Le Directeur général de l’Institut Pasteur Fawzi Derrar a indiqué, hier, que les discussions avec des laboratoires chinois et russes sont menées dans le cadre des orientations du président de la République pour l’acquisition du vaccin contre la Covid-19 dès son homologation. Il rappelle que «la vaccination est l’outil préventif par excellence pratiqué depuis des lustres». Ajoutant toutefois que «cette vaccination trouve son indication pour le coronavirus, mais la vigilance reste de mise jusqu’à son homologation par l’Organisation mondiale de la santé (OMS)».
Concernant l’acquisition de ces types de vaccins, le directeur général de l’institut Pasteur annonce que son institut a organisé, hier après-midi, des discussions avec des collègues russes pour «obtenir auprès d’eux les données optimales sur le vaccin mis au point dans leur pays, particulièrement en ce qui concerne son efficacité au plan immunitaire, mais également, sur ses éventuels effets indésirables, rares ou tardifs».
Intervenant, dans l’émission «l’Invité de la Rédaction» de la Chaîne III de la Radio nationale, le Docteur Derrar a expliqué qu’à l’heure actuelle, l’Algérie suit de près l’évolution des différentes phases de la fabrication de ce vaccin. Il souligne à ce sujet que le vaccin est en train de suivre des procédures rigoureuses pour son homologation et que la plupart des laboratoires sont, actuellement, dans une phase avancée et plus précisément en phase 3. Cette dernière consiste à étudier les possibles effets indésirables du vaccin, une étape importante à franchir avant sa mise sur le marché.
Le Directeur général de l’institut Pasteur explique à propos des différentes étapes avant la mise sur le marché d’un vaccin, pour qu’il soit accessible à la population, qu’il y a trois phases cliniques dans l’élaboration du vaccin, avant son homologation. Les deux premières sont destinées à sécuriser les données du vaccin et de mesurer ses capacités à avoir une réponse immunitaire correcte et durable. Il affirme que ces deux premières phases ont été dépassées par la plupart des industriels du secteur. En enchaînant qu’«aujourd’hui, la phase 3 consiste à étendre les tests de vaccin à un plus large nombre de personnes avec une moyenne de 10 000 personnes testées. Cette phase 3 consiste à vérifier l’efficacité du vaccin à plus large échelle d’échantillonnage et surtout à observer les effets indésirables». Il souligne à ce sujet que «la surveillance de ces effets indésirables est une phase cruciale pour l’homologation d’un vaccin».
Le docteur Derrar ajoute que même après la phase 3, il y a un risque d’effets indésirables tardifs qui peuvent ne pas apparaître en phase 3. Il met ainsi en exergue l’importance de suivre scrupuleusement le respect de ses différentes étapes et le temps que cela prendra en soulignant qu’«il est important de laisser les experts de vaccination finaliser ses processus d’homologation pour pouvoir parler d’un vaccin efficace».
Vigilance et respect des gestes barrières
Dans ce contexte, et en attendant la mise sur le marché du vaccin, le virus de la Covid-19 continue de circuler et de ce fait la vigilance est de mise, d’autant que l’on est aux portes de la rentrée sociale. Le Directeur général de l’Institut Pasteur précise à ce sujet que «pour le moment, le respect des gestes barrières est extrêmement important. Le port du masque, la distanciation physique et le lavage fréquent des mains sont des gestes cruciaux à l’heure actuelle». Il insiste sur le fait que pour le moment seuls ces gestes de protection sont aptes à freiner la circulation du virus, en limitant la naissance de foyers de contamination. Réitérant dans ce sillage qu’«il est important de se focaliser sur le respect des gestes barrières pour éviter l’apparition de cluster par négligence».
Par ailleurs, le Docteur Derrar reconnaît que ce mois d’août a été marqué dernièrement par des tendances baissières des courbes de contamination au coronavirus en Algérie, notamment, au niveau des services de réanimation des hôpitaux. Ce qui, en soi, est «rassurant sur le fait que l’on se dirige vers une amélioration de la situation». Mais, en tant qu’expert, il insiste sur l’importance de maintenir la vigilance qui «doit continuer à être de mise, car le moindre relâchement peut coûter très cher». Il appuie ces propos en citant en exemple les hausses de contamination constatées, récemment, dans certains pays dans le monde, notamment en Europe, «en raison d’une baisse de vigilance».
Sur un autre volet, abordant la question de capacités nationales de dépistage de la Covid-19, le Directeur général de l’institut Pasteur déclare que «l’institut à lui seul réalise plus de 1 000 tests par jour sur les quelque 2 900 à l’échelle nationale». Il ajoute que l’institut assure également des stages pour la formation au dépistage au profit des laboratoires des hôpitaux des différentes wilayas. Il annonce également l’assemblage en cours d’un laboratoire mobile pouvant être déplacé partout dans le pays, afin de procéder à des dépistages de malades du coronavirus ou bien d’autres pathologies en cas d’apparition de foyers de contamination. n