Trente ans après sa disparition, le comédien Hassan-El-Hassani, de son vrai nom Hassan Bencheikh -mais plus connu par le surnom Boubagra-, hante encore la scène théâtrale nationale, à travers un grand évènement culturel qu’est le Festival national de théâtre comique, qui porte son nom et dont la prochaine édition est prévue du 3 au 7 décembre, à Médéa.

 

L’ombre de cet artiste comédien, qui a fait rire des générations entières, n’a pas déserté, pour autant, les plans des salles de spectacles, d’autant que beaucoup de comédiens continuent de s’inspirer de son style et puiser dans le riche répertoire qu’il a légué.
Les amateurs du quatrième art et les mordus du comique auront toujours à l’esprit l’image de ce comédien qui a réussi à sortir du lot, en incarnant le personnage de ce paysan, naïf, qui a su se faire adopter aussi bien dans le milieu professionnel que parmi de larges couches de la population, lui assurant une popularité qui n’était pas à la portée de ses contemporains.
En lui consacrant la 11e édition du Festival national de théâtre comique, qui porte déjà son nom, le Commissariat du festival entend ainsi rendre un hommage posthume au « roi de la comédie », à l’occasion du trentenaire de sa disparition.
Natif du village de Boghar, au sud-est de Médéa, où il vit le jour un 21 avril 1916, Hassan-El-Hassani, devenu célèbre plus tard par son nom artistique Boubagra, entame son cursus scolaire dans sa région natale où il obtient un certificat d’enseignement primaire. Il exerce, ensuite, comme coiffeur à Ksar El Boukhari puis à Berrouaghia, puis devient gérant de la salle de cinéma Rex, dans la ville des Asphodèles (Berrouaghia), avant de rejoindre, en 1940, la troupe artistique de Mahieddine Bachtarzi.
Sa première pièce de théâtre, « Les rêves de Hassan », une satire sociale dénonçant le colonialisme, produite en 1945, le conduira directement en tôle en effectuant un premier séjour à la prison de Bossuet puis à Barberousse (Serkadji).
A sa sortie de prison, il s’installe à la Casbah d’Alger où il reprendra, quelque temps, le métier de coiffeur, mais sans jamais renoncer à sa passion : le théâtre. Il crée le personnage de N’înaâ, dans la pièce « El Houria », rejouée, en 1950, sous le titre « Le complot », puis mettra en pièce l’un des plus célèbre de ses spectacles, en l’occurrence « Ti goule ou ti goule pas ».
En 1953, il est engagé à la télévision où il joue, sous la direction de Mustapha Badie, dans la pièce «La poursuite», et ralliera, au déclenchement de la guerre de libération nationale, les rangs de l’ALN.
Après l’indépendance, il rejoint la troupe du Théâtre national algérien, où il délaisse son personnage N’înaâ, au profit d’un autre, celui de Boubagra, qui fera toute sa gloire et sa notoriété. Hassan El Hassani se lança ensuite dans le cinéma et décrocha plusieurs rôles dans des films, parmi lesquels « Le Vent des Aurès » (1966), « Hassan Terro » (1968) de Mohammed Lakhdar-Hamina, « Z » (1969) de Costa Gavras, « Les Aveux les plus doux » (1971) d’Edouard Molinaro, « Sanaoud » (1972) de Mohamed Slim Riad, « Les Vacances de l’inspecteur Tahar » (1973) de Moussa Haddad. Il sera également à l’affiche de « Chronique des années de braise » (1975) de Mohammed Lakhdar-Hamina, « Les Déracinés » (1976) de Lamine Merbah, « Une femme pour mon fils » (1982) d’Ali Ghanem, « Les Folles années du twist » (1983) de Mahmoud Zemmouri et « Les portes du silence » (1987) d’Amar Laskri. La maladie le contraint de s’éloigner des studios de cinéma qu’il ne revivra plus jamais, puisqu’il décèdera le vendredi 25 septembre 1987, à l’âge de 74 ans.n