En plus des deux cas du variant britannique de la Covid-19, annoncés officiellement, jeudi dernier, cinq autres cas suspects du variant britannique du coronavirus détectés en Algérie sont actuellement placés sous surveillance médicale, en attendant les résultats des tests, a annoncé, hier, le Directeur général de l’Institut Pasteur, Fawzi Derrar.

Il a précisé à ce sujet que «nous avons, au cours de la semaine, mis sous surveillance cinq cas suspects. Les analyses sont en cours et les résultats devront être connus dans trois à quatre jours». Soulignant que, contrairement au test PCR qui peut être réalisé en quelques heures, les tests de séquençage prennent en moyenne trois à quatre jours pour avoir la séquence ADN du virus.
Abordant les deux cas du variant britannique en Algérie, détectés le 19 février dernier, le Directeur général de l’IPA indique que ces deux cas de variant britannique du coronavirus ont été détectés chez un membre du personnel de santé de l’EHS de psychiatrie de Chéraga, qui est actuellement placé en isolement, et chez un immigré venu de France pour assister à l’enterrement de son père».
Fawzi Derrar, qui intervenait dans l’émission matinale d’Echourouk TV, a précisé que l’un des deux patients contaminés par le variant britannique de la Covid-19 s’est rétabli, tandis que l’autre patient fait l’objet d’un suivi «précis et continu». Il ajoute que des analyses antérieures avaient été effectuées sur des échantillons suspects de l’hôpital Beni Messous et de l’hôpital Zmirli, et que leurs résultats étaient négatifs en ce qui concerne les quatre nouvelles souches apparues en Grande-Bretagne, en Afrique du Sud, au Brésil et au Japon.
Concernant la propagation de cette variante, Fawzi Derrar a confié qu’il y a de fortes probabilités que d’autres cas soient détectés en estimant que «nous nous attendons à d’autres cas. Le variant britannique est 50 à 60% plus contagieux comparé au virus classique». Il a rappelé à ce sujet que «ce variant britannique, apparu l’automne dernier, s’est déjà propagé dans 86 pays dont les pays voisins de l’Algérie». Il souligne que des données récentes montrent que la variante britannique deviendra le virus dominant dans les mois à venir.

Enquête épidémiologique lancée
Afin d’endiguer rapidement les risques de la propagation de ce variant, qui est 5 à 6 fois plus contagieux que le virus classique de la Covid-19, Fawzi Derrar affirme que des mesures ont été prises au niveau du ministère de la Santé pour lancer une enquête épidémiologique afin de retrouver et tester les personnes qui étaient en contact avec les deux personnes positives au variant.
Le Directeur général de l’IPA a, également, affirmé qu’au niveau de l’Institut Pasteur, «on travaille actuellement pour détecter les variants sur les tests de PCR positifs, car l’objectif primordial est d’empêcher la propagation du variant britannique».
Il ajoute que dans ce contexte, le respect strict des mesures préventives, s’impose avec plus de vigilance et de rigueur aujourd’hui, notamment «le port du masque et le respect de la distanciation physique entre les personnes d’au moins un mètre surtout dans les milieux clos et sans aération».
Interrogés sur les risques d’un retour à un confinement général, comme cela a été appliqué en Grande-Bretagne afin d’éviter l’augmentation exponentielle des cas de contamination au variant britannique de la Covid-19, Fawzi Derra a estimé que pour le moment, ce n’est pas à l’ordre du jour en Algérie. Il met en exergue le fait que «le nombre quotidien de cas enregistrés ne nous met pas dans la même situation que les pays qui enregistrent des milliers de cas de contaminations en quelques heures». Précisant qu’«en Algérie, pour le moment, la situation épidémiologique est stable, avec une moyenne de cas de contamination quotidienne qui se situe au-dessus de la barre des 200 par jour grâce à la vigilance des citoyens. Il est d’autant plus crucial de maintenir le respect des mesures barrières pour le maintien de cette stabilité».
1 million de vaccins anti-covid prévus pour le mois de mars
Par ailleurs, concernant la campagne de vaccination contre la Covid-19, en cours en Algérie, selon les récentes études, les vaccins actuels devraient être efficaces contre les différentes variantes du coronavirus. Il rappelle toutefois que même pour les personnes vaccinées, il y a toujours 25% de risque d’en contaminer d’autres.
Le stock de vaccin au niveau de l’institut Pasteur est évalué à 300 000 doses. Ajoutant que 100 000 ont déjà été distribuées au niveau des structures de santé concernées par la vaccination, mais que cela ne signifie pas que c’est le nombre de personnes vaccinées. Il faut pour cela attendre les chiffres des services concernés par l’évaluation de la campagne de vaccination.
Fawzi Derrar a également annoncé qu’au courant du mois de mars et au plus tard au début d’avril, l’Algérie va acquérir un million de doses de vaccin anti-Covid avec de nouvel arrivage du vaccin russe Spoutnik V, d’AstraZeneca, des lots de vaccins inclus dans le système Covax. Ajoutant que des négociations sont en cours avec les laboratoires chinois et américains pour l’acquisition de nouveaux quotas de vaccins anti-Covid. Ces négociations portent également sur la garantie que ces nouveaux quotas de vaccins sont efficaces contre les nouveaux variants de la Covid-19, a-t-il affirmé.
Il a également rappelé que l’Algérie est en bonne voie pour concrétiser, en partenariat avec le laboratoire russe, Saidal et l’expertise de l’institut Pasteur, pour la production locale du vaccin russe Spoutnik V. Soulignant que «ce projet est en bonne voie» sans donner de date précise pour le lancement de la production du vaccin Spoutnik V en Algérie.
Concernant l’ouverture des frontières et la question du passeport sanitaire, rendant de facto la vaccination obligatoire pour les voyageurs, Fawzi Derrar indique qu’«actuellement, il n’y a aucune convention internationale pour l’instauration d’un tel passeport, d’autant plus que cela créerait une situation inéquitable, étant donné qu’à ce jour, plusieurs pays n’ont pas encore vacciné leurs populations».