Par Hamid Bellagha
Il ne fait pas bon de se promener à travers le monde. Il ne fait pas bon de prendre l’avion, car le retour au bercail redevient aléatoire comme en l’an 2000. La cause était la Covid-19 et le reste encore, quoique cette fois, c’est le nouveau variant, détecté en Afrique du Sud qui en est la cause. De fait, et selon les spécialistes du tourisme mondial, le secteur touristique devrait encore s’atrophier de 2 000 milliards de dollars, cette année, sous l’effet des limitations reliées à la pandémie de la Covid-19.
Cette appréciation, conforme aux pertes de l’année 2020, s’annonce, particulièrement en Europe, pour cause de variant Omicron qui menace au même titre que Delta l’année passée de se diffuser dans le monde entier.
«La situation est donc totalement imprévisible» et le secteur touristique n’est pas exempt de risques susceptibles de faire «d’énormes dégâts» économiques, a reconnu auprès de l’AFP le Secrétaire général de l’OMT, Zurab Pololikashvili.
Les chiffres sont annonciateurs d’une catastrophe car ils devraient se fixer à
«70, 75% inférieures» à celles de l’avant-pandémie.
«La crise du secteur touristique est historique, mais le tourisme a la capacité de récupérer rapidement», nuance toutefois Zurab Pololikashvili, en projetant son espoir sur 2022.
Pourtant, l’accalmie constatée en été, suite à la baisse des contaminations à travers le monde, a suscité beaucoup d’espoir et le tourisme mondial avait repris des couleurs au même titre que les prix du pétrole qui avaient repris l’ascenseur. Hélas, une recrudescence des cas a repris du poil de la bête, mais restait quand même maîtrisable. Sauf que la Covid-19 avait d’autres variants dans son sac et en a tiré le fameux Omicron, jugé «très préoccupant» par l’OMS.
Il faut savoir aussi que durant le troisième trimestre, certaines îles des Caraïbes ainsi que plusieurs destinations d’Europe méridionale et méditerranéenne ont enregistré «des arrivées proches (…), voire parfois supérieures» aux niveaux de 2019, tandis que d’autres pays n’ont, en revanche, presque pas accueilli de touristes, surtout en Asie et dans la région Pacifique, qui reste frileuse par rapport à la Covid-19.
C’est donc 46 pays qui restent totalement hermétiques aux touristes, soit une destination sur cinq, et 55 le sont partiellement.
Cette situation crée de la confusion et empêche un démarrage réel du tourisme mondial. Et malgré les recommandations des instances internationales, jugeant que la fermeture des frontières n’est pas encore à l’ordre du jour, plusieurs pays se sont déjà cloisonnés. L’Europe interdit les vols en provenance d’Afrique australe, de même qu’Israël et le Maroc ont cloisonné leur pays, en interdisant l’arrivée de tous les vols internationaux. Le même son de cloche est enregistré aussi aux Etats-Unis et en Australie, et ce n’est apparemment que le début du cloisonnement.
Pour toutes ces raisons et équivoques qui pèsent sur l’évolution de l’épidémie, l’OMT ne donne pas, à ce stade d’évaluation, le nombre de touristes qui pourraient se rendre à l’étranger en 2022 avec une reprise qui sera «lente» et «fragile».
Face à ces infortunes, seule une «réponse coordonnée» des pays agréera de
«rétablir la confiance des consommateurs », conclut l’OMT.
Cette rencontre, à laquelle s’associeront les délégués des 159 Etats membres, devait à l’origine avoir lieu à Marrakech, au Maroc. Mais à la dernière minute, Rabat a abandonné l’idée d’accueillir l’événement à cause de l’accroissement des cas de la Covid-19 dans de nombreux pays et l’apparition du variant Omicron.