«El Jamra», ce court métrage de Mohamed Mendili, jeune réalisateur, projeté avant-hier tard dans l’après-midi dans le cadre de la compétition pour le prix « El Anneb d’Or » a été pour le public une redécouverte de la réalité que vivent les familles confrontées au problème de la toxicomanie d’un des leurs.

Cette mère de famille ne sait plus que faire pour venir en aide à son fils devenu dépendant des drogues et qui doit à tout prix avoir sa dose quotidienne. Son impuissance face à cette situation, le regard des autres, sa tristesse, ses pleurs ont été admirablement filmés par le cinéaste qui compte ainsi mettre à nu un mal qui ronge la jeunesse. Le rôle, superbement interprété par Zemahri Belkis dépeint les souffrances d’une mère algérienne prise dans cet engrenage et qui subit une pression telle qu’elle décéda subitement d’une crise cardiaque. La caméra du réalisateur avec ses gros plans, ses zooms, ses cadrages, fouille les visages pour bien dessiner les expressions et rendre les émotions ressenties. Belhamza Ayman joue, quant à lui, le rôle de ce fils qui a dévié et qui s’est trouvé perdu dans ce monde de la drogue, soumis au quotidien à ce besoin qu’il doit satisfaire. Ses crises, ses colères, son mal-être crèvent l’écran et touche le spectateur au plus profond de son être, un spectateur qui, de ce fait se sent concerné et impliqué dans ce drame tiré de la réalité. La dernière phrase prononcée à la fin du film, un proverbe tiré du bon sens populaire, « Ma ihess bel jamra illa li aafes aâliha » (Ne ressent la braise que celui qui marche dessus ) résume à elle seule cette fiction. Le court métrage a été réalisé à Annaba au niveau de cliniques, de quartiers de la ville et aux domiciles du réalisateur et de l’acteur qui visiblement se sont donnés à fond pour la réussite de cette œuvre. Cette réalisation, qui mérite de figurer dans cette sélection, pourrait, pourquoi pas, arracher le premier prix. Ce qui est aussi une étrange coïncidence et qui constitue une incursion de la fiction dans la réalité est le décès subit de la mère du réalisateur, la veille de la projection du court métrage. Elle devait préparer le dîner traditionnel pour toute l’équipe du film. Nos sincères condoléances au réalisateur et à ses proches.