Le complexe touristique Tipasa-Village (ex-CET), fermé depuis six années en raison d’une opération de réhabilitation,
a ouvert ses portes, lundi, ont annoncé les responsables du secteur. Après avoir longuement hésité et tergiversé pour son ouverture au public, en raison de la crise sanitaire qui a mis à mal le tourisme et surtout la fermeture des frontières, puisque le complexe devait accueillir des touristes étrangers dans le cadre d’échanges avec des tours opérateurs, les responsables
par intérim de l’EGGT ont, finalement, opté pour son ouverture en ce début de mars pour renflouer les caisses.

Le manque à gagner pour l’EGTT n’a cessé d’augmenter, surtout durant l’année 2020 (crise sanitaire oblige) mais, également, durant les cinq précédentes années puisque l’une des trois filiales, à savoir le complexe Tipasa-Village a été fermé pendant six longues années avec des glissements de délais de livraison énormes et, par conséquent, des réévaluations financières, probablement.
Au cours des différentes visites de suivi des travaux, les responsables du Holding HTT (Hôtellerie, Tourisme et Thermalisme) avaient envisagé, une fois les travaux achevés, de confier la gestion du complexe au Club méditerranéen (propriété des Chinois), afin de le rentabiliser et proposer un fonctionnement aux normes internationales. Lors d’une visite d’un des ministres, Reporters avait annoncé que le Club méditerranée allait gérer le complexe touristique Tipasa-Village lors de sa réouverture, prévue à l’époque en juin 2018. Un retour à la case départ, en quelque sorte, puisqu’à sa création le complexe touristique appartenait au groupe français avant sa nationalisation dans les années 1970.
Il était sous la coupe du Club européen touristique, CET, une appellation qui lui est restée collée jusqu’à nos jours. Interrogés, les responsables locaux disent ne rien savoir de ce projet de confier la gestion du complexe Tipasa-Village au groupe étranger Club Med, racheté par la Chine, et dont les responsables sont tous Français. Certains responsables du secteur s’étaient même avancés à déclarer que le complexe sera dédié aux touristes étrangers et avaient même annoncé qu’une convention était déjà en cours avec des touristes slovènes attendus.
Réhabilitation du complexe Tipasa-Village
Concernant les travaux de modernisation du complexe Tipasa-Village, lancés en septembre 2015, avec plusieurs glissements dans les délais de livraison, le résultat semble satisfaisant d’autant que l’entreprise portugaise, chargée des travaux, a respecté l’architecture du village et réussi à faire une réhabilitation à l’identique.
D’une capacité d’hébergement de 1 100 lits, le complexe, qui s’étend sur une superficie de 34 ha, a subi une opération de réfection de grande envergure au vu de l’état général de vétusté qui a nécessité une enveloppe de 3,5 milliards dinars qui n’ont pas suffi à traiter l’ensemble de la superficie. Le bâtiment qui abritait la réception a, lui aussi, fait l’objet d’une réfection, ainsi que les trois restaurants, Typique, Casbah et Horse Club, les trois terrains de tennis, un club de plongée sous-marine, une marina, une piscine naturelle et une seconde pour les enfants, la réalisation d’une bâche à eau et d’une STEP (station de traitement des eaux épurées) commandée en Allemagne. Les travaux ont consisté en la réhabilitation de 200 villas de types F1, F2, F3 et F4, en même temps que quatre restaurants à thème, de deux pizzeria, de trois bars de plages, d’une crêperie, de deux piscines et une troisième naturelle, de deux pataugeoires pour enfants ainsi que la création et l’aménagement de deux plages, d’un centre nautique, de douches pour les plaisanciers, l’aménagement d’une forêt récréative, de trois terrains de tennis en plus d’un espace omnisports et de parkings. D’autres opérations pour la sécurisation du site et sa dotation en équipements nécessaires à son bon fonctionnement, ont été menées.
Le complexe touristique Tipasa-Village fait partie des trois filiales de l’EGT Tipasa qui a entamé un programme de réhabilitation et de modernisation de ses structures (Tipasa-Village, Matarès et la Corne d’Or) dont les objectifs ont été revus à la baisse, faute de ressources financières suffisantes, eu égard à la crise économique et à l’état de dégradation de l’infrastructure.
L’EGT Tipasa, une entreprise publique, a bénéficié d’un prêt de 4 milliards de dinars pour le lancement d’un plan de modernisation et de mise à niveau de ses trois infrastructures que sont « Tipasa Corne d’or », « Tipasa village » et « Tipasa Matarès ».
L’enveloppe de 4 milliards DA attribuée à l’EGT Tipasa -en même temps que Ghardaïa, Timimoun et Bou Saâda-, a permis de lancer des opérations de rénovation des trois infrastructures qui comptabilisent 2 400 lits et près de 1 000 bungalows et appartements répartis entre Tipasa-Village, avec ses 500 bungalows, Tipasa Corne d’or, 100 bungalows, et Tipasa Matarès avec ses 400 chambres dans les deux hôtels, ses 42 appartements et sa vingtaine de villas qui restent à réaliser.
Ce fleuron du tourisme balnéaire, qui fonctionne pratiquement 2 mois sur 12 (60% de son chiffre d’affaires évalué ces dernières années à 370 millions DA) en plus des quelques rentrées d’argent engrangées par la tenue de conférences et séminaires, méritait un programme de réhabilitation qui lui permettrait de rebondir tout en espérant qu’il saura, désormais, proposer des formules attractives en dehors de la saison estivale.

