La 9e édition des «Journées du film engagé » programmée dans le cadre du Festival international du film d’Alger» (Fica), organisée dès le 1er décembre à la salle Ibn Zeydoun de l’Office Ryadh El Feth (Oref) Alger, sera marquée cette année par la diffusion de près d’une trentaine de films. Des œuvres mettant en avant, comme chaque année, des « questions chères au festival où l’humain est au cœur de la problématique quelle que soit la thématique», avait expliqué la commissaire de la manifestation Zehira Yahi.

Elle cite notamment les causes palestinienne et sahraouie, en soulignant que cette manifestation sera également l’occasion de revenir sur des sujets ayant récemment fait la une de l’actualité, à l’instar de la problématique des migrations, celle du racisme ou encore la situation des communautés d’origine immigrée en Europe. En effet, sujets développés à travers plusieurs documentaires, il s’agira notamment du premier film du genre à l’affiche du festival intitulé «Libre», du réalisateur Michel Toesca, programmé le 2 décembre prochain à 14 heures en présence du réalisateur. Le poignant documentaire a décroché la mention spéciale du Jury «l’Œil d’or» lors du dernier Festival de Cannes. D’une durée de près d’une heure quarante minutes, le film aborde la situation des migrants bloqués dans la vallée de «La Roya», frontalière avec la France et l’Italie. Le réalisateur mettant plus précisément en avant le choix d’un agriculteur, Cédric Herrou, de leur venir en aide «le jour où il croise la route des réfugiés. Il décide, avec d’autres habitants de la vallée, de les accueillir, de leur offrir un abri et de les aider à déposer leur demande d’asile. Mais en agissant ainsi, il est considéré comme hors la loi… », souligne-t-on dans la présentation de cette œuvre humaniste. Le lendemain, le 3 décembre à 16h30, les cinéphiles sont conviés à suivre la projection du film «Les Enfants du hasard» signé par les réalisateurs belges Thierry Michel et Pascal Colson, abordant le quotidien d’enfants issus de l’immigration. Il est précisé dans le synopsis que «le film suit le parcours de ces petits-enfants de mineurs, majoritairement musulmans et d’origine turque. Il met en lumière leur désir de se construire et de donner un sens à leur vie. Il saisit leurs réflexions sur les attentats terroristes ou le harcèlement sur Internet. Ce documentaire révèle surtout leurs espoirs et leur vision du futur». Réalisé, quant à lui, par l’artiste brésilien –issu d’une famille d’origine algérienne, Karim Aïnouz, le documentaire intitulé «Central Airport THF», qui sera projeté le 6 décembre prochain à 14h, revient pour sa part sur la reconversion d’un lieu mythique de l’histoire de l’aviation, l’aéroport de Berlin-Tempelhof, un espace destiné à l’accueil des migrants. «Tempelhof était déjà l’une des plus importantes structures aéroportuaires d’Europe. Après l’arrivée au pouvoir des Nazis, Adolf Hitler ordonne son agrandissement en vue d’en faire le plus grand aéroport au monde. Fermé en 2008, il est devenu une immense unité urbaine utilisée pour abriter les réfugiés. Une ville dans la ville», souligne le réalisateur qui s’est attaché à faire découvrir ce lieu immense traversé par l’histoire, la politique et la culture et à montrer, explique-t-on «une société européenne en état d’urgence». La question de l’immigration – ou plus exactement ici des communautés d’origine étrangère en Europe – sera également traitée à travers le film de fiction. Le programme du 9e Fica met ainsi à l’affiche le dernier long métrage du scénariste et réalisateur David Oelhoffen, le
5 décembre, prochain à 19h. Le film, intitulé «Frères ennemis», et dont la diffusion à Alger sera marquée par la présence des acteurs Réda Kateb et Ahmed Benaïssa, raconte ainsi l’histoire de deux frères, Manuel et Driss, que «tout oppose».
Manuel (Matthias Schoenaerts) est à la tête d’un trafic de drogue, alors que Driss (Réda Kateb) est devenu policier. Quand celui-ci est promu à la Brigade des stupéfiants, son retour bouleverse les équilibres et met Manuel en danger. En ce sens, réalisé comme une fiction, il est néanmoins précisé que le réalisateur, qui signe aujourd’hui son troisième long métrage après «Loin des hommes» (2014), a également construit le scénario de «Frères ennemis» en s’appuyant sur des faits réels, obtenus suite à des entretiens avec des figures du grand banditisme.