : « Je suis ravie de pouvoir enfin parler de ce film intitulé « Parkour(s) » pour une petite sortie en salle, une seule salle à Paris, le Saint-André des Arts, dès le 13 mai 2020».   Elle ajoute à propos du film : « Et pour parler du projet dès le début, il me faut revenir à 2015, moment où j’ai écris un scénario intitulé « Reset » avec l’intention de mettre un coup de pied dans la fourmilière de l’hypocrisie sociale et politique en Algérie mais aussi dans la façon dont les projets de femmes venant du Maghreb sont entendus en France et ailleurs ». Le film est le résultat d’un travail de deux ans, qui a été montré pour la première fois en 2019. Cette comédie dramatique de 90 minutes relate la réalité algérienne, caractérisée par la violence, les préjugés, la restriction des libertés et la corruption à travers le parcours difficile des femmes et des jeunes Algériens. Le film est axé autour de l’histoire de Youcef, incarné par le jeune acteur Halladja Hamza Nazim, interprétant avec brio ce jeune homme, étudiant au chômage qui aime d’un amour inconditionnel sa dulcinée Kamélia, incarnée par Adila Bendimered. Cet amour se heurte de plein  fouet aux préjugés d’une société pervertie par l’aspect matérialiste, privilégiant les mariages d’intérêts à ceux portés par l’élan du cœur. Malgré cet amour impossible, Youcef défie les règles établies en décidant d’interrompre le mariage de sa bien-aimée sur le point d’épouser un jeune riche que son père a choisi pour elle. Ainsi, il débarque à la mairie, où le mariage est sur le point d’être officialisé lors de la cérémonie civile. Le jeune désespéré arrive armé d’un pistolet afin d’empêcher ce mariage et prend en otage la jeune fille. Il demande à son père, incarné par Abdelhamid Rabia, de lui donner la main de sa fille. Dans une scène comique, Youcef  tire sur le père et vole son amour de jeunesse. Adepte de « free running», il l’emporte sur le toit d’un immeuble où il réussit à lui voler un baiser. Au final, les amoureux s’expliquent et tout rentre dans l’ordre. En parallèle de l’histoire de ce jeune couple d’amoureux, la réalisatrice invite les présents à une immersion dans les contradictions de la société algérienne dont l’absurde ne peut être dépassé que par le comique et la dérision à travers les différents plans-séquences qui se déroulent à la mairie et à la salle des fêtes, véritables condensés d’un microsome de la complexité de la société. En effet, au siège de la commune, les événements du film se transforment en fiction comique et de  scènes symboliques pétris de référents au poids étouffant de la société. Le film aborde également les problèmes des femmes face à une société fermée. Dans l’espace clos féminin par excellence de la salle des fêtes de mariage, où se rencontrent la plupart des personnages qui composent l’histoire de cette tragi-comédie. La réalisatrice Fatma Zohra Zamoum a révélé, à Reporters que «Parkour(s)» est «le résultat d’un travail de deux ans en dépit des difficultés financières qu’on a réussi à surmonter grâce à l’apport de financements de sponsors dont une compagnie d’assurance publique». Elle a également déclaré avoir sollicité un financement public auprès du Fonds de développement de l’art, de la technique et de l’industrie cinématographique (FDATIC), mais la demande n’avait aboutie qu’après avoir terminé le tournage du film».