Première du genre pour le Festival international du film d’Alger (Fica), qui se prolonge jusqu’au 8 décembre à la salle El-Mouggar – ainsi qu’à la Cinémathèque d’Alger – la programmation depuis hier d’une sélection de sept courts métrages documentaires et courts métrages de fiction.

En effet, nouvelle rubrique intitulée «Fenêtre sur courts» ; trois premières œuvres ont mis en avant la question sahraouie, avec les films «Salmeen, Brothers in art» de Rabah Slimani et «3 Stolen cameras» du collectif réunissant Equipe Médias (Shara Occidental) et RaFILM (Suède) ; mais aussi le parcours d’une migrante somalienne suivie par la réalisatrice espagnole Paula Palacios dans «La promesse qu’Halimo ne pourra pas tenir». Ils ont été diffusés hier en présence d’un public relativement important pour une programmation en matinée. Revenant sur cette première initiative intitulée «Fenêtre sur courts», Zehira Yahi, commissaire du festival, nous a précisé hier qu’il s’agissait d’une demande des artistes et réalisateurs eux-mêmes : «Après avoir reçu un certain nombre de courts métrages que nous avons visionnés, nous avons pensé qu’il aurait été injuste de les exclure (…) C’est comme cela que la décision a été prise de tenter l’expérience cette année». Les organisateurs envisagent par ailleurs, pour les prochaines éditions, la création d’un nouveau concours «courts métrages» en plus des catégories fiction et documentaire : «La grille des programmes était déjà pleine, c’est pour cela que les courts métrages sont programmés le matin en hors compétition. Dans un premier temps, nous allons voir la réaction du public (…) mais l’objectif est d’organiser, l’année prochaine, une compétition court métrage. Ce sont réellement des films à part entière, on y retrouve les critères esthétiques et techniques, mais aussi l’engagement dans le traitement des sujets », affirme-t-elle. Le premier court métrage intitulé «Salmeen, Brothers in art» du réalisateur algérien Rabah Slimani aborde le parcours du chanteur de Rap sahraoui ‘’Yeslem’’, un artiste né en 1987 dans les camps de réfugiés avant d’être éduqué en Espagne par plusieurs familles d’accueil. Le chanteur est aujourd’hui très engagé pour la cause sahraouie : «Je veux que le monde écoute ma musique, que l’on comprenne les conditions de vie dans les camps», dit-il. Pour sa part, «3 stolen cameras» met en avant des images tournées depuis 2009 par le collectif sahraoui Equipe Médias – et réalisé grâce au soutien de l’ONG suédoise RaFILM. Son but est ainsi d’alerter le monde sur la répression des manifestations et atteintes aux droits de l’homme dans les territoires occupés sahraouis, nous précisera l’un des membres du collectif sahraoui Mamine Hachimi. De son côté, Mme Yahi ajoute à propos du film : «Nous avons estimé qu’il était nécessaire de montrer ce court métrage (…) il a une importance particulière, étant donné qu’il y a très peu d’images qui sortent des territoires occupés. Nous avons estimé qu’il était important de le diffuser et de débattre du sujet». Le dernier film diffusé hier, «La promesse que Halimo ne pourra pas tenir», de la réalisatrice espagnole Paula Palacios, aborde le parcours d’une jeune mère somalienne sur le chemin de la migration vers l’Europe.