Sprint final pour la découverte des Supers Héros ! La 12e édition du Festival international de la bande dessinée d’Alger (Fibda) se clôture aujourd’hui, samedi 5 octobre, à 19 heures, avec au programme de la dernière journée des ateliers, des conférences, des expositions, des conférences et des ventes-dédicaces avec de nouvelles publications au niveau des stands des éditions Dalimen et Z-Link.

Cette 12e édition, placée sous le slogan « Les supers-héros débarquent à Alger », convie les visiteurs à un voyage dans la bande dessinée dans le monde à travers la découverte, au niveau du grand chapiteau, des expositions dédiées à la bande dessinée espagnole, polonaise, cubaine ainsi que celle des supers héros d’Amérique latine. En plus de la découverte de l’exposition dédiée à la célébration du cinquantième anniversaire de la revue « M’Quidèch », le public, présent pour ce dernier jour au Fibda, pourra également découvrir l’exposition dédiée à la célébration des 70 ans de «Spirou» au niveau de la salle de conférences. Dans le même esprit de la célébration d’anniversaire des héros de bande dessinée, à l’occasion de la célébration des 90 ans de « Tintin », Jean-Yves Puyo animera, aujourd’hui dès 16H, une conférence intitulée «Tintin et le merveilleux géographique», à l’Institut français d’Alger. Les férus de supers-héros de Marvel et Dc-comics ont encore la journée d’aujourd’hui pour apprécier au niveau du chapiteau des Etats-Unis d’Amérique, pays invité d’honneur de cette édition, plusieurs panneaux de dessins illustrés de célèbres Comics, en présence d’une quinzaine d’auteurs américains à cette édition 2019. A cette occasion, une conférence sera animée, aujourd’hui, au niveau de la salle de conférence du Fibda autour de la thématique de la célébration des 80 ans de « Batman ». Elle sera animée par les bédéistes américains Paris Cullins et Shawn Martinbrought. Jeudi dernier, c’était le tour de la thématique Cartooning et Comics qu’Alitha Martinez, Chuck Collins et Paris Cullins qui ont partagé avec les présents leur expérience dans l’univers de la bande dessinée américaine.

L’Afrique au cœur des «Comics» modernes
Alitha Martinez et Chuck Collins de New York, tous deux d’origine africaine, ont déclaré que le « Comics » américain a connu, à travers sa longue histoire, «un manque » de représentation des Afro-Américains et « une discrimination à l’encontre des femmes, mais sont toutefois bien représentés grâce au combat culturel d’artistes d’origine africaine ». rapporte l’APS. Pour la dessinatrice Alitha Martinez, la femme a longtemps été absente dans l’industrie de la bande dessinée américaine, ajoutant qu’il y avait au début de son parcours, il y a près de 20 ans, une seule femme de race blanche dans le monde du neuvième art et aucune femme de race noire. Elle a indiqué avoir été «la première femme de race noire » à travailler avec Marvel, créé en 1939. Elle se dit honorée d’être une partie du patrimoine de la société «Marvel ». Elle a également nié «l’existence d’une discrimination franche à l’égard des Afro-Américains dans les Comics américains, soulignant que la discrimination ciblait uniquement les femmes ». Martinez, originaire des Antilles néerlandaises, qui participe pour la deuxième fois au Fibda, a accédé, dans les années 90, au neuvième art en tant qu’artiste autodidacte. A ses débuts, elle tente d’accéder à « l’école des arts visuels » de Manhattan au milieu des années 90, mais n’y est pas parvenue parce qu’elle était femme. Cet artiste a publié plusieurs albums qui ont réalisé des succès artistiques et commerciaux, tant avec « Marvel » qu’avec d’autres à l’instar d’ «Iron Man », « Moon Girl and Devil Dinosaur », «Omni» et « Black Panther : World of Wakanda». Pour sa part, le dessinateur et scénariste, Chuck Collins, qui publie principalement sur Internet, a indiqué que la présence des Afro-Américains dans le «Comics » américain remontait à loin mais de façon très limitée, rappelant que « Blade », sorti en 1973, était parmi les succès de Marvel dont le héros est d’origine africaine. Collins figure parmi les artistes ayant choisi de faire la promotion de leurs créations sur Internet. Il est connu pour sa série « Bounce » et toutes ses œuvres représentent des personnages d’origine africaine.
Chuck Collins, qui visite l’Algérie pour la première fois, a relevé qu’un nombre important d’artistes américains d’origine africaine représentent aujourd’hui leur origine ethnique à travers des héros et des héroïnes, mettant en avant le rôle des nouvelles technologies et d’Internet qui ont permis aux artistes de produire et de commercialiser leurs créations sans recourir aux grandes sociétés de Comics. Spécialisé dans les œuvres satiriques, cet artiste a indiqué que ce changement n’est pas intervenu suite à une soudaine décision prise par les sociétés de Comics mais après un combat culturel et artistique ayant touché la bande dessinée et les autres arts audio visuels ou écrits aux Etats-Unis. Ajoutant que l’apparition de supers héros d’origine africaine, à l’instar de «Black Panther», qui a eu un succès mondial notamment après son adaptation sur les grands écrans en 2018, avait une grande symbolique aux Etats-Unis.n