Près de deux semaines après avoir déclaré qu’il envisageait d’opérer une médiation entre la Russie et l’Arabie saoudite, pour faire cesser la guerre des prix que se livrent les deux superpuissances pétrolières au détriment d’un marché déjà très malmené par le Covid 19, le Président américain semble être passé à l’action dans cette optique.
Ainsi, après l’entretien téléphonique qu’il a eu lundi avec le président russe Vladimir Poutine, dans l’objectif de trouver une solution à la crise aiguë actuelle, Donald Trump a déclaré hier qu’il pourrait si nécessaire prendre part aux discussions prévues entre Ryad et Moscou
S’exprimant lors d’une conférence de presse à la Maison-Blanche, il a indiqué avoir eu d’«excellents» échanges distincts avec le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président russe, Vladimir Poutine. Le Kremlin a annoncé lundi que Trump et Poutine sont convenus que des responsables américains et russes du secteur de l’énergie se rencontreraient afin de discuter de la chute des cours du brut. Donald Trump avait auparavant qualifié de «folle» la guerre des prix que se livrent la Russie et l’Arabie saoudite.
Ces déclarations n’ont pas suffi à conserver aux cours du brut sa tendance haussière affichée la veille. En effet, les prix du pétrole étaient en baisse hier en cours de séance européenne, au lendemain d’un léger répit, en l’absence de solution à la demande morose.
A la mi-journée, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin valait 25,11 dollars à Londres, en baisse de 4,71% par rapport à la clôture de mardi. A New York, le baril américain West Texas Intermediate (WTI) pour mai perdait 1,03%, à 20,27 dollars. Les deux cours de référence ont perdu les deux tiers de leur valeur depuis le début de l’année, ce qui représente leur plus lourde chute trimestrielle depuis la création de ces contrats dans les années 1980.
«Les prix du pétrole commencent le mois d’avril du mauvais pied», a observé Bjornar Tonhaugen, de Rystad Enegy. La situation actuelle pourrait maintenant «peser sur le système financier» puisque à ce niveau de prix, certains producteurs de pétrole «n’ont d’autre choix que de mettre la clef sous la porte», a commenté Naeem Aslam, d’Avatrade.
Les prix sont toujours très bas «malgré l’appel de Donald Trump à Vladimir Poutine pour tenter d’enrayer cette chute», a de son côté estimé Neil Wilson, de Markets.com. «Les efforts de Trump pour flatter Poutine offrent peut-être un espoir de sortir de la guerre de l’offre, mais ils ne feront rien pour stimuler la demande, qui pourrait chuter d’environ 20 % au cours des prochaines semaines», a ajouté M. Wilson.<