Alors que la tendance toujours haussière des prix affichés, ces derniers jours, par le marché pétrolier laissait présager d’une augmentation de la production de l’Opep+ pour le mois d’août, voilà que la réunion ministérielle de l’alliance, prévue le 1er juillet, est reportée à demain, lundi 5 juillet.

Synthèse de Feriel Nourine
Et pour cause. Les 23 pays engagés dans l’accord de réduction d’avril 2020 n’ont pas pu aboutir à un consensus en ce sens. Le Comité ministériel conjoint de suivi Opep et non-Opep (JMMC) n’a même pas pu achever sa 31e réunion de jeudi passé et l’a prolongée le vendredi, avant de reporter à lundi la 18e réunion ministérielle des pays de l’Opep+, qui devrait aboutir à la démarche à suivre pour le mois prochain.
A l’origine de ce report, la réaction des Emirats arabes unis qui ont soulevé, vendredi, une «objection de dernière minute à un accord conclu plus tôt dans la journée entre la Russie et l’Arabie saoudite», les deux poids lourds du groupe, indiquent les analystes. Abou Dhabi voudrait relever son volume de production de référence, à partir duquel est calculé son quota, «de l’ordre de 600 000 barils par jour» pour atteindre 3,8 mbj, une barre qui lui permettrait d’augmenter de façon plus importante sa production, précise Ole Hansen, de Saxobank.
Jeudi, l’agence financière Bloomberg, citant une source anonyme, avançait le retour d’un volume de 2 millions de barils par jour d’ici fin 2021, à raison de 400 000 barils par jour chaque mois, une option qui n’a donc pas été actée jeudi. «Si les Emirats arabes unis sont autorisés à changer de base de référence, d’autres membres pourraient protester», a prévenu, dans une note, Louise Dickson, du cabinet Rystad Energy.
«En même temps, l’approbation des Emirats est nécessaire pour définir une politique commune pour le reste de l’année, à laquelle tout le monde pourrait adhérer.» Pour rappel, les 13 pays de l’Opep et leurs 10 alliés non membres avaient décidé, lors de leur précédente réunion ministérielle tenue le 1er juin dernier, de poursuivre leur programme d’assouplissement pour le mois de juillet, mais sans s’engager sur le mois d’août. C’est la réunion de demain qui devrait tracer la voie à suivre pour l’Opep + dont la production a été renforcée de 1,2 million de barils par jour, injectés par paliers sur les mois de mai, juin et juillet. Parallèlement, l’Arabie saoudite a opté pour le rajout de 1 mbj retiré volontairement en début d’année. En attendant la décision qui sera prise demain par l’Opep+, la réunion du JMMC de vendredi s’achevait alors que les marchés clôturaient la semaine avec de nouveaux hauts enregistrés.
A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre a terminé à 76,17 dollars, en hausse de 0,4% ou 33 cents par rapport à la clôture de la veille. A New York, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour le mois d’août a, lui, lâché 0,1% ou 7 cents à 75,16 dollars.<