Baisser de rideau du Festival d’Annaba du film méditerranéen dans la soirée d’avant-hier au Théâtre régional Azzedine-Medjoubi au cours d’une cérémonie présidée par Azzedine Mihoubi, ministre de la Culture.

Une cérémonie haut en couleurs où le public nombreux, officiels, artistes, interprètes, cinéastes, cinéphiles attendaient avec impatience le verdict du Jury quant aux lauréats de cette compétition qui aura duré huit jours pendant lesquels le septième art a été à l’honneur.
Un retour en grande pompe du cinéma dont le pays a été sevré pendant plus de deux décennies. Il renaît ainsi de ses cendres avec ce festival qui revient une fois l’an pour séduire la Coquette et drainer une foule d’amoureux inconditionnels du grand écran et des salles obscures. «Nous sommes heureux de constater que le public d’Annaba, mais aussi les cinéphiles venus des autres villes, est présent en force à ce festival. Ce qui encourage la création et la production d’œuvres cinématographiques et fait d’Annaba un rendez-vous incontournable du cinéma méditerranéen, c’est une réhabilitation du septième art. La qualité des films présentés ainsi que la présence des réalisateurs, les ateliers de formation, mais aussi et surtout ce public admirable est à l’origine du succès de cette manifestation culturelle dédiée au cinéma», a déclaré le ministre.
Ainsi, la récompense suprême du troisième festival d’Annaba du film méditerranéen «l’Annab d’or» a été attribuée au premier long métrage réalisé par Yasmine Chouikh «Jusqu’à la fin des temps».
Le prix du «Annab d’argent» a été attribué à «été 93» de l’Espagnole Carla Simn. Ahmed El Fichaoui a remporté le prix du meilleur acteur pour son interprétation dans le film «Sheikh Jackson», tandis que l’Italien Jonas Carpignano a été couronné du prix du meilleur réalisateur pour son film «Cambria». Dans la catégorie films documentaires, le prix du «Annab d’or» est revenu au film «Carré 35» du réalisateur français Eric Caravaca. Le prix du public a été décerné à «Ghost hunting» du Palestinien Raed Andoni. Le prix spécial du jury a été attribué aux films «Des moutons et des hommes»de Karim Sayad et «fais soin de toi» de Mohamed Lakhdar Tati.
Par ailleurs, le ministre de la Culture est revenu sur l’état des salles de cinéma de la ville d’Annaba, parlant de salles abandonnées et en piteux état qui n’ont pas accueilli de public. Le commis de l’Etat annoncera l’ouverture prochaine de la salle mythique «El Manar». Comme son nom l’indique cette salle était un véritable phare pour le cinéma où avaient été projetés de grands films qui avaient bercé jeunes et moins jeunes, des générations entières de cinéphiles. «La salle El Manar sera bientôt rouverte, le cahier des charges est achevé et sa restauration sera lancée. Elle retrouvera son public qui l’attend depuis très longtemps», poursuit le ministre.
Le FAFM, qui a été pendant toute une semaine un lieu de rendez-vous important pour les amoureux du cinéma, aura donné un nouveau souffle à la culture dans cette ville de l’Est. Une activité non-stop où réalisateurs, acteurs, hommes de culture et public se sont retrouvés sans protocole et sans artifices, dans une communion toute dédiée à la culture qui reprend des couleurs.
Cependant, il faut signaler quelques couacs qui ont quelque peu terni cet événement qui se veut méditerranéen et aspirant à une reconnaissance internationale. En effet, côté organisation, la situation n’est pas très reluisante avec des programmes qui ne sont pas respectés, des défections de certains acteurs et réalisateurs, une absence de documentation pour les médias et une pléthore de «responsables» qui ne sont au courant de rien. Ajoutez l’absence de salles de cinéma pour les projections qui se font exclusivement au niveau de la Cinémathèque, du théâtre et de la Maison de la culture et vous avez tous les ingrédients d’une anarchie qui a failli tout faire capoter.

Palmarès
Le Jury du FAFM, présidé par le scénariste français Jacques Fieschia, a décerné «El Anneb d’Or» au long métrage «Jusqu’à la fin des temps» de Yasmine Chouikh et El Annab d’argent a été attribué au long-métrage espagnol «Eté 93» de Carla Simon.
Le jury documentaire, présidé par le cinéaste belge Jean-Jacques Andrien, a distingué «Carré 35» d’Eric Caravaca en lui décernant «El Anneb d’Or», pas de Anneb d’argent pour cette 3e édition, le jury a préféré accorder deux mentions spéciales pour «Des moutons et des hommes» et «Fais soin de toi», documentaires produits par Mohamed Lakhdar Tati et Karim Sayad, tous deux Algériens.
«That lovely life», court métrage réalisé par Iskander Rami Aloui, a décroché le Grand prix dans cette catégorie, la 2e distinction a été attribuée à «Entre les deux chambres», réalisé par Merouane Boudiab, et un prix du jury présidé par le Tunisien Driss Béhi a été accordé à «Dahniz» de Mohamed Benabdallah. Le Prix du public a été décerné, quant à lui, à «Ghost Hunting» du palestinien Raed Andoni. Nadia Talbi, Barbet Schroeder, Hacene Zerari, Ridha Behi, Najib Ayad et Charlie Van Damme ont été, eux, récompensés par El Anneb de l’amitié du FAFM 2018.
Pour son admirable interprétation du rôle de Djohr, dans «Jusqu’à la fin des temps» de Yasmine Chouikh, Djamila Arras a obtenu la distinction «meilleure interprétation féminine» et l’acteur égyptien, Ahmed El Fischawy, la meilleure interprétation masculine pour son rôle dans la comédie «Sheikh Jackson» de Amr Salama Jonas Carpignano, cinéaste italo-américain a été distingué par le prix de «meilleur réalisateur» pour son film «À Ciambra».