Les cours pétroliers se sont ressaisis hier en journée de mercredi après des pertes importantes le mardi d’avant. En matinée, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre valait 40,31 dollars à Londres, en hausse de 1,33% par rapport à la clôture de mardi. A New York, le baril américain de WTI pour octobre gagnait 1,74% à 37,40 dollars. Selon les analystes du marché, les pertes sévères du marché sont expliqués par le surplus pétrolier en circulation. Les hausses de mercredi en début de séance sont donc « une rectification » de cette chute massive sans pour l’effacer complètement
Mardi, le Brent et le West Texas avaient perdu respectivement 6,3% et 7,6% et sont tombés à des niveaux plus vus en plus de deux mois. Cette chute a été provoquée « par un ralentissement de la reprise de la demande et la possibilité d’une offre excédentaire », a indiqué Richard Hunter, analyste pour Interactive Investor cité par les agences de presse. Selon cet expert, le ralentissement des importations chinoises, qui avaient rebondi ces derniers mois, et la fin de la saison estivale aux États-Unis (où les déplacements et donc la demande d’or noir augmentent fortement), ont fait office de déclencheur.
Plusieurs analystes ont également souligné la persistance de la pandémie de Covid-19, comme facteur de baisse. Entre une activité économique déprimée dans de nombreux pays et des cas de Covid-19 qui repartent à la hausse et se traduisent par la mise en place de nouvelles restrictions aux déplacements, la consommation d’or noir reste en effet loin de ses niveaux d’avant la pandémie.
Une situation qui risque de perdurer si l’on croit les prévisions du FMI pour la crise économique mondiale, conséquence de la crise sanitaire, est « loin d’être terminée ». Des responsables du Fonds ont effet estimé « peu probable » une reprise complète « sans une solution médicale permanente ». Autrement dit sans vaccin contre la Covid-19. La reprise est là mais elle est « inégale entre les régions et les secteurs », précisent Kristalina Georgieva et Gita Gopinath, respectivement directrice générale et économiste en chef du Fonds monétaire international dans une tribune publiée dans le Foreign Policy Magazine.
« Pour que la reprise se poursuive, il est essentiel que l’aide (financière consentie par les gouvernements) ne soit pas retirée prématurément », ajoutent-elles. L’incertitude persistante sur l’évolution du coronavirus et la possibilité d’une seconde vague mondiale de la pandémie pèsent sur la mobilité et la confiance des consommateurs et des entreprises. Selon elles, la disponibilité d’un vaccin, ou de thérapies ayant fait leurs preuves dans le traitement du Covid-19 permettront en revanche d’améliorer les perspectives économiques mondiales.