Au moment où l’Algérie est en plein cœur de la 2e vague de la pandémie de la Covid-19,
qui se maintient au-dessus de la barre des 1 000 cas par jour et un nombre de décès battant également des records, la 3e vague de la pandémie touche actuellement les Etats-Unis.

Il y a quelques jours, David Navarro, envoyé spécial de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a aussi prévenu les pays européens des risques d’une 3e vague dès le début de l’année 2021 s’ils ne tirent pas les leçons de la 2e vague, ceci en renforçant notamment les infrastructures nécessaires pour affronter la pandémie et briser les chaînes de transmission de la Covid-19.
Inévitable mais prévisible, cette 3e vague risque ainsi d’être encore plus virulente, à l’instar de ce qui s’est passé aux Etats-Unis qui a enregistré, mercredi dernier, un taux record de décès en 24 heures enregistré depuis six mois, soit 2 400 en 24 heures, selon l’université Johns-Hopskins.
Concernant la situation épidémiologique en Algérie, le Dr Fawzi Derrar, Directeur général de l’institut Pasteur d’Alger et virologue, a déclaré, hier, que «la 3e vague du coronavirus dépendra du comportement de chacun dans les respects des gestes préventifs».
S’exprimant dans l’émission «Stéthoscope», de la Chaîne III de la Radio nationale, il explique à ce sujet que «ce qu’il faut savoir c’est que la dynamique du virus dit que l’on se dirige vers la 3e vague pour la simple raison que l’on entre dans une saison à multiples virus respiratoires». Enchaînant : «Ce qui va être déterminant, c’est le ressenti de la population. Vous allez avoir sûrement un nombre plus important de virus qui vont circuler et de ce fait un nombre plus important de malades qui vont aller vers l’hôpital et seront assimilés à une 3e vague».
Le virologue insiste ainsi sur le fait que «le meilleur moyen de casser cet afflux massif de malades, c’est d’observer les mesures barrières de manière stricte».
Abordant la situation actuelle de l’Algérie en pleine 2e vague, le Directeur général de l’Institut Pasteur souligne que même si cette deuxième vague était attendue, suite au déconfinement et à la reprise des activités sociales, conjugués aux conditions climatiques, ce qui est surprenant, c’est «la rapidité de la circulation virale. On avait déjà remarqué à la fin du mois octobre qu’il y a eu un doublement des cas en quinze jours et cela a continué. Vous avez cette fameuse courbe en cloche qui monte pour atteindre un pic avant de redescendre».
Il précise ainsi qu’ «une deuxième vague, c’est l’augmentation rapide du taux d’incidence avec l’augmentation du taux de positivité, c’est-à-dire avec l’augmentation de patients confirmés sur le nombre total de patients qui ont été contaminés, c’est ce qui définit la courbe qui a l’allure d’une vague».
Toutefois, constatée aujourd’hui, cette courbe met du temps à redescendre, ce qui implique, selon le Dr Fawzi Derrar, qu’«il y a un problème dans les mesures préventives que l’on répète à chaque fois et cela implique qu’il va falloir respecter les mesures barrières afin de faire redescendre rapidement cette courbe».
Le constat est qu’actuellement les malades Covid développent des formes plus graves qui touchent toutes les tranches de la société, notamment chez les moins de cinquante ans, qui sont les personnes les plus actives dans la société et qui impliquent une plus grande circulation du virus.
Même si aujourd’hui dans le contexte de la course au vaccin anti-Covid, l’Algérie œuvre à se placer en pole position, la réalité est qu’il faudra cohabiter encore plusieurs mois avec le coronavirus en restant très vigilant dans le respect strict des mesures barrières afin de juguler les graves conséquences de sa forte propagation.
Au sujet de l’action salvatrice du vaccin anti-Covid, seule solution thérapeutique pour lutter efficacement contre la pandémie, le Directeur général de l’Institut Pasteur d’Alger estime que ce qui est important, c’est que même dans les pays les avancés, où on annonce le début de la vaccination à la fin du mois de décembre et début du mois de janvier, cela va débuter par «des petites campagnes de vaccination qui ne casseront pas l’épidémie. Ce qui fait qu’elle va continuer à sévir durant le premier semestre de l’année 2021», rappelant encore une fois que «c’est très important que l’on ne détourne pas l’attention sur le respect des mesures préventives et l’application du protocole sanitaire».
Dès lors, la réalité, aujourd’hui, est qu’à court terme, le vaccin anti-Covid ne solutionnera pas à lui seul la pandémie. Aujourd’hui, de plus en plus de voix s’élèvent pour être prêt sur le terrain afin de faire face à cette 3e vague avec, d’une part, l’application stricte du protocole sanitaire et, d’autre part, une préparation anticipative des structures de santé afin que le nombre de malades ne dépasse pas la disponibilité des lits dans les hôpitaux.
A ce sujet, le Dr Fawzi Derrar répète encore une fois qu’«il faut absolument veiller à l’application stricte du protocole et aller vers des sanctions sévères s’il le faut, parce que c’est la vie d’autrui qui en dépend».
Concluant son intervention sur une note optimiste, il souligne que «l’année 2021 marquera la sortie du tunnel avec la disponibilité du vaccin», toutefois, il demeure réaliste en soulignant que «d’ici là, nous compterons encore des décès et des infections sévères. En attendant, laissons les choses avancer en matière de vaccination et occupons-nous du respect rigoureux des mesures barrières qui sont le seul moyen de combattre le coronavirus». n