La haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini, est attendue aujourd’hui à Alger. La visite d’aujourd’hui de la diplomate européenne est la troisième visite officielle après celles de septembre 2015 et d’avril 2017.

Mogherini participera à la 2e session de dialogue de haut niveau entre l’UE et l’Algérie sur la sécurité régionale et la lutte contre le terrorisme qui se tiendra aujourd’hui à Alger.
Cette 2e session revêt une signification bien particulière, puisqu’elle intervient à un moment où les nations d’Europe comme celles de l’Afrique du Nord et du Sahel doivent relever d’énormes défis liés à des contextes mouvants et changeants sur les scènes continentale et mondiale. Bruxelles et Alger ont toujours estimé que le dialogue et la concertation restent le meilleur moyen de rapprocher les positions et points de vue et de les centrer sur les fondamentaux de relation globale, dans l’intérêt mutuel et l’équilibre des intérêts et de faire face aux défis communs de sécurité et de développement qui se posent. Cette approche est valable aussi pour les questions commerciales ainsi que pour les préoccupations soulevées, ces dernières années, par l’UE concernant ses parts de marché en Algérie suite aux mesures de rationalisation des importations prises par le gouvernement algérien dans un contexte bien particulier. Comme elle l’a toujours démontré, l’Algérie est prête à aider et à partager avec l’Union son expérience dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent. La première session du dialogue de haut niveau sur la sécurité régionale et la lutte contre le terrorisme s’était poursuivie au niveau des hauts fonctionnaires qui ont exploré les opportunités visant à développer la coopération entre les deux parties en vue d’unir leurs forces pour lutter contre le terrorisme et appuyer les efforts de l’Algérie en matière de stabilisation régionale. Aujourd’hui, l’Algérie jouit d’une expérience mondialement reconnue en matière de lutte contre le terrorisme et pourrait apporter à l’UE une expertise avérée en la matière. Elle accomplit un travail considérable pour sécuriser ses frontières et joue un rôle de premier plan dans la stabilisation de la région. Par ailleurs, un appui de l’UE aux efforts de l’Algérie ne pourra qu’être bénéfique pour tout le monde. Depuis plusieurs années, l’Algérie apporte une contribution importante dans la lutte contre le terrorisme et à l’instauration de la paix, de la stabilité et de la sécurité de la région, notamment au Sahel, à travers la sécurisation de ses frontières et en s’appuyant sur sa diplomatie engagée en tant que pays voisin, dans la conduite d’une médiation internationale au Mali, et en soutenant solidement l’accord de paix et de réconciliation nationale. Et à cela, s’ajoute son appui aux efforts visant à stabiliser la Libye. La démarche est très intéressante. Et de hauts responsables européens en conviennent et sont reconnaissants à l’Algérie de ses efforts.
Accord d’association…
Le président du Parlement européen, Antonio Tajani, a salué d’ailleurs les efforts déployés par l’Algérie pour promouvoir la stabilité régionale, exprimant sa satisfaction du rôle important que joue le pays dans la stabilisation de la Libye et dans la lutte contre le terrorisme. «Nous sommes très satisfaits du travail que l’Algérie accomplit pour la stabilisation de la rive sud de la Méditerranée», avait-il déclaré en octobre 2017, à l’issue d’une rencontre avec le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel qui effectuait une visite de deux jours aux institutions européennes à Bruxelles. La visite de Mogherini à Alger sera, par ailleurs, l’occasion pour les deux parties d’examiner l’état et les perspectives de leurs relations bilatérales denses et globales régies par l’Accord d’association en vue de les renforcer davantage dans l’intérêt mutuel face aux défis communs de sécurité et de développement dans la région.
Dans une déclaration conjointe publiée à l’issue de la 11e session de leur Conseil d’association tenu en mai dernier à Bruxelles, l’Algérie et l’UE se sont engagées à renforcer leur coopération en matière de diversification de l’économie algérienne, dans un contexte particulier induit par la chute des prix des hydrocarbures depuis 2014. Les deux parties se sont félicitées à cet égard de l’adoption du cadre unique d’appui, qui définit les priorités de la coopération technique et financière bilatérale pour la période 2018-2020 et où le soutien à la diversification économique figure en première place. L’Algérie et l’UE ont réaffirmé également leur volonté à ce que toutes mesures relatives à leurs échanges commerciaux soient prises dans le respect de l’accord d’association, soulignant que cet accord intègre des mécanismes permettant de tenir compte des difficultés économiques rencontrées par l’une ou l’autre partie. Il est envisagé que les discussions bilatérales engagées à cet effet pourront être finalisées dans les meilleurs délais et, si possible, avant la fin de l’année. Le partenariat multiforme entre l’UE et l’Algérie couvre également de nombreux autres domaines, en témoigne, l’adhésion de l’Algérie au Partenariat sur la recherche et l’innovation dans la région méditerranéenne (Prima) et le lancement de la coopération dans le domaine de la Protection civile et la gestion des risques majeurs. L’UE et l’Algérie ont affirmé, par ailleurs, leur volonté de dynamiser leur dialogue de haut niveau en matière énergétique, afin de renforcer la sécurité énergétique, consolider leurs échanges et promouvoir l’utilisation des énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. L’Algérie et l’UE ont décidé, en outre, de créer une Commission parlementaire mixte, dont la première réunion est prévue durant le deuxième semestre 2018. Les deux parties ont convenu aussi d’œuvrer ensemble en vue du règlement des conflits et des crises dans la région, qui sont parfois la source des phénomènes de migration irrégulière, s’engageant à renforcer leur dialogue sur la question des flux migratoires pour tirer tout le profit des voies légales de mobilité, dans le cadre d’une approche globale et d’un agenda positif pour les deux parties.n