Les marchés hebdomadaires de véhicules d’occasion ferment de nouveau à la suite des dernières mesures de retour au confinement prises par le Premier ministre. Cette fermeture est effective depuis hier et durera 15 jours sur l’ensemble du territoire national, faut-il le rappeler. La fermeture, pour une période de quinze jours à partir du 9 novembre 2020, des marchés mettra de nombreux vendeurs au chômage. Une situation qu’ils avaient déjà vécue après les premières mesures de confinement opérées le printemps dernier, avant qu’ils ne renouent avec leur métier, et leur gagne-pain, à la faveur de l’assouplissement de ces mesures en mi-été. Les APC pâtiront, elles aussi, de cette mesure et les pertes seront sans doute énormes pour celles dont les recettes financières trouvent des sources considérables dans ce créneau, grâce à la location de très nombreux espaces de ventes pour chaque rendez-vous. La suspension de la vente des voitures d’occasion sur les espaces dédiés va sans doute rajouter à la pression qui pèse sur le marché automobile en Algérie, neuf et occasion confondus, depuis de nombreux mois suite à l’arrêt de l’activité des usines, dont le rendement en volume s’était déjà avéré insuffisant à satisfaire la demande nationale. Celle-ci se trouve aujourd’hui suspendue au retour des importations des véhicules neufs par les concessionnaires qui tardent à se concrétiser sur le terrain, alors que l’autorisation des voitures de moins de 3 ans est gelée, sinon totalement abandonnée, par les pouvoirs publics avant même d’avoir livré les modalités qui devait l’accompagner. Cette décision, sur laquelle le ministre de l’Industrie aime se faire interroger depuis qu’il l’a annoncée, n’a d’ailleurs pas été sans pousser encore la flambée des prix des voitures à des niveaux records. La semaine dernière, une Renault Symbol immatriculée en 2017, aurait atteint 160 millions de centimes, contre moins de 120 millions de centimes quelques jours auparavant, alors qu’une Seat Ibiza de 2014 était cotée à 175 millions de centimes, ou encore une Hyundai Accent 2011 à 130 millions de centimes alors que son prix ne dépassait pas 113 millions. Ibiza, extirpée de son emballage en 2014, est au prix de 175 millions. Certes, le marché automobile de l’occasion connaît, ces dernières années, une migration relative vers les transactions via internet, à travers plusieurs sites spécialisés où vendeurs et acheteurs trouvent leur compte à moindre peine. Cependant, des marchés comme ceux de Tidjelabine, Koléa, Sétif et bien d’autres étaient encore des destinations privilégiées pour la « bonne affaire » bilatérale avant l’arrivée du coronavirus qui a fait monter sensiblement le nombre des transactions via le net.
En fait, les mesures sanitaires anti-Covid-19 n’ont fait qu’accélérer le déménagement du marché de l’occasion vers la toile, comme cela a été observé pour de nombreux autres produits et marchandises. Et bien avant cette mutation en cours, les transactions sur les grands espaces à ciel ouvert étaient déjà critiquées pour leur déstructuration et l’esprit de spéculation dont se distinguaient leurs principaux animateurs que sont les revendeurs. Estimé, il y a à peine 5 ans, à un potentiel de 800 000 transactions annuelles, le marché de véhicules d’occasion gagnerait certainement à être organisé et, surtout, à être professionnalisé, de sorte à servir de base de données pour les organismes concernés par le marché de l’automobile dans sa totalité.