Le dernier découpage administratif était attendu pour de multiples raisons. «Il était nécessaire, voire même impératif, pour tout au moins mettre fin aux disparités régionales et rendre effective l’équité de justice sociale», juge Fatoum Lakhdari. Comme elle revendique «de privilégier les zones délaissées dans le développement national avec un essor harmonieux qui prend en compte l’écosystème saharien».
Cette dernière, qui se prononçait hier sur les ondes de la radio publique Chaîne III, considère que les distances actuelles entre chef-lieu de wilaya et communes et daïras «imposent le découpage qui a été décidé par le gouvernement en place sur instruction du Chef de l’Etat». Mais pour le chercheur, «les retombées de ce découpage ne seront pas palpables sur le terrain de sitôt. Les responsables des nouvelles wilayas n’auront pas la tâche facile, en ce sens où ils doivent faire preuve d’innovation et travailler sur la base d’une vision de développement de leur territoire». A ce propos, elle a souligné que «ce découpage ne donnera de résultats concrets et efficients que si les responsables à la tête de chacune de ces dix nouvelles wilayas, les acteurs et les citoyens travaillent en parfaite synergie. C’est d’ailleurs à cette seule condition que les citoyens de ces nouvelles wilayas pourront constater de visu que leur quotidien est meilleur qu’auparavant».
Toujours dans ce même ordre d’idée, le chercheur a avancé : «Toutes nos régions sahariennes sont créatrices de richesse et d’emplois mais à condition de tenir compte de leur condition physique ; car, ce sont des milieux fragiles. C’est pourquoi, il est impératif de prendre en compte cette donne.» Sur ce dernier point, elle a évoqué le volet agriculture saharienne. «Il s’agit de produire toujours plus tout en usant des ressources d’eau sans limite alors qu’il est admis que de cette manière on fragilise l’écosystème et plus particulièrement les réserves d’eau de l’albien. Et donc penser au futur. Autrement dit, l’avenir de nouvelles zones agricoles dans le Grand-Sud risque d’être compromis.» Et pour clore ce chapitre, elle préconise «une utilisation objective et rationnelle des ressources hydriques dans les régions arides».
A la question relative à l’urbanisation dans le Grand-Sud du pays, l’invitée de la radio juge que le moment est venu de se pencher sur les régions oasiennes avec, en priorité, mettre fin aux extensions tentaculaires des zones urbaines autour des oasis du pays. «Faire en sorte que nos oasis soient des référentielles de développement dans le Grand-Sud du pays», a-t-elle soutenu. Et d’arguer dans ce sens : «Dans nos oasis, il existe une chaîne de valeur que le pays gagnerait à mettre à profit.» Citant en substance les régions oasiennes à forte potentialité phoenicicole qui sont, en termes de production de dattes destinées à l’exportation, la seconde source de devises du pays après le pétrole. «C’est pourquoi, je pense que toute une chaîne de valeur de ce produit doit être mise à profit dans les régions où le potentiel de production de dattes de qualité n’est plus à démontrer.» Toujours dans ce même raisonnement, le chercheur a évoqué l’immense potager de Biskra d’où sont expédiés certes des quintaux de produits maraîchers primeurs «mais les volumes exportés pourraient être plus importants pour peu que soient réunies les conditions d’une meilleure logistique de transport», estime-t-elle. Autre exemple cité ; celui de la production agricole dans la wilaya d’El Oued qui occupe «la première place au tableau des régions les plus productrices». n