L’Entreprise nationale de construction de matériels et équipements ferroviaires (Ferrovial), située à Annaba, a consacré une enveloppe de 4,2 milliards DA pour son plan de développement dont plus de 2 milliards DA réservés à la modernisation de ses installations industrielles, notamment de soudure, dans une perspective de renforcement de sa position sur le marché national et d’adaptation aux besoins des opérateurs économiques.

Objectif : atteindre l’efficience économique à travers la diversification de la production incluant la fabrication de containers. C’est dans cette perspective que Ferrovial a conclu une convention avec le Groupe algérien de transport maritime (Gatma) pour lui produire 8 000 containers durant 2020, a indiqué son P-DG, Lamri Bouyoucef.
L’entreprise a reçu plus de 60 000 plaques du complexe sidérurgique Sider El Hadjar pour entamer la fabrication des premiers containers de cette commande dès début 2020, a fait savoir M. Bouyoucef. Ce qui lui a permis de proposer aux opérateurs économiques, dans le cadre de sa stratégie de diversification, la fabrication de fours industriels de séchage de phosphate, des incinérateurs de déchets pharmaceutiques et hospitaliers, des wagons de transport de métaux bruts équipés de système de déchargement automatisé en plus d’équipements de forage et de transport de métaux, selon le même responsable.
Longtemps confrontée à la problématique du mono-client, qu’est l’Entreprise nationale de transport ferroviaire (SNTF), Ferrovial « diversifie aujourd’hui ses produits destinés aux opérateurs de divers secteurs (agriculture, bâtiment, travaux publics, hydraulique et transport), offrant notamment des citernes de transport de carburants, des bétonnières et des stations mobiles de distribution de carburants », souligne M. Benyoucef. Ferrovial produira, ajoutera-t-il, des containers 40 pieds et 20 pieds conformes aux normes de transport maritime selon qui la fabrication de containers représente une opération économique stratégique à même de susciter une dynamique pour les activités industrielles et logistiques dans la région. Il a indiqué, dans ce sens que la fabrication de containers par Ferrovial « est une première en Algérie et en Afrique », estimant qu’elle « économisera au pays les montants en devises consacrés à la location de containers », évaluant à 50 millions d’euros les coûts de location de containers et garantie du service de transport maritime de marchandises supportés par le groupe national Gama. Cette activité permettra de créer, sur le court terme, des bases logistiques au niveau des grands ports algériens de location de containers et d’offrir aux opérateurs économiques un service de transport maritime et terrestre de marchandises vers les marchés africains et maghrébins, selon Bouyoucef pour qui, la fabrication de containers est appelée à constituer pour les autres entreprises une locomotive vers la diversification.
Par ailleurs, il a relevé, qu’outre la convention de coopération en matière de formation et de recherche avec le Laboratoire de recherche en métallurgie de l’université de Annaba, Ferrovial entend booster ses travaux de recherche en métallurgie au travers du laboratoire ouvert au sein de l’entreprise. L’entreprise prévoit dans ce sens la création d’une unité de recherche en technologie et métallurgie et l’ouverture d’une école doctorale de recherche en métallurgie en coordination avec le secteur de l’enseignement supérieur et des institutions de recherche et développement technologique.
Ferrovial-Annaba emploie 500 travailleurs dont la moitié recrutée au cours des trois dernières années et projette, dans le cadre de sa convention avec l’université Badji-Mokhar, de recruter les diplômés majors de leur promotion des filières de technologie et métallurgie de l’année 2019, est-il indiqué. En plus de la production de wagons et leur équipement avec une capacité de 100 unités par année et divers équipements industriels pour multiples secteurs économiques, l’entreprise envisage d’augmenter le taux d’intégration de son activité de fabrication de wagons actuellement estimé à 70 % et de proposer des équipements qui augmente la capacité de locomotion de 20 wagons actuellement à 80 wagons, a conclu M. Bouyoucef.