La Corne d’or a, elle aussi, subi un lifting
Concernant l’autre unité de l’EGTT, la Corne d’or, qui a fait l’objet d’un petit lifting au lieu d’une réfection totale, faute de moyens financiers adéquats, les travaux lancés en décembre 2017 au niveau des villas (F1, F2, F3 et F4) ont tous été livrés et ce dans le cadre d’une première tranche de 62 bungalows sur les 110. Deux entreprises privées algériennes se sont partagées le marché, réparti en 4 blocs pour les 62 bungalows dont certains ont été transformés en F1. Ces derniers ont, toutefois, nécessité des reprises totales en raison de nombreuses malfaçons.
Le complexe la Corne d’or, d’une capacité d’accueil de 220 lits répartis entre les 111 bungalows a, depuis, été ouvert aux estivants et les travaux concernant la réfection des deux restaurants, de la pizzeria, des deux bars plage, en plus de la réalisation d’un espace de jeux pour enfant, d’une STEP, de postes transformateurs et de groupes électrogènes ainsi que le confortement de la route à l’entrée du complexe, qui fait l’objet d’un glissement de terrain, ont été achevés.

La même opération de lifting touchera le complexe Tipasa Matarès
Deux hôtels « la Résidence » avec 280 lits et 42 appartements de 2 à 3 pièces, équipées d’un coin cuisine, et « la Baie » avec 100 chambres disposant d’un coin salon, d’une loggia avec vue sur mer et d’une salle de bain.
Selon les responsables de l’EGTT, les deux complexes seront dotés de fonctionnalités de niveau mondial. « Avec la livraison des projets, la capacité d’hébergement dans la wilaya de Tipasa augmentera substantiellement, dans la mesure où le CET et la Corne d’or disposent de plus de 1 220 lits.

Des contrats de performance signés avec HTT
Le groupe Hôtellerie, Tourisme et thermalisme (HTT) a tenu, la semaine dernière à Alger, une réunion bilan de l’exercice 2020 en présence des responsables des établissements du secteur. Au cours de la rencontre, après l’évaluation des activités de ses 17 filiales dans ce contexte difficile, lié aux mesures prises par les pouvoirs publics pour stopper la propagation de l’épidémie due au Sars COV-2, il a été question du renouvellement des contrats de performance par les directeurs des unités hôtelières et des filiales du groupe.
Les EGT, qui ont paraphé le document, sont tenus de réduire l’écart existant entre les prestations offertes et les standards internationaux et ce à différents niveaux de la production hôtelière. « Le groupe veut instituer, à travers ces contrats, une déclinaison systématique des objectifs en indicateurs. En fixant des objectifs de performance et en suivant des indicateurs de gestion grâce à l’outil informatique, les gestionnaires gardent un œil sur la santé financière de leur établissement tout au long de l’année et sont ainsi en mesure de réagir lors d’une baisse de productivité ». Ce processus permettra, en effet, d’identifier les points forts et les points faibles, selon Mohamed Ali Boughazi, ministre du Tourisme, de l’Artisanat et du Travail familial, qui a souligné que les contrats de performance sont «une sorte d’engagement éthique et moral des responsables d’entreprise vis-à-vis des autorités et entrent dans le cadre d’une vision globale qui intègre que l’obligation de moyens nécessite l’obligation de résultats. L’Etat a mis les moyens et doit s’attendre à atteindre des objectifs précis en termes financiers et de satisfaction des clients». Selon ses propos, il faut passer d’une démarche administrative statique à une phase plus dynamique, insistant sur le fait qu’il faut vaincre «la résistance aux changements». Concernant la numérisation, il dira que «ce n’est ni un choix ni un confort, mais une nécessité».