Selon les estimations du président de la Fédération algérienne des consommateurs (FAC), Zaki Hariz, le pouvoir d’achat des Algériens a décliné de 40 % ces deux dernières années. Il s’inquiète d’ailleurs que cette tendance à la baisse va se poursuivre, ce qui, pour lui, mettrait à très rude épreuve tous les foyers à faible revenu.

Par Bouzid Chalabi
A propos de cette situation, Zaki Hariz, qui était hier l’invité du Forum d’El Moudjahid, en compagnie du vice-président de la FAC, Ahmed Azzizi, a avancé que des solutions existent «en mettant en priorité celles durables, car il s’agit d’éviter le bricolage, c’est-à-dire prendre des décisions administratives en totale contradiction avec la réalité du terrain et de surcroît éphémères». Toujours dans ce même ordre d’idées, le président de la FAC reste convaincu que «l’amélioration du pouvoir d’achat des citoyens passe par la stabilité du marché de la consommation dans son très large éventail». Et dans cette perspective, il a évoqué le rôle que peuvent jouer les hypermarchés, c’est-à-dire la très grande distribution, «qui fait grandement défaut dans notre pays», a-t-il déploré. Expliquant dans la foulée : «Il est démontré que ces derniers sont un moyen efficace d’atténuer la pression sur des produits de très large consommation et de freiner la cherté des prix sur tous les produits dans leur très large gamme, c’est-à-dire les produits alimentaires, l’habillement, les articles domestiques, etc.»
Toujours dans ce même registre, il a tenu à rappeler que «nous importons près de 60% de ce que nous consommons. Quand on sait que le dinar a décliné d’au moins 40% et que le coût du fret a également explosé, passant de 2 000 à 25 000 DA par conteneur ramené, il fallait donc s’attendre à ce que les prix grimpent». Sur ce dernier point, il estime que «les cours mondiaux des matières premières agricoles vont continuer de croître d’où l’importance d’augmenter le taux de couverture du marché en produits nationaux, tout au moins à hauteur de 60% à l’effet d’éviter l’importation et ses répercussions sur la hausse des prix au niveau local». Autre volet soulevé par Zaki Hariz celui ayant trait à la position dominante de certains producteurs, «un constat auquel il faudra mettre fin si l’on veut préserver le pouvoir d’achat des citoyens», a-t-il préconisé. Ajoutant dans ce sens : «Il s’agira donc d’encourager la concurrence loyale entre producteurs et ainsi freiner la hausse des prix.»
De son côté, le vice-président s’est beaucoup plus focalisé, dans son intervention, sur l’enjeu de la sécurité alimentaire et hydrique du pays «compte tenu de la poussée démographique et de la rareté des épisodes pluviométriques envisagées par les experts dans le domaine», a-t-il argué.
Sur le premier volet, Ahmed Azzizi insiste sur l’intérêt que «les denrées alimentaires soient disponibles de façon permanente, une offre abondante et des prix accessibles pour les consommateurs, en clair, à hauteur de leur pouvoir d’achat». Concernant les ressources hydriques, une «problématique qui se pose avec acuité au vu du déficit hydrique actuel et à venir», a-t-il souligné. Il s’agira donc, d’après ce dernier, «d’assurer au moins des volumes confortables à l’alimentation en eau potable des populations et de répondre aux besoins d’irrigation du secteur agricole». Azzizi a enfin soulevé l’intérêt de revoir notre mode de consommation. S’appuyant surtout sur le fait que la malbouffe est à l’origine de nombreuses maladies graves, à l’image, selon les spécialistes de la santé, du diabète, du cancer, de l’obésité et de l’hypertension. Abordant enfin les dernières pénuries des denrées alimentaires, de ces derniers mois, il a avancé : «C’est l’une des conséquences de l’absence de planification sur l’offre et la demande et, également, une carence de l’outil statistique.»
Abondant dans ce sens, le président de la FAC a appelé les pouvoirs publics à la mise en place d’une stratégie reposant sur la planification et la prospective sur la consommation, l’importation et l’exportation «en vue d’identifier les besoins nationaux et d’assurer la régulation du marché et la stabilité des prix», a-t-il conclu. n