La vaccination contre le coronavirus est un véritable casse-tête pour les pouvoirs publics. Une nouvelle campagne d’une semaine pour une adhésion massive débute d’aujourd’hui au profit du secteur de l’éducation nationale. Le retard à rattraper est grand. Nouveau test pour les autorités sanitaires.

PAR INES DALI
Il s’agit, maintenant, de convaincre pour augmenter le taux national de vaccination. La réticence des citoyens vis-à-vis de l’acte vaccinal étant toujours de mise, les appels continuent de fuser de toute part, que ce soit les appels émanant des spécialistes, des autorités sanitaires ou encore des pouvoirs publics, surtout que les contaminations continuent d’augmenter et ont franchi la barre des 200 cas quotidiens vendredi, provoquant plus de pression dans les hôpitaux. C’est dans ce sens que le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, a affirmé qu’il «insiste et réitère» son «appel aux concitoyens pour se faire vacciner au maximum afin de renforcer la prévention contre le Covid-19 et l’immunité collective». Il a regretté le faible engouement des citoyens pour cette opération et qualifié, encore une fois, le taux de vaccination de «très faible», faisant savoir que ce taux n’est que de «27% de personnes vaccinées avec les deux doses», et ce, alors que les doses de vaccin sont «disponibles».
Pour le milieu scolaire, le ministre a annoncé la mise en place d’une «campagne d’envergure» durant la première semaine (du 12 au 16 décembre) des vacances d’hiver, en coordination avec le ministère de l’Education nationale et d’autres secteurs concernés. C’est la deuxième campagne au profit du personnel de l’éducation nationale, qui pourront se faire vacciner au sein même des établissements scolaires, après celle de l’été. Selon toute vraisemblance, le suivi serait, cette fois-ci, assuré de façon plus rigoureuse, puisque «les directeurs de l’éducation doivent collaborer avec les directeurs de la santé pour mettre en place une feuille de route de la campagne de vaccination», est-il indiqué dans un communiqué du ministère de l’Education nationale. De même que «des rapports quotidiens sur le nombre de personnes vaccinées enregistrées au niveau de chaque direction doivent être déposés au ministère de l’Education», est-il précisé.
A propos de la vaccination dans les écoles, le ministre de la Santé a démenti que la campagne concerne aussi les élèves et réitéré que celle-ci n’est organisée qu’au profit des adultes, soit le personnel enseignant et administratif. La raison avancée est que «la priorité est accordée à la vaccination des adultes», a-t-il expliqué, étayant son propos par le fait qu’«au niveau mondial, les pays qui ont décidé de passer à la vaccination des enfants ne l’ont fait qu’après avoir réalisé un taux de plus de 70% de la vaccination des adultes».
Il a fait savoir que le sujet de la vaccination des enfants a été abordé jeudi dernier lors d’une réunion du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de Covid-19, tout comme il y a eu consultations les spécialistes en pédiatrie pour recueillir leur avis, mais aucune décision n’a été jusqu’à présent. Il est attendu que l’Organisation mondiale de la santé fasse une déclaration au sujet de la vaccination des enfants jeudi prochain, selon le ministre.
Quoi qu’il en soit, ce n’est pas que dans le milieu de l’enseignement que la vaccination connaît un taux très faible, de l’ordre de seulement 23% selon le Pr Riyad Mehyaoui, puisqu’une bonne partie du personnel de la santé a fait montre de sa réticence. Ce n’est donc pas étonnant que le gouvernement ait reconduit le dispositif de protection et de prévention contre la pandémie de Covid-19 pour une durée de quinze jours, à compter d’hier, tout en axant sur la vaccination. Il recommande, ainsi, «l’engagement des citoyens à soutenir l’effort national de lutte contre cette épidémie mondiale par la vaccination et par la poursuite du respect des gestes barrières, en particulier pour ce qui est de l’exigence du port obligatoire du masque de protection, les mesures d’hygiène et la distanciation physique».
Les citoyens doivent, aussi, faire preuve d’une «extrême vigilance» en évitant tout «relâchement à l’égard du respect des gestes barrières et des différents protocoles sanitaires dédiés aux différentes activités économiques, commerciales et sociales, notamment en raison de l’apparition du nouveau variant Omicron» afin de préserver de la vie économique.
Vers la généralisation du pass vaccinal
La situation actuelle commande également, selon le gouvernement, que «l’ensemble des citoyens non encore vaccinés participent massivement aux campagnes de vaccination qui se poursuivent à travers le territoire national». Le même appel est donc lancé pour intensifier la vaccination qui permettra de garder une vie presque normale sans avoir à passer par la case confinement. Une option que le ministre de la Santé a d’ailleurs écartée mais qui, parallèlement, devra être substituée par une autre alternative, le pass vaccinal en l’occurrence.
«Le Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de Covid-19 avait recommandé l’institution du pass vaccinal comme condition d’entrée et de sortie du territoire national et pour accéder aux manifestations sportives et culturelles ainsi qu’aux salles des fêtes.
Cette recommandation relative au pass vaccinal, déjà mise en œuvre, sera étendue à d’autres espaces, lieux et édifices affectés à usage collectif ou accueillant du public où se déroulent les cérémonies, fêtes et manifestations d’ordres culturel, sportif ou festif», a noté le gouvernement.
Une solution qui est également vivement soutenue par le président de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS), le Pr Kamel Senhadji, selon lequel, «le faible taux de vaccination est un premier problème auquel il faut s’attaquer», celle-ci n’ayant pas atteint les espoirs de la stratégie vaccinale, alors que l’Algérie dispose de 13 millions de doses d’anti-Covid-19. Pour lui, il y a lieu de «se poser beaucoup de questions» et «mener vite une étude sociologique pour comprendre ce refus de la population» devant le comportement «paradoxal» de demander les vaccins lorsqu’il n’y en avait pas et de les refuser lorsqu’ils sont disponibles. Il est par conséquent logique, selon lui, de réglementer cette situation en imposant le pass sanitaire dans tous les lieux recevant du public, car c’est la seule solution face à la réticence à la vaccination qui persiste.