Il y a un peu plus d’un mois, Mahfoud Kerbadj avait laissé entendre qu’il a l’intention de candidater pour la présidence de la Fédération algérienne de football (FAF) lors de élections prévues en mars prochain. Et pas plus tard que jeudi, il a confirmé la tendance dans les colonnes du quotidien arabophone « Ennasr ». Et on peut dire qu’il s’imagine triompher, selon ses propos.

C’est confiant, malgré une fin controversée à la tête de la Ligue de football professionnel (LFP), qu’il présidait sous le règne de Mohamed Raouraoua avant d’être évincé par le clan Zetchi, que Kerbadj a assuré vouloir être le prochain patron de la Fédération algérienne de football (FAF). « Je veux me présenter à la présidence de la Fédération algérienne de football », a réitéré l’ancien chairman du CR Belouizdad dans un entretien accordé au journal « Ennasr ». L’interviewé a aussi indiqué que : « ma fonction à la tête d’un organisme de l’État ne me permet pas de présenter ma candidature au poste de président de la Fédération, mais si on m’y autoriserait, je ne tarderai pas à déposer ma candidature. Surtout que j’ai une envie de diriger la FAF avec la confiance que j’ai acquise après mon expérience en tant que dirigeant de la Ligue de football professionnel.» Cela corrobore avec une sortie médiatique faite en début du mois dernier quand il avait noté avoir « besoin de l’aval de la tutelle parce que je suis fonctionnaire dans une société étatique. Sans le feu vert, je ne pourrai faire cette démarche et j’ai déjà expliqué ça en 2017.»

Pas de dérogation ?
Ainsi, on comprend qu’actuellement, Kerbadj est inéligible compte tenu de son statut. Il a besoin d’une dérogation du ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) qui a, paradoxalement, précisé, dans une circulaire envoyée aux différentes structures sportives, qu’il était interdit d’apporter des changements à leurs statuts et leur règlement intérieur avant une année de la fin de leur mandat. Ce qui pourrait barrer la route au Directeur de l’Imprimerie Nationale.
Aussi, quand on dit « Kebradj » on ne peut ne pas penser à Mohamed Raouraoua, ex-boss du sport roi en Algérie. Les deux hommes ont longtemps géré la discipline ensemble. Cela confirmera que « El Hadj » a activé ses leviers pour remettre la main sur le siège de Dely Brahim. Etant donné qu’il n’a pas trop les capacités physiques d’assumer la fonction, il essayera de faire parvenir un de ses hommes de confiance à la présidence. Cela permettra -particulièrement- de relancer le projet de l’hôtel afin de toucher une commission de chez Arab Contractors qui ont eu le projet que Zetchi, actuel maître des lieux au siège de Dely Brahim, a décidé d’annuler.

Ambition ultra-confiance
Dans sa plaidoirie pour promouvoir sa candidature, l’homme de 67 ans dit qu’il a concocté « un programme ambitieux.» Et il est allé jusqu’à provoquer l’actuelle équipe dirigeante en disant espérer que « le présent bureau fédéral va se porter également candidat contre moi. Là, je suis persuadé de le gagner avec un score bien large au vue de la confiance dont je jouis au sein du secteur du football dans notre pays.» D’ailleurs, il ne semble pas très fan de la nouvelle répartition des championnats nationaux. Surtout pour ce qui s’agit du passage à 20 clubs en Ligue 1 et 2 groupes de 18 en Ligue 2. Kerbadj pense que « c’est un travail qui devrait se reposer sur des critères scientifiques et il aurait fallu l’étudier pendant deux ans avant de le lancer » non sans prévoir que « ce sera très difficile à gérer dans la mesure où nous n’avons même pas su gérer 16 matchs par semaine auparavant comment va-t-on pouvoir gérer autant de matchs chaque semaine ?» La campagne (de déstabilisation) a déjà commencé contre un Zecthi avec lequel il a un vieux contentieux. Petit retour en arrière, en janvier 2018 plus exactement, lorsque le dernier nommé avait réussi à éjecter Kerbadj de son fauteuil de décideur principal de la LFP. C’était pour une affaire de mercato hivernal durant lequel le décideur principal de la LFP avait décidé d’agir de manière unilatérale et accorder des licences en plus pour des clubs endettés. Notamment l’ES Sétif qui disputait la Ligue des Champions africaine à l’époque. Une démarche qui lui a coûté le retrait de confiance de la part du Bureau fédéral. L’affront est là. Et l’ancien dirigeant du « Chabab » a bien l’intention de le laver. A sa manière. Reste à savoir s’il bénéficiera de l’aval pour se présenter. n