Dans son second roman intitulé «Fayla», le jeune auteur Abdelmoaiz Farhi explore l’univers du roman de l’épouvante, un genre peu commun dans la littérature algérienne, témoin d’un imaginaire fécond et prometteur. Paru récemment aux éditions Casbah, «Fayla relate en 157 pages l’histoire de plusieurs lycéens souffrant d’un stress insoutenable en période de préparation du baccalauréat et qui sont témoin de phénomènes surnaturels et violents, qu’ils sont les seuls à voir, oeuvre d’une créature qui revient d’outre-tombe pour se venger de la descendance de ceux qui lui ont fait du mal. L’auteur plante la trame de son roman à travers de très courts portraits des différents personnages, des lycéens profitant de la dernière semaine des vacances d’été et se préparant à reprendre le chemin de l’école pour décrocher son billet d’entrée à l’université ou améliorer sa moyenne de l’année dernière. Durant ces préparatifs quelques adolescents sont témoins de phénomènes surnaturels et d’agression d’une violence insoutenable qui ont pour point commun ce prénom «Fayla» qui se fait entendre ou lire à chaque fois. Les personnages de ce roman se retrouvent tous à Constantine, dans la même classe de cours particuliers du professeur Lyamine qui est aussi témoin, avec son épouse, d’étranges événements. Ce récit remonte le temps pour relater l’histoire de Fayla, jeune femme qui a quitté un mari violent et ouvertement infidèle en abandonnant son enfant, pour refaire sa vie dans la maison familiale après la disparition de son père. Après un deuxième mariage, un autre enfant, Elle se retrouve encore vivant seule dans la maison de son père où elle sera retrouvée morte, assassinée par des voisins qui ont voulu la faire taire à tout jamais pour garder secrète une relation amoureuse compliquée. Des décennies plus tard Fayla revient se venger de ceux qui lui ont fait du mal et de leur descendance. L’ouvrage restitue, en plus de cette histoire d’épouvante, le quotidien de lycéens épuisés par d’interminables heures de cours et une trop grande pression de leurs proches exigeant d’excellents résultats. Il dénonce également le volume de cours intenable cumulant le lycée et les cours particuliers, devenus comme une obligation supplémentaire imposée aux élèves. Né à Annaba en 2001, Abdelmoaiz Farhi est un jeune auteur algérien passionné de littérature qui a signé son premier roman «A 19 heures mon amour» en 2018 à l’âge de 17 ans. n