Le déficit pluviométrique en cours depuis le mois de décembre fait planer, jour après jour, le spectre d’une crise de l’eau dans les prochaines semaines. La situation est source d’inquiétude dans la mesure où les prévisions météorologiques ne sont pas rassurantes, puisque les épisodes pluvieux ne seront pas de la partie avant la seconde moitié du mois de février. De quoi planter le décor d’une crise d’eau aux conséquences lourdes et à plusieurs niveaux.PAR NAZIM BRAHIMI
Et si le ministère des Ressources en eau et de la sécurité hydrique a fait part hier d’une «légère» augmentation du taux de remplissage des barrages qui passe de 35 % à 37,66 % de fin janvier à début février, cela demeure insignifiant et n’évacue point les craintes des Algériens qui appréhende une crise de l’eau aussi bien pour l’approvisionnement des foyers en eau potable que pour le secteur de l’Agriculture.
A moins que la pluviométrie soit au rendez-vous dès la seconde partie de février et signer un rattrapage en matière de précipitations. A l’heure actuelle et selon le dernier bilan du département des Ressources en eau établi ce lundi 7 février, le taux de remplissage des barrages varie d’une région à une autre.
«Le taux de remplissage des barrages en exploitation est de 22,80 % dans l’Ouest du pays et la région du Chellif, 18,33 % dans le Centre et de 61,92 % dans la région Est», a précisé la tutelle qui rappelle que le taux de remplissage à travers le territoire national avait atteint 36,24% au 12 décembre dernier (23,12% au Ouest, 23,61% à Chellif, 16,06% au Centre et 59,22% à l’Ouest).
Cette tendance confirme ainsi la raréfaction des pluies, qui a contraint les autorités publiques à lancer un programme de réalisation de 700 forages dont 320 ont été mis en services effectivement.
Les programmes d’autres institutions à travers le pays comprennent un total de 1.200 forages dont 577 ont été réalisés, d’après les chiffres du ministère.
Concernant la wilaya d’Alger, trois programmes d’urgence ont été lancés en 2020, rappelle la même source.
Il s’agit du programme de la Direction des ressources en eau de la wilaya, celui de la Société des eaux et de l’assainissement d’Alger (Seaal) ainsi que le programme de forage de la wilaya d’Alger.
L’ensemble de ses programmes au niveau de la capitale incluent la réalisation de 217 forages, dont 171 ont d’ores et déjà été mis en service, a fait savoir la même source.
Du côté de Bordj Bou Arreridj, des mesures exceptionnelles ont été annoncées depuis janvier 2022. Parmi ces mesures figurent l’augmentation des quantités d’eau pompées du barrage d’El Maouane de Sétif vers celui d’Ain Zada de 35.000 m3 à 60.000 m3 et l’accélération de la réalisation de transfert de 25 km afin de rattraper le déficit d’alimentation en eau des communes de l’Est de la wilaya qui accueille 62 % de la population locale. Pour sa part, le directeur des ressources en eau de la wilaya de Blida a fait part hier d’une baisse de l’ordre de 10% qui a été enregistrée récemment dans le volume de production d’eau potable à Blida «en raison du manque de précipitations pluviales».
«La wilaya, qui avait enregistré en novembre dernier une disponibilité en eau potable suite à une hausse de 20% dans le volume de production due à d’importantes précipitations pluviales, a renoué avec le stress hydrique en raison de la rareté des eaux pluviales ayant impacté sur le volume de production», a indiqué à l’APS Abdelkrim Allouche.
Il a déploré, à ce titre, une baisse dans le débit de la majorité des sources d’eau, considérées parmi les sources d’approvisionnement principales de la population, à l’instar de l’Oued Lekbir et Chiffa, au même titre qu’un recul dans le rendement des forages d’eau.
Le même responsable a prédit, sur fond d’inquiétude, qu’en «cas de persistance du stress hydrique pour au moins un autre mois, la wilaya pourrait faire face, durant à l’avenir, à des difficultés dans la couverture des besoins des citoyens, ceci d’autant plus qu’elle dépend à 80 % des eaux souterraines et au vu de la hausse de la demande en la matière suite à la création de nouveaux pôles urbains».
La wilaya de Blida avait connu l’été dernier une grave crise dans la distribution d’eau potable en dépit du renforcement des structures de production avec près de 47 nouveaux forages d’eau, a-t-il souligné. Un fait ayant contraint les autorités concernées à prendre des mesures urgentes portant, notamment, modification du programme de distribution d’eau qui se fait désormais une fois tous les trois jours, voire même une fois tous les cinq jours, pour couvrir les besoins de la population. <