Les entreprises d’électroniques et d’électroménagers baissent pavillon les unes après les autres.

Après l’annonce faite par les responsables de Condor, laissant entendre que le groupe manque de matières premières nécessaires à son fonctionnement et qu’il a été décidé de mettre les travailleurs en chômage technique, c’était au tour de l’Eniem, une entreprise publique de surcroît, de subir les mêmes contraintes, conduisant ses responsables à prendre les mêmes décisions, en attendant que le ciel s’éclaircisse. En vérité, ces entreprises pâtissent des décisions hâtives prises par le précédent gouvernement au sujet de l’importation des kits SKD-CKD qui alimentent les usines d’électronique et d’électroménager en matières premières. Dans sa quête de solutions face à l’érosion des réserves de change et au creusement du déficit de la balance des paiements, le gouvernement Bedoui, à l’occasion d’une de ses réunions, avait indiqué que la solution réside dans une démarche basée sur la rationalisation des importations, notamment à travers la décision de prolongation du paiement différé de la valeur des importations. Dans le détail de cette démarche entreprise par le gouvernement des affaires courantes, une première mesure, présentée au gouvernement par l’ex-ministre des Finances, Mohammed Loukal, plaidait pour la rationalisation des importations des kits CKD/SKD destinés au montage automobile et à la fabrication des produits électroménagers, électroniques et téléphones mobiles. Le gouvernement semblait se rendre compte que l’importation des kits CKD/SKD évolue crescendo et constitue un moyen de transfert
de devises vers l’étranger au moyen de la surfacturation. D’où l’impératif de nouvelles mesures de rationalisation défendues par l’ex-ministre des
Finances. En attendant l’élaboration d’un cahier des charges concernant l’activité d’assemblage des appareils électroménagers et électroniques, le gouvernement Bedoui avait décidé d’amender le décret exécutif de 2000, fixant les conditions d’identification des activités de production à partir de collections destinées aux industries de montage et celles dites CKD, devant être limitées aux composants essentiels du produit, en intégrant la sous-traitance et en déterminant la durée pour bénéficier des différentes mesures incitatives. Il a été également décidé l’engagement de la mise en œuvre des mesures incitatives prévues par la loi de Finances 2017, à travers l’accélération de la promulgation de l’arrêté interministériel y afférent, outre la promulgation de l’arrêté interministériel fixant le taux d’intégration dans le domaine d’activité relatif à l’assemblage et au montage. A ces mesures réglementaires s’ajouteront des dispositions administratives et bancaires destinées à contenir l’envolée de la facture d’importation des collections CKD-SKD. Dans ce sens, le gouvernement des affaires courantes avait approuvé, faut-il le rappeler, la prolongation, pour un délai maximal d’une année, du paiement différé des importations, un mode de paiement adopté par certains secteurs. Ces mesures ont eu l’effet d’un grain de sable dans une machine, alors que certaines mesures de la loi de finances de l’actuel exercice mettaient carrément les usines de montage des appareils téléphonique sur une perspective de fermeture. L’actuel gouvernement hérite carrément d’une bombe à retardement, dont les conséquences pourraient être dramatiques au plan social.
Plusieurs entreprises menacent carrément de mettre la clé sous le paillasson, alors que des centaines de travailleurs sont actuellement en chômage technique, faute de matières premières nécessaires au fonctionnement des usines de montage d’appareils électroniques et d’électroménager. Le gouvernement d’Abdelaziz Djerad est sérieusement mis en demeure quant à la prise en charge urgente de cette problématique aussi complexe qu’immédiate.