Par Yazid Miloudi
Les prix du baril de pétrole ont enregistré hier une baisse qui inquiète au plus haut point les marchés. Même si elle reste minime, la tendance risque de s’accentuer au fil des jours et des semaines. Les raisons invoquées sont essentiellement deux. La première, et qui est la plus fréquente dans les débats autour du sujet, reste le retour en force de la Covid-19 dans plusieurs régions du monde. La nouvelle vague de la pandémie annoncée et qui, dans certaines régions, est déjà « en place », est en train d’anéantir tous les espoirs sur une redynamisation de l’économie mondiale. Revivre le naufrage de l’année dernière est donc la hantise des marchés financiers. La propagation de la pandémie ne pourra que bloquer tous les investisseurs. Néanmoins, la Covid-19, avec ses variants, ne peut pas expliquer à elle seule la baisse des prix du baril de pétrole. Il y a un paramètre qui est entré en jeu. Celui là provient des Etats-Unis. La rumeur, de plus en plus incessante, d’un probable recours par les Américains aux réserves stratégiques de pétrole a mis en alerte toutes les places boursières. L’objectif des Etats-Unis, par cette éventuelle décision, étant de faire baisser les cours du brut, est loin d’être rassurant pour la suite. L’arme brandie par l’administration Biden comme une réponse à l’intransigeance de l’Opep de ne pas augmenter sa production de pétrole, pourrait chambouler tout. Le risque est d’autant grand que les marchés financiers n’ont même pas eu le temps de se relever des désastres causés par la Covid-19. Ainsi, au lieu des grands projets remis en selle depuis quelques mois en prévision d’un retour à la normale de l’économie mondiale, il est question maintenant d’un retour en arrière, et cette fois les conséquences peuvent être des plus néfastes. L’impact des dysfonctionnements de 2020 pourrait être bien maigre devant ce qui va advenir. Et cette fois, le post-Covid-19 sera sans aucun doute des plus sombres.
Premier producteur et consommateur mondial de pétrole, les Etats-Unis veulent montrer ainsi à tout le monde sa puissance. Toutefois, ce sera loin d’être aussi facile qu’ils ne le pensent. Le monde a profondément muté ces dernières années, et les « remous » suscités par la pandémie début 2020 ont vu naître de nouveaux paramètres dont l’effet reste encore méconnu.