La 52e édition du Festival national du théâtre amateur de Mostaganem a pris fin samedi dernier. Au baisser de rideau de cette édition 2019, le bilan est à la promesse que les prochaines seront encore meilleures en qualité de production tant les talents ne manquent pas. C’est en tout cas l’avis du commissaire du festival (lire entretien) et de tous ceux qui ont suivi les pièces présentées sur les planches du théâtre de la ville.

Si leur point de vue tient compte des difficultés de financement, dont souffrent d’abord les troupes amateurs – qui travaillent très dur malgré le manque de moyens- le festival ensuite, dont les responsables rivalisent d’efforts et d’ingéniosité pour qu’il demeure l’endroit idéal pour les jeunes talents du quatrième art de s’exprimer dans notre pays.
Ceux qui ont été primés, cette année, appartiennent à la troupe «les jeunes d’El Bahia» d’Oran qui ont remporté le «grand prix» du festival pour leur pièce «El-Khaich wa El-Kiacha» avec une mise en scène d’Abdelkrim Fares. Une consécration «largement justifiée» ayant fait «l’unanimité», a-t-on entendu chez le public comme chez les professionnels.
La dramaturge Hamida Aït El Hadj va plus loin dans son observation en considérant que les lauréats sont représentatifs d’une édition au cours de laquelle les jeunes artistes, les comédiens en particulier, ont fait montre de l’amour et de la passion qu’ils ont pour les tréteaux. «Leur capacité d’improvisation, leur maîtrise du jeu aussi, le plaisir d’être sur scène, ont procuré à cette édition une fraîcheur qu’ils ont réussi à nous communiquer». La compétition s’est révélée particulièrement diversifiée au point de vue des thématiques abordées, de la mise en scène et de la comédie, faisant voir à un public nombreux et connaisseur des performances remarquables mêlant l’art du mime ainsi que celui de la danse, une discipline explorée cette année dans la composition théâtrale. «Une réussite», dira le commissaire Mohamed Nouari, aux yeux de qui les 12 troupes sélectionnées cette année ont fait preuve de «sérieux», d’«engagement» et de «dévouement pour leur art». Ce n’est pas fortuit, dira Abdelkader Belkeroui, chargé de la supervision des sélections. «Cela a nécessité de longs mois de travail et cinq étapes de présélection» à travers différentes régions du pays, Mila, Boudouaou, Chlef, Tiaret et Mostaganem notamment. Cela a donné lieu, dit-il, à «douze spectacles de qualité» et des «débats passionnés et passionnants» sur la manière de départager les compétiteurs. Les membres du jury, dont Hamida Aït el Hadj, Saïd Bouabdellah, Haroun El Kilani et Rym Takoucht ont eu de vives discussions sur les représentations. Le choix des lauréats s’est fait selon le principe du vote sauf celui qui a eu le Premier prix «à l’unanimité».
En attendant la prochaine édition, l’été 2020, ce vainqueur de l’édition 2019 s’apprête à effectuer une tournée nationale dans le cadre d’un partenariat entre le FNTA et l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (AARC). Son spectacle «El-Khaich wa El-Kiacha», que l’on pourrait traduire par «une toile de jute et sa couturière», est une représentation à caractère social, mettant en scène sept comédiens qui interprètent le quotidien, fait de joies et de peines, de jeunes lycéens, des histoires issues de la réalité du pays.