Selon le vice-président de la Fédération nationale des éleveurs d’ovins Belkacem Mezrour, 99% des éleveurs ont malgré la crise et les restrictions écoulé la totalité de leur cheptel destiné à la vente à l’occasion de l’Aïd El Adha.

«Par contre, du côté des intermédiaires, nombreux sont ceux qui se sont retrouvés avec des méventes et, le cas échéant, les obligeant à tenter de les faire écouler auprès des maquignons-bouchers moyennant de faibles marges bénéficiaires», précise à Reporters le vice-président. A propos des prix pratiqués cette année, notre locuteur les considère tout à fait abordables par les citoyens. Et de nous témoigner dans la foulée que pour cette année, la grande majorité des éleveurs se sont contentés d’une faible marge bénéficiaire en raison de la conjoncture particulière, préférant écouler leurs béliers au lieu de les réintégrer dans leur cheptel. Toujours à propos des prix, il révèle que ce sont surtout les béliers proposés dans la tranche des 35 000 et 45 000 qui ont été le plus vendus. Interprétant cette tendance «par l’effet du pouvoir d’achat en baisse chez des centaines de nos concitoyens». Ajoutant sur ce dernier point, sur la base d’une première estimation, «près de 40 % des ménages n’ont pas acheté de mouton. Parmi ces derniers nombreux sont ceux qui ont décidé de remettre l’argent destiné au mouton aux pauvres de leur entourage. D’autres se sont abstenus par mesure préventive contre le coronavirus et à plus forte raison depuis que la circulation du virus s’est accentuée à la veille de la fête religieuse». Comme notre vis-à-vis a tenu à nous faire savoir que l’ensemble des éleveurs d’ovins se disent satisfaits de leur opération de vente. «Dans note profession, on appréhendait beaucoup que cette opération tourne à de très maigres niveaux de vente, d’une part, par les mesures prises par les autorités locales de fermer les marchés à bestiaux et, d’autre part, d’interdire toute circulation du bétail de et vers les points de vente. Des mesures synonymes de faible vente», nous a-t-il avoué. Et de poursuivre dans ce sens : «Heureusement que cette crainte s’est dissipée à mesure que l’Aïd approchait.» Non sans nous souligner que pour les éleveurs, l’Aïd El Adha représente une opportunité de vente à ne pas manquer. «C’est une occasion annuelle de nous faire quelques bénéfices et échapper ainsi au diktat des chevillards qui, à longueur d’année, nous imposent leurs prix», peste Belkacem Mezrour. Ce dernier ajoute : «L’argent issu des ventes de l’Aïd El Adha servent essentiellement à maintenir notre équilibre financier dans notre activité et aussi de nous mettre à l’abri des impondérables. D’autant plus que, parfois, nous traversons des périodes de faible demande sur le marché.» Et sur ce dernier point, le vice-président nous a rappelé enfin que le cheptel ovin s‘élève à 28 millions de têtes pour une production de viande rouge ovine qui avoisine les cinq millions de quintaux. <