Le bilan des contaminations enregistrées hier, premier jour ouvrable après les dernières mesures prises, afin de casser la chaîne de transmission du virus, ne prête pas à l’optimisme. L’Algérie se rapproche ainsi de la barre de 500 cas de contaminations, ce qui confirme la tendance haussière du virus.
Ce qui donne manifestement plus de légitimité et de fondement à cette nouvelle série de mesures coercitives visant à limiter la propagation de la pandémie. Le renforcement des mesures ne saurait, cependant, être efficace s’il n’a pas été accompagné par deux éléments vraisemblablement incontournables pour venir à bout d’une crise sanitaire qui met le corps médical, plus que les autres segments du secteur, sous haute tension, jusqu’à craindre une rupture des ressorts d’une organisation sanitaire fortement bousculée par l’urgence de l’heure.
Il s’agit, d’abord, de la fermeté dans l’application des mesures édictées par les autorités sanitaires. Sur ce terrain, force est de constater un manque de rigueur dans le suivi des mesures de prévention, notamment pour ce qui est de certaines activités à caractère politique qui ont pu se dérouler en ces temps de rebond de la pandémie en présence de centaines de personnes, alors que l’urgence sanitaire recommande, entre autres, la distanciation sociale entre les personnes.
Une telle «tolérance» ne peut hélas que participer dans l’affaiblissement de l’adhésion des Algériens aux mesures de prévention. Il est à cet égard impossible de convaincre un citoyen récalcitrant à toute idée de discipline collective de la nécessité de se conformer à ces mesures quand il apprend que des entités politiques ont pu rassembler leurs militants comme si la crise de la Covid-19 ne constituait plus qu’un triste souvenir.
Des actions de ce genre, aussi anodines qu’elles puissent paraître, sont à considérer comme le relâchement dont les conséquences sont lourdes sur la situation sanitaire. Il s’agit, aussi, de la pédagogie dans le travail de communication et de sensibilisation des populations à l’effet de freiner la dangereuse avancée de l’épidémie en s’adressant à la «conscience citoyenne» à travers un discours adéquat qui ne se contenterait pas uniquement des chiffres funestes du jour.