Une marche nationale des étudiants en pharmacie et médecine dentaire est prévue la semaine prochaine à Tizi Ouzou, nous a indiqué Si Youcef Moussa, étudiant à la faculté de médecine de l’université Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou.

Selon notre interlocuteur, la marche qui devait se tenir hier, dont l’itinéraire était de la faculté de médecine de Tizi Ouzou au siège de la Direction de la santé de la même wilaya, a été transformée en sit-in à l’intérieur même de l’université Mouloud-Mammeri pour des raisons «organisationnelles ». Il nous dira que «pour le moment, les autres facultés de pharmacie n’ont pas encore tenu leurs assemblées générales. Nous devons aussi les attendre donc pour prendre des décisions collectives, surtout que des ponts sont en train de se dessiner avec les étudiant en médecine dentaire », explique-t-il. Selon l’étudiant que nous avons contacté, les trois prochains jours seront consacrés à la discussion du P-V du ministère à travers toutes les facultés de pharmacie au niveau du territoire national. «Depuis le début du mouvement, toutes les actions ont été menées conjointement et on doit continuer dans ce sens. C’est pour cela d’ailleurs que nous programmons de marcher ensemble la semaine prochaine afin d’adresser nos doléances communes au ministère de la Santé», signale Moussa Si Youcef. Hier, à Tizi Ouzou, les étudiants du département de pharmacie de la faculté des sciences médicales de l’université de Tizi Ouzou ne décoléraient pas. En plus de la poursuite de la grève illimitée qu’ils ont entamée le 22 novembre dernier, à l’instar de leurs camarades étudiants en pharmacie des autres universités du pays, les protestataires ponctuent leur mouvement par des actions sporadiques, des sit-in et des marches, comme c’était encore le cas, hier, où ils ont tenté une sortie en dehors de leur campus pour une marche. Ils se contenteront, finalement, d’un rassemblement devant la faculté de médecine. Une manière pour les étudiants protestataires de se rappeler au bon souvenir des ministères de tutelle, celui de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière et celui de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique auprès desquels leurs revendications ne semblent pas avoir trouvé une oreille attentive. « Après plus de trois mois de grève, nous sommes toujours en attente de réponse à nos demandes d’audience auprès des ministères de tutelle. Le ministre de la Santé refuse de nous recevoir. Notre délégation (du département de pharmacie de l’UMMTO, Ndlr) a été reçue pendant cinq minutes par M. Boudiaf, lors de sa visite à Tizi-Ouzou. Nous considérons que cela reste insuffisant pour traiter une plateforme qui contient au maximum sept revendications qui s’adressent au ministère de la Santé», nous dira un représentant des étudiants du département de pharmacie de l’UMMTO et membre de la coordination nationale des étudiants de la même filière que nous avons rencontré devant le portail de la faculté de médecine du campus «Biomédical » de Hasnaoua. «Las des promesses qui nous sont données, on veut à présent des réponses et des propositions concrètes qui seront officialisées par des textes d’application de la part du ministère des représentants de l’Etat, mais hélas, rien ne vient ; le ministre de la Santé refuse toujours de recevoir les représentants des étudiants en pharmacie », regrette encore notre jeune interlocuteur. Pour rappel, les protestataires exigent la revalorisation du statut de docteur en pharmacie au niveau de la Fonction publique, en passant de la catégorie 13 à la 16, à savoir leur classement dans la Fonction publique selon les diplômes, c’est-à-dire des docteurs. Ils exigent également l’ouverture de postes d’assistants après le résidanat, car beaucoup de pharmaciens se retrouvent au chômage, alors qu’ils sont docteurs et spécialistes. Ils souhaitent aussi que la future loi sur la santé oblige les gérants d’officine à recruter des pharmaciens en ouvrant des postes selon leur chiffre d’affaires. La révision des réformes sur la formation des docteurs en pharmacie, ainsi que la mise en place d’inspections d’officines, qui, d’après eux, ne sont pas toujours gérées par des pharmaciens figurent parmi les revendications de ces étudiants qui demandent en outre que l’accès de nouveaux étudiants à la filière de pharmacie se fasse en adéquation avec les besoins du marché et les capacités d’accueil des facultés concernées.