Le projet de la mise sous la houlette de la Direction des industries militaires (DIM) de la Société nationale des véhicules industriels (SNVI) est «sur la table» du Conseil des participations de l’Etat, a fait savoir jeudi le ministre de l’Industrie, Ferhat Aït Ali Braham. Lequel conseil est en train d’apporter les dernières retouches à ce dossier, a-t-il souligné, ajoutant qu’«il ne reste plus que la signature».

M. Aït Ali intervenait une nouvelle fois pour une autre séance de questions orales à l’Assemblée populaire nationale (APN), où certains députés ne le ménagent plus, ces dernières semaines, notamment concernant la suspension de la mesure autorisant l’importation de véhicules de moins de trois ans, alors qu’elle est passée par voie d’une loi de finances (2020) adoptée par la même chambre parlementaire ainsi que par le Sénat.
Quant au passage de la SNVI sous la coupe de la DIM, relevant du ministère de la Défense nationale, l’intervenant a estimé qu’il s’agira d’une opération gagnant-gagnant. En effet, c’est une démarche qui «profitera aux deux parties» et même à l’économie nationale, a-t-il noté, avant d’expliquer que «la SNVI bénéficiera d’un plan de charge et d’un plan stratégique et sera intégrée dans un plan industriel, à la fois, civil et militaire». Pour sa part, «le MDN ne sera pas obligé de consentir de gros investissements, profitant des équipements et autres infrastructures déjà existants au niveau de la SNVI pour laquelle l’Etat a investi près de 100 milliards de dinars, a ajouté M. Aït Ali.
Ainsi donc, après des tentatives de partenariat jamais achevées, à l’exemple de celui qui devait être noué durant la décennie 2010 avec le constructeur français et leader du marché du poids lourd en Algérie, Renault Trucks, les pouvoirs publics ont fini par jeter leur dévolu sur la Direction des industries militaires pour rendre la vie au complexe SNVI de Rouiba qui vit sous perfusion des aides financières renouvelées de l’Etat, sans pour autant garantir une sortie de crise définitive que vivent ses quelque 6 000 travailleurs depuis des années.
Cependant, l’intégration de complexe emblématique de l’industrie mécanique en Algérie dans le giron l’industrie militaire ne sera, en fait, qu’une nouvelle étape des liens qui unissent déjà les deux parties depuis l’entame du partenariat entre le MDN, le groupe émirati Aabar et le groupe allemand Mercedes-Benz et Daimler, et qui compte aussi la SNVI, dont une partie de la même usine de Rouiba a pu bénéficier d’un plan de modernisation et de l’extension de la plateforme de production de véhicules. Aujourd’hui, c’est l’ensemble des structures de complexe qui s’apprêtent à passer sous la direction de la DMI pour bénéficier d’un nouveau processus de management, en rupture avec la gestion qui a prévalu au niveau de cette entreprise depuis des décennies.

Un plan de relance pour Africaver
Répondant à une question de la députée indépendante Badra Ferkhi, concernant le plan de relance de la société Africaver (Jijel) et la prise en charge de la situation socioprofessionnelle de ses employées, le ministre a indiqué qu’une commission d’inspection avait été dépêchée par son département en 2020 avec pour mission d’établir un état des lieux en termes d’équipements et de ressources humaines, mais aussi de réaliser un audit financier de la société.
Il a ajouté qu’un rapport a été transmis à la tutelle qui a préconisé des solutions qui exigent, toutefois, l’implication d’autres intervenants, notamment les banques.
M. Aït Ali a affirmé que cette société bénéficiera d’un plan de relance qui demande, néanmoins, un financement qui ne peut être décidé que par le Conseil des participations de l’Etat (CPE) qui doit donner son feu vert aux banques pour débloquer les fonds nécessaires pour démarrer ce plan de relance.
Selon lui, ce projet ne pourra être concrétisé à court terme, estimant que cela devrait se faire au plus tard au cours du premier semestre 2022 et, en attendant, une gestion conjoncturelle des problèmes de cette société, notamment celui des salaires, sera assurée.
Le ministre a indiqué qu’Africaver peut continuer d’exister sans recourir à sa privatisation du fait qu’elle fabrique des produits dont le marché algérien a besoin avec la possibilité d’alimenter d’autres secteurs tels que l’industrie automobile ou encore certaines industries militaires.
Importation de véhicules : la liste des concessionnaires «bientôt» révélée
Loin de l’APN, le ministre de l’Industrie est revenu, encore une fois, sur la fameuse liste des opérateurs ayant bénéficié des agréments provisoires pour l’importation de véhicules neufs, mais dont les noms restent inconnus à ce jour. Ils seront, néanmoins, «bientôt» révélés à l’opinion publique, a indiqué M. Aït Ali dans un entretien accordé à la revue Indjazat.
Une information qui n’a rien d’un scoop, sachant que les sept opérateurs retenus par le Comité interministériel chargé d’étudier les dossiers pour l’activité de concessionnaires ont déjà déposé leur demande pour un agrément définitif et l’autorisation d’importer, et que la réponse à une demande de ce genre ne dépasse pas un mois.
A propos de la polémique née récemment autour de la délivrance des agréments provisoires, le ministre a affirmé que les décisions du comité étaient «souveraines» et que les autorités supérieures étaient «mises au courant». Faut-il rappeler que cette polémique avait poussé, il y a quelques jours, le Premier ministre Abdelaziz Djerad à intervenir en réunion du gouvernement pour instruire Ferhat Aït Ali «d’accélérer le rythme de traitement des dossiers introduits au niveau du Comité technique placé auprès de son secteur et de veiller à l’exigence de transparence dans ce domaine».
Une instruction qui laisse explicitement transparaître un mécontentement, voire un sentiment d’exaspération, chez le chef de l’Exécutif à l’égard de la démarche adoptée par le premier responsable du secteur.