La pièce «GPS» du Théâtre national algérien (TNA) a décroché, jeudi dernier, le Prix de la meilleure représentation pour l’année 2020 de la 12e édition du Festival du théâtre arabe organisée à Amman en Jordanie du 10 au 16 janvier courant.

Conçue et mise en scène par Mohamed Cherchal, «GPS» est entrée en compétition avec huit autres productions, à l’instar de «En’Nems (Maroc), «Samae Baydae» (ciel blanc) (Tunisie), ou encore, «Bahr wa Rimel» (mer et sables) de Jordanie.
Dans cette pièce, le metteur en scène a misé sur un mélange alliant les techniques cinématographiques, le théâtre, le mime et le mouvement. La musique est composée par Adel Lamamra, la scénographie est signée Abdelmalek Yahia et l’éclairage Chawki El Messafi. «GPS» est interprétée par des talents qui ont émergé dans le quatrième art ces dernières années, notamment Mohamed Houas, Adila Soualem, Sabrine Boukraa, Sara Gharbi, Abdenour Yessad, Mourad Madjram, Mahmoud Bouhmoum et Yacine Brahim.
Le chargé de la communication du TNA, Boubker Sekkini, nous a déclaré, hier, à propos du couronnement de la production du TNA que «cela souligne la pertinence du choix artistique de produire cette pièce, qui se démarque de ce qui se fait classiquement, et a réussi à rivaliser dans une compétition de haut niveau par son originalité». Il ajoute que «cela démontre aussi qu’il existe une véritable relève dans le quatrième art algérien avec l’émergence d’une nouvelle vague d’une génération pétrie de talents». Enchaînant qu’«aujourd’hui, on peut dire que le théâtre algérien tourne une nouvelle page et qu’il renaît de ses cendres, damant le pion à tous ceux qui disaient que le théâtre algérien était mort. Aujourd’hui, on peut répondre que bien au contraire, le théâtre algérien ouvre une nouvelle page qui est celle de se démarquer par son originalité et une jeunesse créative».
Le chargé de communication du TNA nous souligne que cette pièce a été produite par le TNA avec un apport du Fonds d’aide à la création des arts et des lettres. La production a été sélectionnée suite à la proposition d’un canevas scénique de Mohamed Cherchal dans la démarche de la direction du Théâtre national de varier les différents modes d’expression scénique. Ceci d’autant plus que la pièce était en adéquation avec une nouvelle tendance scénique au niveau international, où «le pouvoir du texte et du verbe est occulté au profit de l’esthétisme scénique qui donne le pouvoir au metteur en scène et la maîtrise de l’expression corporelle des comédiens». Il ajoute que le spectacle a pris plusieurs mois de répétitions, estimant que «cela nous permet l’ouverture vers d’autres modes esthétiques sur les planches avec une double motivation, celle de la «fordja» dans le sens de véritable spectacle scénique». D’autre part, «il s’agit de la pertinence des thématiques universelles abordées. A l’instar des questionnements existentialistes, telle que la place de l’individu dans la société, mais également celle des valeurs humanistes telles la tolérance et l’acceptation de l’autre dans sa différence».
Boubker Sekkini nous explique aussi que la pièce a été portée par des comédiens permanents du TNA mais aussi des comédiens externes, sollicités dans le cadre de la démarche du TNA, d’une part, pour la découverte de nouveaux talents et, d’autre part, pour permettre à ces talents de s’acclimater à travailler dans des productions étatiques aux côtés de professionnels pour un éventuel recrutement au sein des théâtres étatiques».
Boubeker Sekkini nous annonce que dès son retour de Jordanie, la troupe de «GPS» poursuivra sa tournée nationale dans l’ouest du pays après avoir déjà effectué des représentions dans les wilayas de l’Est. Elle est également sélectionnée pour participer à la compétition du prochain Festival national du théâtre professionnel prévu au mois de mars prochain.<