Près d’une quarantaine d’artistes pour la 11e édition du Festival culturel de la musique et de la chanson kabyles à Béjaïa, dont le coup d’envoi est prévu jeudi prochain au Théâtre régional de la ville, a annoncé le nouveau commissaire de la manifestation Abdi Yazid, plus connu sous son nom d’artiste Azifas. La plupart des participants sont des femmes qui, au-delà de l’évènement, ont été privilégiées en raison de la coïncidence de cette rencontre avec les festivités du 8 mars, célébrant la Journée de la femme et qui, hasard du calendrier, a été choisie pour y accueillir la cérémonie de clôture.
Annulée en 2019, en raison de la conjoncture sociopolitique du pays, l’édition de cette année revêt un caractère de «rattrapage», a souligné le directeur de la culture de la wilaya de Béjaïa, qui se réjouit de son retour dans le paysage culturel et artistique de la région et sa pérennisation, rapporte l’APS. Par ailleurs, pour le directeur de la culture de la wilaya de Béjaïa, la nomination d’un nouveau commissaire, en la personne d’Azifas, en remplacement de Boudjemâa, animateur radio, est un «signe fort», d’autant qu’ une pléiade d’artistes ont apporté leur adhésion et leur soutien.
Il est à noter que plusieurs autres artistes ont fait acte de candidature pour prendre part à cette édition de 2020, mais il n’a pas été possible de prendre l’ensemble, à cause des moyens limités alloués à cette édition, a-t-il expliqué, précisant qu’à ce titre «la manifestation n’a été dotée que de 4 millions DA, dont 3 accordés par le ministère de tutelle et un de l’ONDA». Cette enveloppe paraît «modeste» au regard des ambitions et de l’impact du festival, lequel au-delà de son aspect divertissant, est entrevu comme un creuset d’expression pour les talents et autres artistes de la région et «une opportunité offerte à chacun pour confirmer ou s’affirmer», ajoute le chanteur Boudjemmaâ Agraw.
Toutefois, en attendant la concrétisation d’une promesse de la commune de Béjaïa pour apporter sa contribution, mais sans en préciser la nature, les organiseurs restent très optimistes pour en faire un grand succès. A ce titre, il est annoncé l’organisation durant ces quatre journées de pas moins de six plateaux, dont deux à l’extérieur de la grande salle du théâtre en guise d’animation de proximité, une ouverture avec des spectacles de rue, notamment des chants et danses folkloriques et l’implication à l’ambiance générale de toutes figures montantes de la chanson locale.
Il s’agit entre autres de Thanina, Drifa Hennad, Samy, Nesrine, Wissam et de Cyrta, avec la présence, à titre exceptionnel, de la star Malika Doumrane, invitée expressément pour venir rendre hommage à l’artiste Djamila, décédée récemment au bout d’une carrière flamboyante. Le ballet de la Maison de la culture est attendu également pour donner plus d’éclat à l’évènement. Cette manifestation artistique se fera également parallèlement à l’organisation de plusieurs hommages à des chanteurs locaux disparus ces derniers mois, dont notamment Farid Ben Ahmed, Abderazek Ghozlane et Hakim Rahmani, tendrement appelé «le petit Maâtoub».
Avec l’activité artistique retenue au programme, plusieurs autres animations sont retenues, dont de nombreuses conférences, dédiées à «l’évolution de la chanson féminine kabyle», «La liberté de la femme exprimée dans la chanson kabyle» et «le rôle de la radio dans la promotion de la chanson féminine». L’édition étant cette fois rendue payante avec des tarifs d’accès à 200 dinars et une remise de 50% pour les étudiants alors que la gratuité sera accordée aux personnes à besoins spécifiques.