Par Feriel Nourine

Les recettes pétrolières de l’Algérie devraient se consolider davantage en 2022. Après la nette amélioration enregistrée par les exportations d’hydrocarbures, avec une hausse de plus de 70% due au retour en force des cours du brut après une année 2021 sombre pour le marché, le pays pourrait même engranger plus de devises sur ce registre, cette année, et dépasser largement les prévisions les plus optimistes en la matière.
C’est, en tous les cas, pour ce type de scénario que plaide l’évolution des cours ces dernières semaines, soit une augmentation qui s’est encore renforcée depuis l’entame du mois de janvier, hissant les prix du brut à des seuils plutôt rassurants pour les pays producteurs, notamment ceux dont l’équilibre financier reste fortement tributaire de la santé du marché pétrolier. Les risques d’un nouvel effondrement de ce marché, que pouvait provoquer le nouveau variant de la Covid-19, en l’occurrence l’Omicron, sont écartés et les investisseurs font face désormais à une très probable remontée de la demande mondiale de brut qui, de son côté, sera difficile à assurer par l’offre actuelle.
Une configuration qui n’est pas sans conforter, ne serait-ce que partiellement, la thèse d’un baril à plus de 100 dollars mise en avant ces dernières semaines par plusieurs analystes. Et si ce scénario devait réellement se réaliser, l’Algérie verrait ses recettes d’hydrocarbures renouer avec des hauts qu’elles n’ont plus connus depuis des années, lorsque l’or brut se négociait à plus de 130 dollars.
Cependant, plus de devises pour le pays par la voie du pétrole risque de ne servir, encore une fois, qu’à payer les factures d’importation d’autres secteurs dont les résultats auront été décevants. C’est le cas en premier lieu des céréales dont la très faible moisson 2020-2021 est bien loin de concrétiser les résultats attendus pour réduire de la lourde facture des importations à laquelle font face les caisses du pays pour satisfaire les besoins nationaux en la matière