Le coup d’envoi de la 11e édition du Festival national des musiques et chansons amazigh, qui se déroule du 9 au 12 janvier courant, a été donné jeudi dernier à Tamanrasset par le secrétaire d’Etat chargé de la production culturelle, Salim Dada. Dans son allocution d’ouverture, Salim Dada a mis en relief le fait que «la richesse et la diversité culturelles de l’Algérie sont une source de fierté, ce qui implique la préservation du patrimoine matériel et immatériel que recèle pays».

Il citera notamment à ce propos la danse de la Sbeiba de la région de Djanet, la danse de Djakmi et l’art de l’Imzad de Tamanrasset. Cette première sortie sur le terrain du secrétaire d’Etat, chargé de la production culturelle, a été notamment marquée, en plus du lancement officiel de la 11e édition de la manifestation culturelle, de trois autres points essentiels. Il s’agit de l’inspection du Musée national du parc culturel de l’Ahaggar, mettant l’accent sur la réalité du terrain et être à l’écoute des préoccupations des travailleurs de site culturel, notamment en ce qui concerne le changement de la richesse environnementale et l’extinction de certaines espèces animales de la région. En second lieu, il s’agit d’inspecter l’état des lieux concernant les peintures rupestres et les tombes antiques de la région de Tamanrasset ainsi que d’être à l’écoute des plaintes des travailleurs et gardiens du site notamment sur le trafic et la contrebande du patrimoine géologique et de la dégradation et actes de vandalisme sur les sites archéologiques de l’Ahaggar. Lors de sa visite d’inspection dans la ville de Tamanrasset, à l’occasion du coup d’envoi du Festival national des musiques et chansons amazigh, Salim Dada a aussi rencontré des artistes et des responsables de la culture de la région, afin d’être à l’écoute et trouver des solutions à leurs préoccupations, tout en les sensibilisant sur le travail du ministère de la Culture et du Conseil national des arts et des lettres (Cnal) concernant le statut de l’artiste et les privilèges professionnels et sociaux obtenus.

Valorisation du Patrimoine matériel et immatériel
Organisé dans le cadre de la célébration de la Semaine culturelle de Yennayer (Nouvel an amazigh), cette 11 e édition dédiée aux musiques et chansons amazigh est animée par vingt-six troupes artistiques, dont les variantes targuie, chaouie, mozabite et kabyle à la Maison de la culture et au niveau de la place du 1er-Novembre à Tamanrasset ont indiqué les organisateurs. Le programme du festival prévoit deux volets de compétition, un concours entre les troupes en lice et un autre d’interprétation instrumentale individuelle et ce en présence des représentants de l’Office national des droits d’auteur et droits voisins (Onda), sponsor du festival, qui s’emploiera à accompagner les troupes participantes, a indiqué le commissaire du festival, Mouloud Fertoune à l’APS. Pour le commissaire du festival, la région recèle de belles voix artistiques en quête de prise en charge et d’accompagnement, et l’ouverture d’une annexe de l’Institut national supérieur de musique contribuera à assurer la pérennité de ce legs amazigh ancestral, dont la notoriété a traversé les frontières du pays grâce à une troupe locale découverte lors des précédentes éditions. Le même responsable a mis aussi en avant la valorisation du patrimoine musical et lyrique d’expression amazigh, à la faveur d’un recensement et inventaire de ce legs pour faire l’objet d’études et de recherches académiques à même de permettre la mise en place d’incubateurs pour la réhabilitation de cet art authentique. n