Le ministère de l’Industrie est sorti de son mutisme pour communiquer sur la première liste des agréments aux concessionnaires automobiles. Sur les des dix opérateurs dégagés pour cette première opération du genre par le Comité technique interministériel conjoint, chargé de suivre les dossiers déposés, quatre ont décroché le fameux agrément provisoire pour l’importation de véhicules neufs, indique un communiqué de la tutelle, rendu public lundi en fin de journée, après la signature des autorisations d’importation provisoire par le premier responsable du secteur, Ferhat Aït Ali.

Le comité a, par ailleurs, notifié des levées de réserves pour quatre autres concessionnaires, alors que les deux restants ont vu leurs dossiers rejetés, poursuit le communiqué, précisant que les opérateurs ayant reçu un avis défavorable peuvent introduire un recours auprès de la commission de recours dans les délais. Ces délais sont de 15 jours à partir de la date de notification de la décision, faut-il le préciser.
Le ministère n’en dit pas plus à propos de cette première liste d’agréments provisoires pour une activité qui tarde à démarrer, alors que son retour a été rendu possible par la loi de finances complémentaire depuis mai 2020.
Ni les noms des heureux élus ne sont cités ni les marques pour lesquelles ces derniers ont souscrit ni les noms de ceux qui doivent lever les réserves formulées dans leurs dossiers, ni encore ceux des opérateurs évincés. Pour ces détails, il faudra jouer à la devinette, d’autant que, de leur côté, des prétendants potentiels à l’importation de véhicules neufs n’ont absolument rien à envier au département de M. Aït Ali lorsqu’il s’agit d’entretenir le flou, de sorte à ne pas mettre en risque leurs projets.
Habitués à réagir à la moindre évolution du dossier automobile, certains parmi ces derniers se sont carrément terrés ces derniers mois, cédant les périmètres de la communication au seul ministre de l’Industrie ou, dans certaines configurations, à la fake news qui s’est occupée de balancer des noms de concessionnaires par-ci, de constructeurs par-là, sans cependant convaincre l’opinion publique.
En tous les cas, le ministère de tutelle précise qu’il n’est pas de son ressort de livrer les noms des concessionnaires retenus. Les notifications de décisions sont destinées «uniquement aux intéressés et ne sont pas portées à la connaissance du public», souligne-t-il, en faisant valoir «la loi prohibant la publication d’informations d’ordre professionnel privé, à toute autre partie que celles intéressées par la procédure».
D’où cette riposte contenue dans le même communiqué, à l’adresse des médias, leur recommandant «d’éviter toute surenchère et la publication de fausses informations ou de listes fictives qui visent l’orientation de l’opinion publique vers un dossier pris en charge, mais secondaire, au détriment de véritables priorités de l’économie nationale et de l’intérêt général».
A défaut de livrer les détails nécessaires sur les raisons qui ont provoqué tout ce retard dont pâtit le traitement du dossier automobile, en optant pour l’information claire, précise et utile pour la communication, le ministère préfère maintenir le flou en s’en prenant à des détracteurs sans les citer nommément. «Certaines parties, tant internes qu’externes, aux intérêts contraires à ceux de l’économie nationale, et contrariées dans leurs démarches passées et projections futures, alimentent une campagne tendancieuse à travers certains médias dans le but, vain, d’influer sur la démarche du ministère de l’Industrie dans le sens d’une démarche non conforme à la réglementation édictée par les pouvoirs publics à cet effet», écrit la même source.
«Cette démarche reposant sur la transparence, le droit et l’intérêt de l’économie nationale, est entièrement régie par les dispositions du décret 20-227 publié au Journal Officiel et accessible à toute personne désirant le consulter», lit-on encore sur le communiqué qui fait référence aux cahiers des charges relatifs à l’importation de véhicules neufs et à l’industrie mécanique, publiés sur le Journal Officiel le 19 août 2020.
Et d’ajouter que «nul ne saurait déroger à ces dispositions, sous aucun prétexte», celles-ci «ouvrant la voie à toute partie qui y souscrit d’exercer l’activité de concessionnaire, après passage de toutes les procédures claires et transparentes qu’elles édictent, tout en fermant cette même voie à toute surenchère, manœuvre ou pressions, y compris par le biais d’une campagne de désinformation».
Donnant à son communiqué la teneur d’un véritable réquisitoire contre les parties qu’il accuse de tenter d’entraver sa démarche, le département de Ferhat Aït Ali poursuit sur sa lancée et soutient que «les parties n’ayant pas déposé de dossier sur le portail prévu à cet effet et qui, néanmoins, s’acharnent par l’invective et la désinformation à semer le doute sur la démarche des pouvoirs publics et sur les textes régissant cette activité, en vue de les rendre plus conformes à leurs visées, doivent savoir qu’à l’avenir toute fausse information, distillée sciemment, fera l’objet de procédures, prévues par la loi à cet effet».