La facture des incendies qui ont ravagés plusieurs régions du pays sera salée. En plus du traumatisme sociétal, notamment suite à l’assassinat de Djamel Bensmail, dont les répercussions ne disparaitront pas de sitôt, il y a d’autres aspects qui s’imposent. Il y a d’abord les pertes humaines dont les familles et les anonymes pleurent toujours. Il y a également les pertes matérielles, et l’impact alarmant sur la faune et la flore. L’ensemble implique également le volet économique. Les feux ont tout ravagé. Le peu d’espoir qui existait encore au sein des «tenants» du tissu économique des régions touchées par les incendies s’est quasiment volatilisé. A la crise rapportée par la propagation du Covid-19, qui frappe depuis une année et demie, est venue s’ajouter cette nouvelle hécatombe.
Que faire ? Attendre des allocations d’un système centralisé qui n’arrive toujours pas à se renouveler ! Une option déjà vécue, à maintes reprises, et depuis des lustres, et qui n’a rien rapporté si ce n’est une paix sociale, courte et sans envergure. Les fuites en avant ne peuvent plus être d’actualité. L’Algérie subie, depuis au moins trois ans et demie (Hirak, pandémie, incendies…), trop de bouleversements pour que ses dirigeants puissent se permettre de gérer la situation avec le même esprit d’avant. L’ère est au renouvellement. Est-il besoin de rappeler qu’il faut dépasser les discours, et qu’il faut juste du concret !
D’où l’importance d’avancer avec comme objectif, trouver des solutions, ce qui a été trop souvent loin de la culture de gestion du pays. L’occasion pour le gouvernement de Aïmene Benabderrahmane de se mettre en valeur. N’a-t-il pas été présenté, dès son installation, comme un exécutif axé sur l’économie !
Il faudra donc trouver des sources d’argent pour essayer de compenser les pertes subies. Pour les temps de crises, il est indéniable qu’il faut trouver des solutions nouvelles. Les niches sont nombreuses. Il y a par exemple le ministère de la Solidarité nationale, de la famille et de la condition de la femme, qui a brillé par son absence ces derniers jours, alors qu’il devait être parmi les premiers au «front». Son budget (près de 133 milliards de dinars) serait sans aucun doute plus d’un grand apport pour aider les régions touchées par les feux. Et comment oublier les députés de la nouvelle APN qui auraient pu gagner un peu de crédibilité s’ils s’étaient manifestés (même un chouiya) lors de l’élan de solidarité qui a traversé l’Algérie ces derniers jours. Un geste, petit geste, aurait suffit pour qu’ils puissent gagner au moins un peu de sympathie. Qu’est-ce qu’ils auraient perdu, eux qui se présentent officiellement comme représentants du peuple, d’offrir, le «salaire» d’un mois, de la part de chacun d’eux (ils sont 407) ! Une simple opération de calcul (en prenant comme base une mensualité de 26 millions de centimes), l’opération (malheureusement imaginaire) aurait pu donner une collecte de près de 10,6 milliards de centimes. Un argent loin d’être négligeable. Circulez, la solidarité n’est pas à chercher ici.