La rupture de stock des kits CKD et son corolaire, l’arrêt de la production faute de financements, refont de nouveau surface au niveau de l’Entreprise nationale de l’industrie électroménagère (Eniem), qui a vécu une situation similaire au courant de l’été 2019. Du coup, la production est à l’arrêt depuis aujourd’hui, jeudi, et les 1 700 travailleurs mis en congé forcé jusqu’à nouvel ordre. Cette mesure extrême que vient de prendre la direction, et rendue publique par voie d’affichage à l’intention des travailleurs, a suscité l’inquiétude et l’étonnement de ces derniers. Elle constitue une surprise pour l’opinion publique, en général, et le monde de l’entreprise, en particulier. Le sentiment est d’autant plus justifié que M. Mouazer, P-DG de l’Eniem, dans ses déclarations à la presse durant la semaine en cours, avait affiché un optimisme à toute épreuve quant à l’absence de facteurs de blocage de l’activité de production et à la situation générale de l’entreprise. «Les discussions engagées par l’Enterprise avec le Comité de participation de l’Etat (CPE) pour remédier aux difficultés financières de l’entreprise sont en très bonne voie et devraient aboutir incessamment», avait annoncé Mouazer Djillali, jeudi dernier à la Radio à Tizi Ouzou. Des propos repris par l’APS, qui rapporte la déclaration faite devant la presse à Alger par le même responsable qui, tout en estimant que la situation «très difficile» vécue l’été dernier est en voie «d’être dépassée». «Nous sommes sur la bonne voie pour trouver des solutions à nos soucis financiers», a-t-il rassuré. «Le dossier que nous avons introduit auprès du CPE avance bien et nous espérons qu’il aboutira d’ici la fin du mois. Nous nous attendons à un avis favorable incessamment», avait-il indiqué, en précisant que l’Eniem a sollicité une aide de l’Etat pour la doter d’un fonds de roulement d’exploitation», ajoutera, selon toujours la même source médiatique, le même responsable, qui précise : «L’Eniem a demandé (banque de domiciliation Ndlr) un allégement financier par rapport à sa dette qu’on va allonger sur une certaine durée (…) Nous avons mis en place les garanties nécessaires pour bénéficier d’une ligne de crédit d’exploitation importante et nous avons besoin d’un fonds de roulement consistant pour concrétiser notre stratégie de partenariat et commerciale qui est très ambitieuse», a révélé M. Mouazer qui n’a pas caché son optimisme quant à l’aboutissement de ces dossiers, comptant, comme il l’avait assuré, sur «l’intérêt qu’a toujours accordé le gouvernement à l’Eniem». Et d’insister : «Je suis certain que cette fois encore, il va nous aider pour mettre en place nos stratégies de développement.» Ce discours tranquillisant, annonciateur de perspectives rassurantes et optimistes, vient d’être démenti, il y a à peine quarante heures.
En effet, une note de service rendue publique par la direction, dans la journée du 28 janvier, informe les travailleurs de son «regret d’annoncer que toutes les démarches entreprises par l’entreprise auprès de la BEA et de la tutelle pour débloquer la situation financière afin d’assurer les approvisionnements nécessaires à l’activité de production demeurent à ce jour sans suite, et ce, malgré le plan de charge ambitieux», dit le document. «Cette situation a provoqué une rupture de stocks de la matière première et de la collection CKD.
Les quelques approvisionnements assurés depuis la deuxième quinzaine du mois de mars 2020 ne couvriront que quelques journées d’activité», informe encore la direction générale de l’Eniem qui annonce la décision prise de concert avec le partenaire social de l’arrêt technique de l’activité de production et de mettre en congé forcé les travailleurs à partir du 2 février 2020. «Des contacts sont en cours avec la tutelle, ministère de l’Industrie et holding ainsi qu’avec la banque (BEA) pour le déblocage de la situation et des crédits d’exploitation», a déclaré à la presse Djillali Mouazer dans la journée d’hier.