Les services du ministère de la Solidarité, de la Famille et de la Condition de la femme ont enregistré 65 637 cas de divorce en 2018. Ce chiffre est moins important qu’en 2017, où il était de 68 000, notamment par rapport au nombre de mariages l’année dernière, 340 000.

Il n’est pas symptomatique d’un phénomène à l’ampleur croissante et qui oblige l’Etat algérien à trouver des moyens d’atténuer ses conséquences, comme la création, en 2016, du « fonds de pension alimentaire » destiné aux femmes en rupture de mariage et ayant la garde des enfants. Selon la ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, Ghania Eddalia, qui s’est exprimée, jeudi dernier, lors d’une journée d’étude et de sensibilisation sur la « situation de la femme âgée et divorcée », le nombre de bénéficiaires du Fonds de pension alimentaire a atteint depuis sa création plus de 5 000 femmes au premier semestre 2019. Mme Eddalia a précisé que ce nombre était en « hausse » et que « le montant de la pension alimentaire, fixé par le juge, diffère d’un cas à l’autre », rappelant que « c’est le directeur de l’action sociale de la wilaya qui se charge de l’exécution de la décision relative au versement de la pension alimentaire ». Pour rappel, le Fonds de pension alimentaire est un mécanisme juridique ayant pour objectif d’assurer une meilleure protection de la famille. Son application intervient en cas de refus du père ou du conjoint de verser la pension alimentaire à la femme divorcée ayant la garde d’enfants mineurs. En ce qui concerne les cas de divorce, la ministre de la Solidarité a indiqué que « des cas de divorce de femmes âgées (65 ans et plus) ont été enregistrés également mais leur taux demeure faible ». Elle a fait savoir qu’une « plateforme numérique » sera bientôt mise sur pied pour faciliter le recensement et mettre en place des programmes et des politiques pour prendre en charge le phénomène des divorces en Algérie. S’agissant des mesures d’accompagnement destinées à la catégorie des personnes âgées, elle a fait état de l’enregistrement de 33 924 personnes âgées ayant bénéficié de microcrédits pour la gestion de leurs projets, en 2018, dont 28 735 femmes âgées, soit un taux de 84% et ce, dans le cadre de l’Agence nationale de gestion du microcrédit (Angem). Pour ce qui est de l’Allocation forfaitaire de solidarité (AFS) gérée par l’Agence du développement social (ADS) relevant du secteur, la ministre a indiqué que « 315 145 personnes âgées ont bénéficié de cette mesure en 2018, dont 171 958 femmes âgées », et que « 107 000 femmes divorcées ont bénéficié de cette allocation avec la prise en charge de 169 769 enfants ». En ce qui concerne la prise en charge et l’accompagnement permanent des femmes âgées sans liens familiaux ou celles en situation difficile, Mme Eddalia a fait état de 736 pensionnaires des centres pour personnes âgées, sur un total de 1 645 femmes bénéficiant de soins et d’un accompagnement psychosocial.