Lors d’une conférence de presse organisée hier, le président du Barça a tenu à mettre les points sur les i. Ces derniers jours, Joan Laporta est régulièrement au cœur de l’actualité médiatique en Espagne. Le président du FC Barcelone rend régulièrement des comptes dans les médias, et après avoir été attaqué par l’ancien président Josep Maria Bartomeu en fin de saison dernière, il avait à cœur de répondre. Il a d’ailleurs commencé en réglant ses comptes avec l’ancien patron de l’écurie catalane en dressant un portrait terrible de la situation financière dans laquelle est plongé le club. « Je veux mettre en contexte la situation financière que nous avons trouvé au club. Rien qu’en arrivant, on a dû demander un crédit de 80 millions d’euros à Goldman Sachs pour pouvoir payer les salaires. On a aussi découvert qu’il fallait des travaux urgents pour réparer le Camp Nou, dans un rapport de 2019 qui indiquait que s’il n’y avait pas de réparations il y avait des risques pour le public. On a dû travailler et débourser 1,8 millions d’euros. On a aussi vu que 50% des droits TV de la Liga, 79 millions d’euros, ont été touchés en avance, comme 50% de l’argent généré par les ventes. L’ancienne direction est ainsi allée voir les banques pour que l’argent soit avancé, avec un intérêt de 9%. La politique sportive était aussi mauvaise, avec une pyramide inversée : les joueurs vétérans avaient des contrats longs, et les plus jeunes des contrats courts. C’est difficile de renégocier », a d’abord lancé Laporta.

Laporta balance
« Des versements disproportionnés ont été faits à des intermédiaires, même pas des agents. Un transfert a coûté 40 millions, et pour une prime d’achat on a payé 8 millions d’euros, et à la vente 2 millions de plus. Une personne était payée 8 millions d’euros pour trouver des joueurs en Amérique du Sud », a-t-il lancé afin de montrer comment gérait le club l’ancienne direction. Il a ensuite enchaîné sur la situation actuelle : « on a perdu 481 millions d’euros cette année. On a dépensé 1136 millions pour 655 de revenus. L’impact du covid est de 91 millions d’euros. Notre masse salariale représente 103% des intérêts. Ce sont 617 millions d’euros, soit 25 à 30% de plus que nos rivaux. La situation financière est dramatique. Au 21 mars, la dette était de 1350 millions d’euros ».
« Depuis que Neymar a été vendu pour 222 millions d’euros, l’argent a été dépensé de façon disproportionnée et à une vitesse énorme. Les salaires ont explosé. Et maintenant, nous en sommes là. La preuve, même sportivement ça n’a pas fonctionné. […] Le cas de Messi, c’est triste mais nécessaire car l’institution est au-dessus de tout », a-t-il expliqué, avant de revenir sur les négociations pour des baisses de salaire dans l’effectif : « nous sommes satisfaits. Il y a des joueurs qui ne sont pas que des joueurs, c’est le cas de Piqué, qui aime le Barça par dessus tout.
Il a vu notre situation et a fait un acte élogieux, que tout le monde ne fait pas, en baissant son salaire pour aider à inscrire des joueurs. On espère que les autres capitaines le suivront. Les négociations avancent bien et les joueurs sont extraordinaires. Jordi Alba comme Busquets et Sergi Roberto se portent très bien et on trouvera un accord. […] J’espère que dans deux ans la situation sera meilleure ». Autant dire qu’il faut encore s’attendre à plusieurs années d’austérité à Barcelone… n